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Primaires, une bonne chose ? Pas certain

 

Voilà donc maintenant cinq ans que les primaires se sont imposées au sein des deux grand partis politiques français représentant la gauche et la droite. En quoi cela a-t-il métamorphosé voire bouleversé le jeu politique ? Est-ce véritablement une avancée et un progrès démocratiques ? Cela conduit-il à une américanisation des procédures sans que notre pays soit un Etat fédéral ? N'est-on pas encore plus entré dans un système politico-sondagier avec ses limites, ses erreurs et ses excès ? Peut-on, en un mot, si ces primaires perdurent, faire l'économie des partis politiques ? Cinq points méritent analyse et tentative de réponses entre fin des primaires à droite et début des primaires à gauche : 1/ Est-ce une révolution démocratique ? 2/ Assiste-t-on à la naissance d'une culture politique nouvelle ? 3/ Permettent-elles un renouvellement des élites ? 4/ Voit-on naître et se développer cette fameuse "démocratie d'opinion" ? 5/ Les Primaires redéfinissent-elles les fonctions des partis politiques ? Au premier point on sera tenté de répondre que chacun s'inspire de ce qui se fait chez le voisin, et que ces primaires ouvrent un droit de participation aux sympathisants et aux "hors-parti" et ne sont pas réservées aux militants. Mais de là à en faire un progrès démocratique il y a un pas difficile à franchir puisque cette procédure permet de régler des problèmes de leadership que les militants n'arrivent pas à régler eux-mêmes (exemples : l'élection controversée de Martine Aubry en 2008 ; la bataille rangée entre Copé et Fillon en 2012). Ainsi les primaires donnent d'abord l'illusion et l'instauration d'une sorte de "contrat de confiance" ; pour des partis affaiblis ce système est autant un aveu d'impuissance qu'une stratégie de survie ; pour tous les partis cette procédure est adaptée à une vie politique de plus en plus personnalisée et médiatisée. Sont-elles pour autant le meilleur des choix ? Leur mythe fondateur est la victoire de Hollande en 2012 qui a entraîné une "primarisation" de la vie politique française et qui ne connaîtra peut-être pas de lendemains heureux. Est-ce en effet (deuxième point) une culture politique nouvelle ?

 

Cette procédure est adaptée à une vie politique de plus en plus personnalisée et médiatisée

 

Contraires à l'esprit de la Vème République et non constitutionnalisées, elles sont moins une culture politique nouvelle qu'une manière (au PS) de pacifier le parti, ou d'accroitre les divisions pour moins bien se rassembler (à droite) ! Oui (troisième point), il peut y avoir renouvellement des élites politiques (A. Montebourg, Manuel Valls, Barack Obama, Donald Trump), il y a aussi (les exemples abondent) reproduction de ces élites (voir le panel des candidats de droite en 2016). Les finalistes de la primaire sont, en effet, le plus souvent des professionnels de la politique qui savent mobiliser un électorat politisé, informé, urbain avec cette difficulté de différencier les candidats d'un même parti politique (!). Comme le souligne le Professeur Rémi Lefebvre "les primaires ne bouleversent pas le jeu politique qui apparaît de plus en plus fermé sur lui-même". Quatrième point : la démocratie d'opinion est largement antérieure aux Primaires, mais celles-ci, si elles sont ouvertes, renforcent le poids des logiques d'opinion (la "présidentialité" des candidats étant de plus en plus sondagière). Reste à savoir si le jeu (qui va gagner ?) ne l'emporte pas sur l'enjeu (pour faire quoi ?). Enfin (cinquième point) il y a une redéfinition des fonctions des partis : affaiblissement de la fonction du choix du candidat et de l'élaboration du programme. Que reste-t-il donc aux partis ? A quoi sert d'y adhérer si les pouvoirs des sympathisants et des militants sont équivalents ? Mais qui peut faire aujourd'hui l'économie d'un parti, symbole de la vie démocratique ? Ces partis politiques sont-ils, comme l'a déclaré Macron, "morts" ?