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Une campagne qui manipule les sentiments ?

Alors que, plus nombrilistes (donc égoïstes ?) que jamais nous suivrons les derniers moments de la campagne présidentielle, le gaz de la mort et les images poignantes de la mort en direct (ou presque) rendent compte des "crimes de guerre" commis par Bachar-el-Assad. L'attaque du 4 avril est la poursuite d'une véritable tragédie sans cesse renouvelée. Sauf si russes et américains ne tentent de s'attaquer "à la question el-Assad" et au djihadisme, il y aura d'autres épisodes tout aussi atroces. C'est aussi dans ce contexte - où les mêmes acteurs, les mêmes condamnations, les mêmes communiqués structurent et escortent l'actualité - que nous avons eu droit (pour dix millions de français) à un débat où se sont affrontés quatre heures durant, les onze candidats à l'élection présidentielle. Mais un débat pour quoi ? A-t-il vraiment servi à éclairer les Français ? De programmes il n'a pas été question, tout au plus de styles personnels et de quelques séquences isolées pour les archives télévisuelles. Les "petits" candidats ont saisi cette occasion pour se faire connaître, et notamment le très médiatique Jean Lassalle "fils et frère de berger", Nathalie Arthaud digne successeur d'Arlette Laguiller, Philippe Poutou, le plus révolutionnaire de tous lorsqu'il parle "d'immunité ouvrière". Oui les petits candidats étaient à la fête et ils ont bien mené la danse ; ils l'étaient d'autant plus qu'ils "surreprésentaient" toutes celles et tous ceux qui contestent l'Europe, la finance, le système politique, le système dans son ensemble et défendaient la classe ouvrière débordant (pour une fois) Marine Le Pen, parce que tous ces "petits" poussaient le bouchon de la radicalité plus loin qu'elle. Attaquée vivement la candidate du FN a passé un mauvais moment ; Fillon a paru apathique là où l'attendait pugnace ; Mélenchon s'est posé en candidat rassurant attaquant Marine Le Pen et F. Fillon ; Hamon ne semble pas fait pour ce type de débat et de campagne ; le désormais favori Macron a lui-aussi réservé ses rares attaques à la fille de son père refusant notamment de répondre aux piques des petits candidats dont Asselineau qui a fait rire tout le plateau en assenant à Macron : "Vous êtes toujours d'accord avec tout le monde".

 

Macron suscite le scepticisme ou la perplexité, mais aussi une véritable envie d'y croire

 

Mais au-delà du côté spectacle, il y a ce que les observateurs ont d'ores et déjà repérés. Ainsi Pierre Rosanvallon considère que "nous vivons une rupture historique de la démocratie, cette élection étant une élection historique de rupture démocratique avec la disparition d'une démocratie de représentation au profit d'une démocratie d'identification radicalement différente", ajoutant que "la démocratie s'appuie désormais plus sur la manipulation des sentiments, l'identification à celui qui possède la posture". Le débat, dès lors, ne porte plus sur les idées mais vire au pur volontarisme alors que le vrai débat "ce n'est pas de mettre face à face des opinions constituées, c'est la possibilité de changer de point de vue après un échange d'arguments". Pierre Rosanvallon nous rappelle aussi que "le totalitarisme est une pathologie interne de la démocratie comme le populisme qui prétend rétablir une démocratie fragilisée par le vie politique, les inégalités sociales, le chômage". Et de conclure son propos par cette affirmation inquiétante : "Les populismes seront au XXIème siècle ce que les totalitarismes ont été au XXème siècle". Quant à Marcel Gauchet qui considère cette campagne comme "confuse et ténébreuse", il affirme que Macron est le premier "vrai libéral au sens philosophique du terme, à surgir sur la scène politique française depuis très longtemps. Il incarne un libéralisme positif qui ne se contente pas de défaire des protections mais pour lequel le jeu des libertés personnelles est, par principe, profitable à tous. C'est pourquoi son programme compte peu et que les reproches qui lui sont faits là-dessus ne l'atteignent pas". Et Marcel Gauchet, décidément enthousiasmé par Macron d'ajouter : "Macron suscite le scepticisme ou la perplexité, mais aussi une véritable envie d'y croire". Alors demain "la révolution" ?