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Pré-campagne présidentielle ou la politique au pays des merveilles

Plusieurs écrits sortent pour analyser la crise actuelle. Alain Duhamel, chroniqueur chevronné de la Vème République ausculte, en médecin du Politique, l'esprit et le corps politiques français au cœur ardent d'une République presque sexagénaire, et nous révèle selon lui quelles sont les pathologies françaises (égalitarisme, déclinisme, intellectualisme, nationalisme, extrémisme, conservatisme). L'essayiste (ancien député européen) Jean-Louis Bourlanges considère Juppé et Macron comme "les candidats du centrisme libéral" en soulignant "qu'il y a chez Bayrou du Mélenchon soft, du chevènementisme inabouti, de l'altermondialisme subliminal" ajoutant ce constat, utile à ne pas oublier, en ces temps de précampagne que "les politiques sont en général des êtres égoïstes et narcissiques" pour qui selon la formule de Mauriac "rien d'important n'arrive aux autres". Toute la pré-campagne présidentielle est encadrée par de plus en plus de livres politiques et chacun fait feu de tout bois : F. Hollande, Marine Le Pen, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy. Ces primaires n'opèrent que modérément la sélection pour laquelle elle est faite et il faudra bien s'interroger en 2022 sur l'opportunité qu'il y a à les maintenir, voire à les constitutionnaliser. Il serait utile de débattre à nouveau du mode de scrutin pour les Présidentielles qui conduit à voter pour le meilleur candidat, et non pour "le meilleur Président". Pour le moment la pré-campagne ressemble à une bataille où le Président sortant semble avoir perdu toute légitimité (son image s'effondre dans l'opinion, 15% de bonnes opinions, 80% portent un jugement défavorable sur son action), toutes ses bases territoriales, et continue à payer "cash" tous ses échecs (persistance de la crise, choc fiscal initial rédhibitoire, pression migratoire anxiogène, enlisement de l'Europe, embrasement du Moyen-Orient, illisibilité de sa stratégie, poussée nationaliste et populiste) contribuant à la peinture pathétique d'un paysage politique dévasté dont les décombres sont occupés notamment par Marine Le Pen. Elle caresse un rêve, celui de se réveiller, le 24 avril 2017 dans la peau d'une finaliste "normale" de l'élection présidentielle, qu'elle ne sucite pas de "haut le cœur" et de rejet comme son père en 2002.

La France ne peut accueillir toute la misère du monde (M.Rocard)

Quant à Manuel Valls voilà qu'il doit concilier plusieurs temps, voire opportunités politiques, à 8 mois de la fin de son bail à Matignon : chef du gouvernement, également chef de la majorité, il partage désormais avec le Président la "descente aux enfers" sondagique. Adepte du passage en force (Article 49.3) il en retire une image de crispation et de rigidité qui pourrait jouer contre lui s'il était candidat aux primaires socialistes. Pas porte-parole de la campagne de F. Hollande il restera le Premier Ministre "en campagne" d'un Président "en campagne" suivant le discours de la Salle Wagram et la "Raison politique" exprimée par Hollande dans la revue "Le Débat". Alors pièce maîtresse des prochaines élections présidentielles ou possible recours ? Qui sait ? En tout cas plus que jamais candidat au leadership à gauche, ce que Martine Aubry a compris l'œil toujours sur Matignon. Dernière bouée de Hollande ? Quant à Nicolas Sarkozy qui dorénavant connaît ses adversaires aux Primaires, il a tenu des discours très fermes sur ses sujets de prédilection (immigration, Islam, sécurité) en s'opposant au plan du gouvernement pour la "jungle" rappelant le mot de Michel Rocard : "La France ne peut accueillir toute la misère du monde". Au moment où Bruno Le Maire, Alain Juppé, François Fillon tentent de "prendre la roue" de celui qui, à défaut d'être en tête dans les sondages, imprime une dynamique à la thématique aussi bien qu'à la mobilisation de l'électorat, les plus jeunes s'enthousiasment, les autres se montrent désabusés. Nous restons loin de la "politique au pays des merveilles !".