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Macron du centre, de la gauche et de la droite

Voilà qu'un fantastique cycle politique vient de prendre fin sur fond d'allégresse, toutefois contenue pour les grands vainqueurs (l'armée des "fleurs bleues" et des jeunes et hardis hussards du macronisme composent désormais une chambre encore plus "introuvable" que celle de Louis XVIII après 1815) et suscitant déjà un aggiornamento dans la longue durée de l'histoire du système démocratique. L'élection présidentielle a en effet été marquée par une série - extraordinaire - de phénomènes inédits dans toute notre histoire politique : 1/ l'élimination au premier tour des deux grands partis - droite républicaine et Parti socialiste - qui se succédaient au pouvoir depuis des décennies (1958-2017) ; 2/ l'irruption soudaine et inattendue ("à la hussarde !") d'un homme charismatique, E. Macron, et d'un mouvement, "En Marche" (devenu "La République En Marche), nouveau parti politique qui transgresse comme le souligne Pierre Rosanvallon "tous les codes traditionnels de la vie politique" ; 3/ une personnalisation de la vie politique et du pouvoir qui entraînent des critiques et des inquiétudes, voire des angoisses sur les "pleins pouvoirs", la "concentration des pouvoir", "le présidentialisme absolu". Au point qu'on se croirait par instant revenu à la "monarchie républicaine telle que mise en place et vécue par le Général de Gaulle.

Donner avec retard raison à Jean-Pierre Chevènement

Ainsi on peut d'ores et déjà tirer des enseignements de l'élection d'Emmanuel Macron : 1/ selon les analystes, dont P. Rosanvallon, cette élection s'insère dans une redéfinition des clivages organisés autour des notions de droite et de gauche ; 2/ elle a accomplit le mouvement engagé depuis 1958 de forte personnalisation du pouvoir politique (du "monarque républicain" (de Gaulle) à "Jupiter Macron" en passant par l'hyper-président Sarkozy et le "Président normal" et périssant de sa "normalité" ; 3/ enfin cette élection "traduit l'émergence d'une nouvelle façon qu'à la société française de se représenter elle-même ; 4/ on peut aussi d'ores et déjà affirmer que l'élection d'un Président qui se revendique (quelle formidable audace !) et du centre, et de droite et de gauche, rebat singulièrement les cartes de l'opposition séculaire et légendaire, "Gauche-Droite", au point de donner avec retard raison à Jean-Pierre Chevènement dont la réflexion conduit à penser "qu'il faut non pas être au-delà de la droite et de la gauche mais de droite et de gauche". "De gauche du point de vue social, de droite du point vue de la conception de l'école, de la laïcité, de la souveraineté et du rapport à l'Europe (au cœur de la question nationale mais aussi de celle du protectionnisme). Dans la révolution macronienne de ces temps d'après, il faut rappeler que tout n'est pas devenu soudain ex nihilo mais que depuis les années 80, un certain nombre de clivages bousculent l'opposition droite-gauche notamment autour de l'idée de souveraineté et du libéralisme et P. Rosanvallon de poser la question : "la société française veut-elle valoriser le libéralisme comme une culture de l'individu auquel la société fournit les moyens de son autonomie ou promouvoir le libéralisme de chacun pour soi". Question peut-être d'abord et encore au Président Macron, libéral en économie mais dont la philosophie est, pour le moment, plutôt indéterminée dans l'ordre social. Autre problématique postélectorale, cette campagne présage-t-elle un nouveau fonctionnement de la démocratie ? On est loin des nouvelles formes délibératives et participatives associant les citoyens. On est proche de l'épuisement de la forme des partis traditionnels qui ne représentent plus depuis longtemps les catégories sociales et n'en sont plus les porte-parole parce que la société n'est plus constituée à partir de grands blocs sociaux comme le salariat, les ouvriers, les employés, les cadres, mais à partir de situations sociales plus complexes et plus mouvantes. De plus, comme on l'a vu pendant plusieurs mois, les partis ont été vivement concurrencés par des mouvements d'un type nouveau tel "En Marche" ou "La France insoumise". Enfin il faut souligner que l'élection de Macron et ses premiers "trente jours" renforcent un phénomène auquel l'histoire politique est depuis longtemps habituée : le renforcement et la personnalisation du pouvoir et sa pratique de "monarchie républicaine" dès l'investiture entre Pyramide du Louvre et Château de Versailles traduisent ainsi le fait qu'on est passé "d'une logique de représentation de la société à une logique d'identification" ; la confirmation de la Vème République gaullienne à la veille de son 60ème anniversaire en 2018 !