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Dimanche à l'hôpital

Dimanche, 15 heures, aux Arènes romaines de Toulouse. Un lieu de calme dans la ville, et si près de l’aéroport. Mais je ne suis pas allé visiter les ruines romaines. Je suis à l’hôpital. Je déambule dans les couloirs, parlant aux enfants, aux adultes. Tout est calme. Le silence règne. Les murs, décorés d’affiches de musées, de représentations de tableaux, sont d’un blanc reposant. Je ne viens pas visiter quelque patient de ma patientèle. Je viens rencontrer des personnes blessées par leurs vies, leurs parcours. 75 êtres humains, dont 25 enfants, ballotés par leur vie, se sont réfugiés dans un bâtiment désaffecté de l’hôpital Purpan. Hôpital, dérivé du mot hospitalité, « hospitalia ». De là dérivent la notion de chambres pour les hôtes, de refuge pour les indigents. Et ce sont des indigents qui, en attendant des jours meilleurs, se sont installés dans ce pavillon désaffecté, aux bornes du CHU, l’ancien service des « maladies infectieuses ». Avant de soutenir quelque cause incertaine, je suis allé visiter le lieu, rencontrer ces familles, parler avec elles et avec leurs soutiens, en ce dimanche d’Octobre. Durant toutes mes années de militance, j’ai visité, soutenu des lieux de replis de personnes en difficulté. Mais je n’ai jamais rencontré un lieu où le calme, la sérénité, l’ordre étaient aussi présents. Durant deux heures de visite, j’ai vu et parlé aux enfants. Tous parlaient le français, étaient scolarisés et jouaient dans un espace intérieur en ne gênant personne. Un seul espace herbeux séparait ce bâtiment d’un service hospitalier, dédié aux soins palliatifs. Il avait été mis en place une ronde pour retirer tout objet pouvant heurter le regard et les balcons étaient tous fermés. Tout cela était organisé pour éviter toute réaction hostile. Je me permets de penser qu’un peu de vie à proximité n’est sans doute pas une nuisance mais un lien au monde qui nous unit. A chacun de réfléchir à ce qu’est une fin de vie, un purgatoire imprégné du silence ou le plaisir d’enregistrer encore les bruits de la vie. A l’intérieur, en pleine après-midi, un calme et une sérénité ambiante.

A chacun de réfléchir à ce qu’est une fin de vie

De chambre en chambre, j’ai parlé, discuté, joué avec ces enfants venus d’Albanie, de Bulgarie, d’Algérie ou du Maroc. Avec toutes et tous, le même sentiment de respect, de politesse et de complicité entre tous ces enfants venus d’ailleurs. J’ai aussi parlé à leurs parents et ressenti la même impression de respect, de politesse et de volonté de construire leur vie dans notre pays, dans le respect de son fonctionnement. La visite des lieux m’a impressionné. Murs blancs, chambres impeccables, cuisines collectives à la propreté impeccable. Durant cette visite, j’ai aussi appris que toutes et tous les enfants, en âge de l’être, étaient scolarisés, qu’il existait des accompagnements scolaires assurés par des bénévoles, et que des cours de français pour les parents étaient en train d’être mis en place. A l’heure de Calais, de l’exclusion de l’étranger et du racisme rampant, je ne peux comprendre qu’une structure publique, au seul nom de la propriété, veuille interrompre une telle expérience, riche de parcours douloureux, de solidarité exemplaire. Encore, cela pourrait se discuter s’il existait réellement un projet immédiat sur ce site. Cela n’existe pas. Il existe une solution, respectant le sacro droit à la propriété et au droit humain, hospitalier, si je peux le rappeler. Il suffit que l’hôpital accepte la mise en place d’un bail précaire. Lorsqu’un projet sera mis en place et les travaux effectivement démarrant, ce lieu d’accueil ne pourra plus fonctionner. Il ne s’agit pas de murer « préventivement »  les murs mais bien d’un projet en cours de réalisation. Ce serait tout à l’honneur des responsables du CHU, de son directeur, de son conseil de surveillance et de sa tutelle l’ARS, de se souvenir que l’hôpital est aussi étymologiquement un lieu d’accueilSurtout quand ce service désaffecté est excentré de l’activité hospitalière et sans destination définie à ce jour.