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Trump est-il vraiment un fou ? Pas certain

On ne peut plus prendre Donald Trump pour un clown. C'est désormais le 45ème Président des Etats-Unis. Il réussit ainsi un certain nombre de "premières". C'est, en effet, la première fois qu'un Président n'a jamais occupé de fonction éligible ou politique, qu'un Président a été star d'une émission de téléréalité, qu'un Président a parlé de la taille de son pénis dans un débat, qu'un Président a joué dans une vidéo de "play-boy", qu'un Président a menacé son adversaire de le mettre en prison s'il était élu, qu'un Président a déclaré dans un débat qu'il n'était pas d'accord avec son colistier et ne lui a pas adressé la parole. Voilà l'image anecdotique du 45ème Président des Etats-Unis. L'élection de l'homme le plus puissant du monde (même si H. Clinton fait plus de voix que son adversaire sur toute l'Amérique) conduit analystes et chroniqueurs à un certain nombre de réflexions. C'est d'abord "la colère qui a gagné, la rage protestataire qui l'a remporté" (J. Fenoglio). L'élection de D. Trump est un bouleversement majeur, une date pour les démocraties occidentales. Cet événement ouvre sur un nouveau monde où "tout ce qui était réputé impossible ou irréaliste, devient désormais envisageable". Pour Paul Berman "c'est un effondrement culturel, un effondrement des diverses institutions d'autorité culturelle dont l'influence permet aux gens de prendre des décisions politiques intelligentes".

Le candidat a réactivé la xénophobie des années 1900-1920 

Par ailleurs l'analyse politique - qui évalue plus qu'elle ne prédit - fonctionne sur un principe unique, celui de l'analogie historique or : "rien dans l'histoire américaine n'est analogue au succès de Trump qui ne ressemble à aucun personnage du passé américain". Pour la philosophe Seyla Benhaib "plus effrayant que l'élection, il y a le fait que le Sénat, la Chambre des Représentants, et la Présidence seront dans la main d'un seul et même parti. Il n'y a donc pas de contre-pouvoir pour arrêter Trump. Il va pouvoir nommer les juges qu'il veut à la Cour Suprême". Pour le chercheur Denis Lacorne "le candidat a réactivé la xénophobie des années 1900-1920 et le succès paradoxal des milliardaires dans l'électorat ouvrier replace sa victoire dans une tradition américaine : ethniciser les conflits de classe pour mieux s'en débarrasser". Pour l'écrivain Pascal Bruckner "nous ne comprenons plus le monde dans lequel nous vivons. Nous ne savons plus interpréter les signaux qu'il nous envoie. Donald Trump l'a emporté pour trois raisons : 1/ Il a d'abord piétiné allègrement tous les codes du politiquement correct auquel il a répondu par le politiquement direct, voire le politiquement abject. 2/ Trump c'est le retour du peuple comme fiction républicaine ... Le Peuple, tel qu'il fut mythifié par la gauche et la droite disparaît au profit des minorités. L'ethnique supplante le social, l'éthique le politique, la lutte des races la lutte des classes. 3/ Trump porte une troisième révolte : celle des classes moyennes et populaires". L'écrivain conclut avec humour que nous assistons au "triomphe des papys braillards et redonne de l'espoir à tous les septuagénaires". Quant aux médias, selon J. Cage "ils n'ont pas vu venir la victoire de Trump en partie" parce qu'ils n'en voulaient pas. Les médias nous donnent à lire la vision du monde qui est la leur, l'information n'est pas la représentation exacte de la réalité mais la construction de la réalité par ceux qui la font". Pour l'historien F. Cusset "un seuil a été franchi : la guerre civile, nationale et mondiale est désormais explicite : guerre d'une Euro-Amérique vouée à se murer contre un Sud global craquant de toutes parts ; guerre de l'homme blanc en déclin contre des minorités devenues majoritaires ; guerre du prédateur humain contre la nature en danger ; guerre des élites occidentales contre un Islam vu comme la source de tous les maux ... Voter c'est faire la guerre : voilà la vérité de ce scrutin". Comment éviter pour demain, pour la France, la démocratie de la surenchère dans la personnalisation, la démocratie de la collision entre propagande politique et puissance économique ; comment bâtir et vivre la démocratie postmoderne sans passer par la "case Le Pen" ? Aujourd'hui les Etats-Unis, demain la France !