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Macron a géré sa première crise, et continue de dynamiter notre système politique

 

Au moment où l’on est passé de la crise – la première du quinquennat qui a vu quatre ministres dont François Bayrou, inquiétés par les affaires et bientôt par la justice, quitter le gouvernement un mois à peine après avoir été nommés - à une redéfinition du déséquilibre des pouvoirs (nous sommes en pleine interprétation gaullienne des institutions, la monarchie républicaine ne laissant aucune place à je ne sais quelle dyarchie, d’ailleurs rejeté par le Général de Gaulle, ou à je ne sais quel coup de menton, de cour de récréation, d’un Premier ministre qui tonitrue à la une de l’Express, « Moi, Premier ministre et se voit reprendre par le « monarque républicain. Ainsi la première crise du quinquennat Macron a été gérée sans dramatisation des enjeux malgré le fait que chacun des protagonistes occupait un poste emblématique (la défense, la justice, la cohésion du territoire, l’Europe) et concernait le quart du gouvernement. Voilà le quinquennat dûment lancé après une campagne qui, en quelques mois, a chamboulé toutes les lois de la vie politique nationale au point que, tout au long des quatre tours de scrutin présidentiel puis législatif, les Français, comme le souligne le journaliste Gérard Courtois, « ont pu paraître déroutés, incertains, hésitants, votant, ne votant pas ou votant blanc, sautant d’un candidat à l’autre, hamonistes un jour, macronistes le lendemain, insoumis le surlendemain, emballés ou méfiants, mobilisés ou grincheux ». Mais à y regarder de plus près notre « monarque républicain » est le monarque d’un peuple d’une grande intelligence politique. Car il vient de lancer trois messages qui sont autant faits qui marquent durablement l’histoire de notre Vème République, décidemment bien alerte pour ses presque soixante ans : 1/ Le « dégagisme » de tous les caciques, 2/ Installation d’une monarchie républicaine toutefois relativement dosée, 3/ Un avertissement adressé à toute la classe politique (58% d’abstention le 18 juin, 10% de blancs ou nuls) traduisant l’indifférence, la déception ou la défiance – décidemment très forte vis-à-vis des responsables et des acteurs politiques. C’est en effet terminé, des mêmes hommes dans les mêmes partis se partageant le pouvoir en alternance depuis 1958. Voilà les caciques, socialistes comme républicains blackboulés et « nettoyés » par le mouvement puis le parti inventé par E. Macron avec le coup de balai exécutif et législatif (434 députés sortants ont été renvoyés dans leur foyer remplacé par des inconnus de la société civile transformant le bataillon parlementaire. Féminisation et rajeunissement ont contribué à l’affirmation du Macron d’il y a un an : « J’ai l’intention de changer notre système politique ». Le deuxième message est révélateur de l’intuition et de la sagesse, en un mot du sens politique des français qui donnent la majorité absolue sans avoir besoin du MoDem, sans donner de majorité écrasante : pas de chèque en blanc et pas de « parlementarisme absolue ».

J'ai l'intention de changer notre système politique (E.Macron)

De plus, malgré l’absence de scrutin à la proportionnelle, une chambre où sont toutefois représentés toutes les tendances de ce moment de la Vème République. Le troisième message est important même s’il n’est pas vraiment complétement nouveau : abstention historique (à près de 58%) et 10% de votes blanc ou nuls. C’est un avertissement à la nouvelle classe politique et aux nouveaux députés (élus par 32% seulement des électeurs inscrits) ; c’est une invitation forte à sortir de l’immobilisme ou de l’impuissance s’ils veulent voir fructifier le contrat de confiance qui vient d’être scellé. A l’intelligence, au sens politique des citoyens doit répondre, « ici et maintenant » celle des gouvernants au moment où la Vème République connaît les débuts d’une nouvelle ère dans la tradition gaulliste.