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Une présidentielle frustrante ?

Au moment où s'engagent les primaires à droite, où se mettent plus ou moins en place celles de gauche, on peut légitimement se demander si ce mode de scrutin à l'américaine correspond à notre tempérament politique profond, au point d'aller jusqu'à se poser la question de savoir si nous ne vivons pas la fin des présidentielles à la "de Gaulle". Les différences avec la période gaullienne sont importantes : faire engager un homme au dessus des partis, instituer une "monarchie républicaine" légitime et populaire, installer un domaine réservé au Président (affaires étrangères et défense) comme l'avait défini Chaban-Delmas en 1959 au Congrès de Bordeaux, faire tourner la France - autour de ses gonds référendaires pour faire entendre raison à un mouvement social et syndical (1963) - pour répondre à des questions majeures ou à des révolutions type 68, exercer autour de ces référendums la construction et la confortation du pouvoir politique jusqu'à en démissionner (27 avril 1969). Aujourd'hui la Vème République connaît une période de turbulences qui lui font prendre le contre-pied de ce qu'elle fut en ses débuts gaullo-pompidolien : retour du régime des partis, désignation par ces partis des candidats aux Présidentielles, guerre "civile" froide entre des candidats qu'on peut appeler des "associés-rivaux" (mot bienvenu de François Goguel pour définir la IIIème République), campagne électorale permanente, multiplication des émissions politiques au risque de la nausée, d'un désenchantement croissant et une démobilisation conduisant à l'accélération de l'Histoire pour une Marine le Pen donnée déjà au second tour ... Et ce grâce notamment à une "cannibalisation" des thèmes, problématiques et sémantiques de tout l'éventail politique français (des communistes aux gaullistes en passant par les idées les plus fortes de la République dont le pouvoir messianique diminue à force d'être galvaudé).

Une démocratie qui continue de chercher son centre

Que faire donc pour éviter les conséquences néfastes prises par ce mode de scrutin ? Avec son environnement peu vertueux de candidats qui ont des revanches à prendre contre leurs échecs d'hier et d'aujourd'hui, qui cherchent à faire, comme le souhaitait le philosophe Alain, du citoyen un détenteur du contre-pouvoir face aux gouvernements. Comment faire pour changer la politique et les politiques en ces périodes où l'état d'urgence rappelle à chacun les principes généraux du droit, les principes fondamentaux de la République ? C'est pourquoi il ne faut pas transformer ces élections présidentielles en "duel des cantonales", en guerres "picrocholines" comme les aimait Rabelais. A l'éthique de responsabilité (des candidats et des citoyens) doit systématiquement s'ajouter l'éthique de conviction (sans remake de la "Guerre des boutons"). C'est ainsi que l'éthique républicaine donnera du souffle à une démocratie qui ne reconnait ni sa gauche ni sa droite, qui continue à chercher son centre, et qui voit s'affronter - alors qu'une de ses grandes figures, Jacques Chirac, se meurt et avec lui une version tout à fait "radsoc" de la Vème République - deux anciens Premier ministre, un ancien Président de la République avec des règles pour les primaires ... qui ne sont même pas inscrites dans la Constitution. Reste aussi à se demander si après des présidentielles frustrantes, ce ne sont pas les législatives qui suivront qui donneront à la France sa nouvelle majorité et donc son nouveau Premier ministre.

Alors, sur fond de ligne constitutionnaliste, le peuple français aura montré à tous qu'un nouveau quinquennat peut naître de l'expression locale et de "terroir" de 577 circonscriptions !