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Merci pour ce moment

Au moment où, dans le cadre des primaires ou pas, hors de la Constitution ou dans la Constitution, les candidats socialistes et progressistes s'affirment à coups de meetings et d'émissions de télévision (le temps des sondages multiples reviendra) au point de donner à l'électorat l'illusion de l'ouverture officielle des élections présidentielles, le monde politique reste toujours impressionné par la renonciation (et non le renoncement plus chrétien) du Président sortant à un second mandat. "Merci pour ce moment" titre le journal "Le 1" dans une ironie toute voltairienne. Rien ne sera donc plus comme avant puisque chacun saura qu'un acteur politique peut renoncer à exercer la plus haute des responsabilités politiques (la candidature renouvelée). Comme l'écrit l'historien Jacques Le Brun "c'est un type d'acte où il demeure un impensé, un mystère, ce qui en fait un pacte complet, fascinant, une décision pure comme il y a peu ... F. Hollande n'a jamais été aussi Président qu'au moment où il renonce à la possibilité de l'être encore". Et l'historien de faire justement remarquer qu'il est "très révélateur que cet acte ait été commis par celui qui se présentait comme un Président normal". Eric Fottorino a raison de se demander si F. Hollande "n'a pas finalement endossé l'habit de sa fonction qu'à l'instant de vouloir s'en défaire" comme si nous assistions à l'histoire d'un homme qui voulait "remporter la présidentielle sans être tout à fait Président" ... A-t-il voulu fuir son bilan, ne pas reconnaître que le hollandisme ("être de gauche autant qu'il est souhaitable, être réformateur autant qu'il est possible ...) était mort prématurément, que le PS était loin d'être devenu hollandiste, que le hollandisme s'était éteint le 1er décembre 2016, sans croire à la frondité des graines semées par les Montebourg ou Valls, semeurs pourtant déterminés.

 

Hollande assume une autorité qu'il n'aime pas

 

Quant à A. Duhamel, il dresse un portrait original du Président sortant : "Il est moins que ce qu'il est ... Il prend des décisions mais il ne les incarne pas ... Il veut être Président mais ne veut pas de costume ... Avec les journalistes de Gaulle surplombait. Pompidou méprisait, Giscard irritait, Mitterrand manipulait, Chirac se protégeait et Sarkozy hystérisait ... Hollande a un rapport presque de plain-pied avec eux". Et Alain Duhamel, en expert de la Vème République, de poursuivre : "Hollande assume une autorité qu'il n'aime pas : il a une relation difficile avec la communication politique, il a perdu la bataille des symboles, son bilan est un empilement de petites décisions plutôt que quelques grandes, c'est un personnage de Stendhal, c'est à dire quelqu'un ayant beaucoup de dons et se heurtant, après des débuts prometteurs, à un monde qui n'est pas fait pour lui. Simplement, il se trouve que ce monde c'est l'Elysée". Alain-Gérard Slama tire deux leçons de l'attitude du Chef de l'Etat : 1/ "La ligne qui rattachait les présidents à de Gaulle d'un côté et à Mitterrand de l'autre vient de s'interrompre" ; 2/ "Nul ne peut dire si Hollande n'a pas retourné la situation au regard de l'histoire en assumant son maigre bilan". Toujours est-il que les échecs de Sarkozy et Juppé à droite et le départ de Hollande, à gauche, ouvrent une nouvelle époque dominée par la défiance qu'inspirent trop de promesses intenables ou non tenues, dans laquelle s'engouffrent (mais n'est pas "tigre" qui veut), un macronisme, social-libéralisme d'une République contractuelle où le pacte social (bonjour Rousseau) se rapprocherait selon certains d'un mendésisme de combat ressemblant à un radical-socialisme où le contre-pouvoir citoyen aurait pleinement droit de cité et le "progressisme" ses lettres patentes dans une démocratie que la technologie moderne (cf. la "civic tech") cannibalise d'autant plus que les réseaux sociaux deviennent la nouvelle armée des militants. Là est aussi la clé des prochaines élections présidentielles, se déroulant sous l'ombre tutélaire d'un Président sortant qui n'a pas dit son dernier mot !