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Une 6ème République, pourquoi pas ?

Toute campagne électorale est mère des programmes et profession de foi républicaine (même dans l'excès) qui conduisent inévitablement à se poser la question d'un changement de Constitution et donc concrètement mais aussi symboliquement du passage de la Vème République (née le 4 Octobre 1958) à une (la) VIème République. Après avoir vécu trois cohabitations (1986-1988, 1993-1995, 1997-2002), l'électorat a peut-être montré son attachement non seulement à une lecture parlementaire de notre Constitution, mais aussi à une monarchie constitutionnelle républicaine qui ferait du Président de la République, tel que Prevost-Paradol le décrivait en 1868 (à la fin d'un Second Empire dont il tirait déjà les leçons) : "Un Président placé au-dessus des partis, n'ayant rien à espérer ni à craindre de leurs rivalités et de leurs vicissitudes, son intérêt unique comme son premier devoir étant d'observer avec vigilance le jeu de la machine politique, afin d'y prévenir tout grave désordre". Régime politique loin des conséquences ultra-présidentialistes de la monarchie républicaine élective instituée par De Gaulle en 1962 (après l'avoir annoncé dans le discours fondateur de Bayeux en 1946), loin également d'un système d'irresponsabilité politique au plus haut niveau de l'Etat. Nul n'est plus maître de la nouvelle grammaire du Politique que l'électorat dans les grandes échéances. Ainsi voit-on dans les sondages que notre géopolitique cherche un nouvel axe qui intègre plus qu'il n'oppose la gauche et la droite, que Mélenchon ravive, que Macron intègre dans un temple du consensus qui fond tout dans une synthèse qui cherche déjà sa nouvelle majorité à l'Assemblée Nationale. Ou la logique gaullienne sera respectée et le vainqueur aura sa majorité parlementaire, ou nous vivrons une quatrième cohabitation dès le début du nouveau quinquennat. Elle pourrait conduire non pas au blocage, parce que la Constitution est paradoxalement faite pour les cohabitations (!), mais à la définition d'une VIème République qui donnerait le signal institutionnel de la grande recomposition politique que nombre d'électeurs attendent pour mieux faire valoir leur soif de changement utile. Oxygène de crise !

 

La question à laquelle doit répondre une éventuelle VIème République est la suivante : Comment permettre aux citoyens de s'approprier une démocratie dont ils sont de plus en plus tenus à l'écart 

 

A-t-on besoin d'une révolution avec manifestations et technique insurrectionnelle pour donner ce coup de jeune à une Constitution qui va fêter en 2018, son soixantième anniversaire ? A-t-on besoin pour relancer le débat de concocter une nouvelle République originale par son nouvel "agir démocratique et communicationnel" se traduisant, comme Pierre Rosanvallon le préconise dans ses écrits, par de "nouvelles organisations démocratiques du type conseil du fonctionnement démocratique (gardien des principes), commissions publiques d'évaluation de la qualité démocratique des politiques publiques, organisation de vigilance citoyenne", autant de vraies réformes tendant à changer l'intention constitutionnelle qui est d'ouvrir l'histoire à ses citoyens, et permettant d'avoir une nouvelle déclinaison du couple fondamental "Existence et démocratie". Nous voilà donc, à ce moment du changement de notre démocratie inachevée, parce que l'hyper-présidentialisation exige une réévaluation des fondements mêmes de la construction démocratique, à devoir repenser le rapport entre représentants et représentés. La question à laquelle doit répondre une éventuelle VIème République est la suivante : Comment permettre aux citoyens de s'approprier une démocratie dont ils sont de plus en plus tenus à l'écart ou dont, par l'abstention ou l'indécision, ils se tiennent à l'écart ? La solution envisagée par Pierre Rosanvallon est celle d'une "démocratie d'exercice" fondée sur "la détermination des principes devant régir, de façon permanente, les rapports entre gouvernants et gouvernés". Cette nouvelle démocratie est marquée par cinq figures : lisibilité, responsabilité, réactivité, parler vrai, intégrité. Elle suppose la restauration de la confiance, la transparence et le "parler vrai" (de Demosthene à Mendes-France). Enfin une telle démocratie devrait pouvoir s'appuyer sur une VIème République audacieuse et existentiellement enthousiaste évitant idéalement que la démocratie comme "gouvernement du peuple" (lors de l'élection) ne devienne un gouvernement "sur le peuple" dans les phases de l'action.