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Valls, la route n'est pas si dégagée qu'il ne le pense

 

 

Au moment où Fidel Castro tire définitivement sa révérence (en survêtement Adidas), où Trump défie la Chine et renforce les appréhensions sur sa diplomatie ; au moment où l'Autriche a failli renouer avec le populisme le plus flamboyant donc inquiétant, de même que l'Italie qui vient de voter au référendum suicide de Renzi ; c'est le renoncement de F. Hollande à être candidat à sa propre succession - faute de pouvoir rassembler son camp notamment - qui constitue l'événement majeur, à sa manière historique, de la vie politique française aujourd'hui et sous la Vème République. C'est décidemment la saison des testaments politiques (après Nicolas Sarkozy et Alain Juppé) : c'est la première fois qu'un Chef de l'Etat, depuis 1965, après un seul mandat, renonce de lui-même à briguer sa propre succession. Cette occasion, comme le soulignent nombre d'observateurs est "tout à la fois l'aveu d'un terrible échec, la marque d'une certaine lucidité et un saut dans l'inconnu". Ce renoncement - qui évite de faire le peuple juge de son bilan et empêche le Président d'exercer sa responsabilité politique, lui qui fut élu au suffrage universel direct - est du à une impopularité permanente, un défaut de bonne communication, une qualité d'analyste plus que de décideur - voir son livre avec les journalistes du Monde, Davet et Lhomme -, un manque de soutiens dans sa propre majorité. Curieusement il a délivré le meilleur discours de son quinquennat (hauteur, clarté dans l'expression, décence assumée d'un bilan), chacun, dans la majorité comme dans l'opposition saluant la dignité de la décision et de sa prestation. Chacun quelque peu étonné des mots enfin trouvés et qui ont tant fait défaut tout au long du quinquennat car, comme l'écrit J.B. Montvallon : "les mots indispensables à l'action publique, sont doublement l'existence de la politique : ils en sont le contenu fondamental et le carburant". C'est à leur aune que l'on juge ceux qui les prononcent. A fortiori lorsqu'il s'agit du détenteur de la fonction présidentielle.

 

Hollande a délivré le meilleur discours de son quinquennat

 

Ainsi le Hollandisme, l'art de la synthèse, est "mort" ! Après la défection du Chef de l'Etat - qui, faut-il le souligner reste Président de la République jusqu'à la fin constitutionnelle de son mandat, au mois de mai 2017 - peut-on affirmer que l'après Hollande c'est le "Vallsisme", le Premier ministre, ayant largement contribué à empêcher une candidature Hollande, et ayant dit qu'il était prêt pour la relève. Premier cas de figure (aussi) sous la Vème République qui voit le locataire de Matignon poussant celui de l'Elysée à la "mort politique". Généralement c'est le Président qui se séparait de son Premier ministre et non l'inverse ! Manuel Valls, c'est souligné par de nombreux observateurs, a participé aux conditions de l'empêchement présidentiel mais avant sa démission (s'il est candidat), il veut prendre le temps de la décision de participer aux Primaires sans qu'on puisse l'accuser d'être quelque peu "l'agité de la République". Rien ne serait pire dans le climat actuel (déferlante Fillon ; dégagement de deux ex-présidents et d'un ex-premier ministre) que de brûler les étapes sans respecter l'autorité constitutionnelle (plus que politique dorénavant) du Président "sortant-sorti". Etre d'autant plus prudent que la tactique de Valls n'a pas encore pris en compte le fait qu'après avoir écrasé le voisin du dessus, le Premier ministre va devoir se méfier des étages inférieurs et ne pas oublier que jusqu'à présent il plaisait uniquement parce qu'il était associé à Hollande, et qu'il y avait une forme d'équilibre et de coopération au plus haut niveau entre les deux. Seul il risque de voir sa cote de popularité se dégrader ; sans Matignon perdre de son "autorité républicaine". Seul il est donc acculé pour résister à ceux qui l'accusent d'avoir manœuvré de l'intérieur contre F. Hollande. Le voilà face à son destin : il y a beaucoup de chemin à faire avant l'Elysée. Aura-t-il la bénédiction présidentielle qui lui donnerait une légitimité, ou rappellerait-elle son immense responsabilité dans le bilan de ce quinquennat, celui-là même qui ... interdit au Président Hollande de prétendre à une réélection ?