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Macron : Baraka ou réelle stratégie ?

 

Au moment même où les législatives permettent une recomposition politique profonde du paysage partisan et idéologique, on peut légitimement prendre le recul de l'observateur pour se demander si la véritable épopée du candidat puis du Président Macron tient d'une baraka insolente, ou d'une stratégie longuement réfléchie et appliquée avec la rigueur d'un général en campagne, emportant avec lui "l'armée" des Français qui se reconnaissent en lui au point de "lui donner sa chance". Et les électeurs notamment de "La République En Marche" ne cessant de répéter "qu'ils sont décidés à lui donner sa chance", pour qu'il soit soutenu par ce qu'on appelle depuis les élections législatives de 1815, "La Chambre introuvable", selon le mot de Louis XVIII. Alors baraka ou stratégie ? De la chance il en faut en politique (désignation de Fillon en novembre 2016, élimination de Sarkozy et Juppé, déshérence de pans entiers du centre droit modéré refusant la purge conservatrice ; mise à l'écart de Manuel Valls au profit de Benoît Hamon laissant orpheline une gauche de gouvernement sans leader). Mais cette chance il l'a aussi forcée en lançant le mouvement "En Marche" au printemps 2016, en faisant partager son analyse politique sur l'obsolescence des vieux partis politiques et de la volonté des français de dégager les "caciques" du paysage politique. Cette chance il l'a forcée au point d'en faire une stratégie en obtenant, sans le demander, le renoncement du Président Hollande à briguer un second mandat ; mais aussi le renoncement de François Bayrou à une quatrième candidature parce qu'il s'est rendu compte que son espace central dont il se croyait propriétaire, était occupé par le néophyte Macron ; quant à l'ampleur de la victoire le 7 mai, elle doit peu à la chance et beaucoup à la qualité de sa prestation où il fit preuve d'intelligence rhétorique et l'homme politique à la hauteur de la fonction qu'il ambitionnait d'occuper.

Un Président qui s'inscrit dans le sillon gaullien

Ce n'est pas d'avantage la chance mais une stratégie bien pensée et menée qu'il va obtenir (absolue ou pas) "sa" majorité présidentielle dès le 18 juin prochain : effet mécanique depuis 2002 des législatives qui suivent directement les présidentielles : comme on l'a vu au premier tour, si l'abstention augmente (phénomène toujours observé), les Français ne se déjugent pas et donnent au Président les moyens d'être un Président "Jupitérien" - qui est plus un Président qui préside et s'inscrit dans le sillon gaullien du premier Président de la Vème - et au gouvernement une majorité parlementaire lui permettant de "travailler". Le deuxième tour va illustrer (une nouvelle fois) la cohérence collective d'un vote renforcé par l'effet amplificateur du mode de scrutin permettant à ceux qui ont recueilli moins de 30% au premier tour, d'avoir plus de 50% des députés. Un autre mécanisme est lui complètement inédit et relève de la stratégie : non seulement les candidats qui se réclament du Chef de l'Etat ont une solide avance dans les intentions de vote mais se retrouvent au second tour en position centrale et gagnante (soutenus pas la gauche quand ils affrontent des candidats FN ou LR et rejoints par la droite modéré quand ils seront opposés à des candidats de la gauche radicale ou frondeuse. Dernier exemple permettant d'affirmer que la politique est parfois irrationnelle, la baraka se méritant, l'état de grâce du Président Macron s'est minutieusement construit en même temps que le "personnage présidentiel" avec une maîtrise de "vieux briscard" ("Jupiter à l'Elysée" titre Le Point). L'histoire en tout cas est en marche et Raymond Aron se rappelle à notre bon souvenir quand il disait de Valéry Giscard d'Estaing "qu'il oubliait que l'Histoire est tragique". Le drame d'Emmanuel Macron sera-t-il d'oublier que l'histoire est tragique ?