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Tout le monde cherche à sortir du Buisson

Et soudain au cœur de la campagne des Primaires (à droite pour le moment, la gauche en attendant le résultat pour lancer les siennes, toujours non constitutionnalisées) survinrent deux événements éditoriaux : celui de Patrick Buisson (historien à dictaphone et conseiller trahissant le Prince) et celui de François Mitterrand qui tel un phénix renaît de ses "cendres" pour être plus présent que jamais avec les deux livres publiés par les éditions Gallimard : "Le journal d'Anne" et "Lettres à Anne" (1962-1995). Ainsi chacun pourra découvrir, à la lecture de cette littérature amoureuse, combien l'ancien Président assuma complètement sa "double vie" jusqu'à avoir un enfant connu médiatiquement avant sa mère (Mazarine avant Anne!). Comme l'écrit le critique Jérôme Garcin "cette correspondance amoureuse par sa longévité, son intensité, son exclusivité, sa clandestinité et surtout sa qualité littéraire, défie en effet la raison politique ... Si elle confirme le talent singulier du Mitterrand écrivain, elle corrige en le réévaluant à la hausse ... le portrait doré à l'or fin du monarque florentin volage, infidèle et cynique". Avec ces deux ouvrages on redécouvre un nouveau Mitterrand : hanté par la mort qui trompe son amour pour Anne Pingeot, il illustre ici le fait que sa vie politique était peut-être moins essentielle que ce parcours existentiel et amoureux qui lui permit sûrement de lutter avec efficacité contre les échecs et la maladie. Au seuil de la mort, il lui écrit le 22 septembre 1995 : "Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t'aimer d'avantage". Restent les questions : pourquoi cette parution maintenant ? Loin de toute interprétation politiques, ces lettres et ce journal comme l'écrit justement J. Garcin "dessinent le meilleur autoportrait de François Mitterrand, ce conservateur contrarié, et composent en creux le plus éclairant portrait de l'invisible Anne Pingeot. De là à influer sur la campagne électorale actuelle et contemporaine il y a un pas qui semble difficile à franchir, même si cet aventure éditoriale peut nous faire rêver de "la politique au pays des merveilles" ; quand prose et poésie de l'acteur politique font oublier Machiavel pour lui préférer Ronsard !

Le Chef de l'Etat est maître du calendrier 

Justement sur le plan politique la campagne "s'institutionnalise" alors que Sarkozy peine à retrouver son second souffle à cause des révélations de Patrick Buisson. Il assume la tonalité identitaire en faisant un pas vers l'interdiction du voile, et cherche à combler son retard sur Alain Juppé qui, profitant des vents favorables du moment, estime avoir la dynamique de la campagne de son côté. L'ancien Premier ministre dit "sentir un mouvement qui le porte depuis quelques semaines", voyant même les ralliements se multiplier autour de lui. Mais l'histoire politique des précampagnes montre qu'il peut toujours y avoir des rebondissements pendant le mois et demi qui vient et qu'occupe déjà pleinement un Premier ministre tenté par une candidature à la présidence, tandis que le Chef de l'Etat est maître du calendrier (de sa candidature, quand, où, comment) comme du temps politique. Raisons pour lesquelles le Premier ministre est omniprésent sur tous les fronts : sauvegarde d'Alsthom, déblocage d'aides en urgence aux agriculteurs, rallonge de financements pour les Régions comme pour le logement social, défense du revenu universel. Décidemment Valls multiplie les annonces et les idées, tout en semblant aligner son activisme (d'éventuels candidat) sur les actions et les discours d'un Président qui, par son silence sur la décision finale, développe une stratégie d'empêchement, obligeant Valls à la patience de l'attente et de la loyauté. Pour celui qui fit 5,7% à la primaire de 2011, le jeu trouble qu'il joue peut avoir ses conséquences avant la fin de l'année vis-à-vis du Chef de l'Etat et dans la famille socialiste. Là, au cœur des gauches comme à droite, l'amour ... n'est plus ce qu'il était !