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Macron élu : et maintenant ?

A chaque renouvellement élyséen, le nouveau Président est porteur de l'espoir fort de son électorat du moment et catalyseur des mécontentements (ceux qui n'ont pas voté pour lui). C'est surtout une ère nouvelle qui s'ouvre avec un élu non professionnel de la politique. Pour la première fois depuis 1958 - débuts de la Vème République - aucun des deux candidats qualifiés pour le second tour n'est issu d'un des grands partis qui a gouverné jusqu'ici le pays. C'est la fin de ces grands partis voire - le terme a été prononcé - leur mort alors, que 1969, avait montré par exemple que le PS (moribond) allait se relever de ses cendres pour l'emporter avec Mitterrand en 1981. C'est peut-être surtout la fin du présidentialisme sous la Vème République, la tendance à laisser la lettre de la Constitution (celle de 1958-1962) l'emporter sur l'esprit gaullien engendré par la révision de 1962, transformant la Vème République en "monarchie républicaine". La vraie question est de savoir si l'on va revenir vers un régime primo-ministériel type 1958-1962, 1986-1988, 1993-1995, 1997-2002 ou si les pesanteurs de l'histoire ajoutées au vieux fond monarchique ne conduisent pas à la pérennité du présidentialisme ? La nomination du futur Premier Ministre donnera, dans les jours qui viennent, une première indication. Ce choix est déterminant pour la bataille des législatives : soit la majorité parlementaire nouvelle est en adéquation avec la majorité présidentielle et nous restons dans la tradition de la "monarchie républicaine" (pourquoi en effet changer alors que le Président a les moyens politiques de son application ?) ou la majorité nouvelle est à ce point disparate, entre "macronistes" et autres, que se profilera à l'horizon immédiat une cohabitation qui pourra durer de 2017 à 2022, soit un quinquennat de cohabitation. Preuve serait ainsi faite que le quinquennat et les législatives après les Présidentielles n'empêchent pas la cohabitation où E. Macron selon Patrick Weil "présidera la République mais ne gouvernera pas la France" ce qui revient à définir le régime primo-ministériel, enfant naturel et viable de toute cohabitation.

 

Les mesures les plus utiles au règlement du chômage 

 

Plus que jamais le Droit Constitutionnel montrera sa force de droit politique avec ses pratiquants et ses interprètes ! Nouvelle ère politique donc à l'aune de l'interprétation de la Constitution de 1958 ; mais nouvelle ère politique aussi à l'aune des scores additionnés de la candidate du FN et de Jean-Luc Mélenchon qui représentent plus de 40% de l'électorat mobilisé le 23 avril : illustration du désarroi de ces millions de français vivant dans l'inquiétude du lendemain, la crainte du déclassement et de la précarité, avec un sentiment aigu d'exclusion et selon E. Fottorino "la conviction d'être méprisés et de ne pas être entendus d'une classe politique nantie, assimilée à un syndicat de défense des élites". La nouvelle ère avec son nouveau Président devra contribuer au renouvellement de la confiance, la foi dans la politique et le rêve en adoptant les mesures les plus utiles au règlement du chômage notamment. La nouvelle ère c'est être capable d'entendre les raisons de l'application d'un nouveau contrat social : trop d'exclus, trop de pauvres, trop d'inégalités, trop de freins à l'ascenseur social. Le 23 avril, au premier tour, les français ont exprimé leur envie de changer d'air et d'ère. Peut-être cela passe-t-il par le choc émotionnel d'une Vème République traduisant une volonté profonde de changer le numéro de la République pour traduire symboliquement la métamorphose souhaitée par près de la moitié de l'électorat. Faut-il donc s'ouvrir ou se fermer ? Il faut en tout cas être "en marche". En marche vers quoi ? En marche vers où ? Romain Gary écrivait : "la réponse est le malheur de la question". N'oublions pas cette phrase de la fin du débat (d'une violence inouïe, reflétant l'extrême droite française, tentant de jouer jusqu'à la caricature la "carte" Trump) lorsque Emmanuel Macron interpelle : "Je ne suis pas dans un spectacle télévisé, restez à la télévision, moi je veux présider le pays". La République de 2017 est en marche. Il faut qu'elle réussisse. A défaut de quoi 2022 pourrait ressembler, faute de rigueur et de succès, à la montée inéluctable de l'extrême droite et des populismes européens.