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Macron invente un nouveau centre

 

Les résultats de ce premier tour des élections présidentielles voit, pour la première fois sous la Vème République, l’élimination des candidats des deux grands partis de gouvernement qui ont structuré notre vie politique depuis des décennies. Première fois aussi qu’un inconnu en politique, créateur d’un mouvement "En marche", et n’ayant que peu d’expérience politique, arrive en tête au premier tour en appelant les Français à décliner un nouveau mode de "radicalisme" (la gauche, le centre, la droite) bouleversant le champ et le paysage politique français, et d'apparaître comme celui qui a compris au point de l'incarner la geste gaullienne de la rencontre d'un homme avec un peuple ; "l'alignement des planètes" semble être au rendez-vous de la compétence et de ce je ne sais quoi, de ce "duende" qui donne à l'intuition politique une dynamique qui soutient un programme qui s'oppose, philosophiquement, idéologiquement et économiquement à Marine Le Pen. C'est la première fois aussi que le FN vient de dépasser les 20% de voix à une élection présidentielle en établissant le record de suffrages de son parti avec 7,6 millions d'électeurs soit 2,8 millions de plus que son père en 2002 (Yves Sintomer, politologue, considère que "le FN reste un petit parti en comparaison de ce qu'étaient le Parti communiste, le Parti gaulliste ou même le PS à son apogée" ; même si Hervé Le Bras fait remarquer que M. Le Pen fait six à sept points de moins qu'aux Régionales et départementales). Cette "première fois" est moins un coup de tonnerre (annoncé) que la confirmation, par le vote (démocratie d'exercice et de représentation), de cette crise de notre démocratie qui couve depuis des années, que les braises rougeoyantes sont devenues flammes et qu'on attend de Macron qu'il mette "en marche" ses idées et sa volonté au service d'une nouvelle impulsion du pays. A défaut de quoi la "Maison France" peut brûler : l'entre-deux tours permet d'écouter les candidats sur la question essentielle : quel processus de reconstruction cette élection peut-elle amorcer ? Parce que nous sommes aujourd'hui face à une "fracture entre une France qui gagne, qui s'inscrit de manière positive dans la mondialisation et une autre qui la subit, ne voit pas le bout des difficultés, ne se sent pas représentée" souligne Sintomer qui considère que cette situation "qui perdure est lourde de dangers".

 

Macron dispose d'un atout, celui de "redonner pour un temps à la France une audience à l'axe France-Allemagne

 

A Macron de faire bouger les lignes et "d'adopter des mesures non conformes aux logiciels très idéologisés de la gauche et de la droite". Qui ne voit selon l'expression de l'historien Pascal Ory, que Macron dispose d'un atout, celui de "redonner pour un temps à la France une audience à l'axe France-Allemagne, une crédibilité et un second souffle au projet européen". Pour l'essayiste L. Bonart "tout le génie du candidat Macron a consisté à créer un mouvement centriste et libéral sans prononcer une fois le terme de centrisme ni encore celui de libéral". Aujourd'hui le centrisme macronien est véritablement au centre, autant de droite que de gauche et capable de réunir la majorité des suffrages. Pour l'écrivain Marc Dugain "le prochain locataire de l'Elysée représentera moins d'un quart d'un pays fracturé, ce qui l'obligera à renoncer à une partie de son programme s'il veut perdurer". Pour un autre politologue, F. Gougou, spécialiste du FN, "arriver en deuxième position marque un échec pour le parti qui se targuait d'être la première force politique du pays ; par ailleurs la part des personnes estimant que le FN est un "danger pour la démocratie tombée à 47% en 2013 est remontée à 54% en 2015 puis à 56% en 2016 et 58% en 2017". Aucun autre parti ne suscite, à quelques jours du deuxième tour, un tel rejet. Oui on peut affirmer avec F. Gougou que "le 23 avril n'est pas un autre 21 avril, il reste peut de temps avant de savoir si le 7 mai 2017 ressemblera ou non au 5 mai 2002" et si le temps de la recomposition politique est déjà sur les rails tant il est indispensable aujourd'hui de trouver ce que le Président Edgar Faure appelait "une majorité d'idées".