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Les mails d'Hillary vs le livre de Hollande

 

Rarement l'actualité n'aura marqué de ses points forts la quotidienneté, rarement les enjeux dans tel ou tel pays n'auront été déterminants et rarement la critique et la contestation n'auront été à ce point au rendez-vous d'une géopolitique en plein mouvement. Au rendez-vous peut-être de l'Histoire (avec un grand H). Essayons de tracer le tableau de cette géopolitique, conjoncturelle et structurelle :

1/ Donald Trump peut-il encore gagner et l'emporter face à Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine du 8 novembre ? Le magnat de l'immobilier bénéficie d'un net rebond dans les sondages depuis que le FBI a relancé (puis conclu) l'enquête sur la boîte mail personnelle de Clinton. Elle bénéficie de son côté du soutien de l'électorat hispanique, dénigré par Trump mais la mobilisation des afro-américains est décevante. En fin de campagne Obama, qui a créé onze millions d'emplois en deux ans vole, avec sa femme, au secours de Clinton. Pour les russes, le choix est clair entre "le candidat de la paix" et la "candidate de la guerre". Pour l'ensemble des observateurs et pour l'opinion publique le duel "Trump-Clinton" passera sans doute à la postérité comme la campagne qui a ébranlé la démocratie "avec les médias américains classiques retrouvés plongés dans ce qu'ils ont baptisé l'ère de post-vérité". Jusque là les Etats-Unis voyaient dans leur système "l'étalon-or de la démocratie".

2/ Un pas historique a été franchi avec l'entrée en vigueur, le 4 Novembre, onze mois seulement après son adoption lors de la 21ème Conférence des Nations-Unis sur le changement climatique, la COP 21. Il s'agit d'une étape majeure dans la lutte contre le réchauffement puisque ce traité fixe un cadre universel aux 196 Etats parties prenantes des négociations pour tenter de contenir la hausse des températures sous la barre des 2°C. Les travaux qui viennent de débuter à Marrakech (COP 22) donneront la mesure de la mobilisation des Etats et leurs capacités à transformer les promesses faites à Paris. L'entrée en vigueur de cet accord est une victoire diplomatique pour la France, une victoire des Etats-Unis qui ont endossé le leadership des négociations climatiques. Mais les ONG rappellent que "tout reste à faire".

Le Maire n'a pas de respect pour Hollande

3/ Les primaires à droite et la situation du Président de la République, faisant, pour le moment, "le gros dos le temps que la tempête médiatique se calme". Pris en étau entre la légalité constitutionnelle du quinquennat qui l'institue quotidiennement "monarque républicain" et la légitimité vigoureusement contestée (cf. sondages catastrophiques), F. Hollande a appelé le gouvernement "à la cohésion et à la solidarité" pour ne pas avoir à tancer publiquement son Premier ministre (atteint comme tant d'autres avant lui par le syndrome "Iznogoud", être calife à la place du calife) qui avait dit "sa colère et son trouble". Pilonné à gauche, le Chef de l'Etat, caparaçonné par la Constitution et la pratique gaullienne du pouvoir, est aussi violemment pilonné à droite : par N. Sarkozy qui estime que son successeur s'était livré à une "violation du secret-défense" donc à une "forfaiture". Chaque candidat de la primaire à droite y allant de sa petite phrase : Le Maire affirmant qu'il "n'a pas de respect pour Hollande", Fillon affirmant "qu'il a peut-être été élu Président mais n'a jamais été Chef de l'Etat". F. Hollande comme le souligne la journaliste F. Fressoz "est déstabilisé pour l'hiver". Même si ce n'est pas la première fois que les attaques sont aussi nombreuses, violentes et agressives : rappelons-nous Mitterrand dans la dernière année de son mandat et ce "passé qui ne passe pas" (Vichy) ; Jacques Chirac comparé à Louis XVI après l'échec du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. La différence avec F. Hollande c'est qu'il veut se représenter en "réendossant l'habit présidentiel dont chaque attaque le dépouille" et une escorte de chiffres qui dit la différence des Français à son égard (11% lui font confiance ; 12% souhaite sa réélection). Il n'en reste pas moins maître du temps politique, transparent dans l'ouvrage des deux journalistes du Monde (le plus hyper président de la Vème République de ce point de vue de la vérité donnée à lire et à apprécier), il n'en reste pas moins aussi redevable devant le pays de sa responsabilité politique dont le plein exercice passe par l'épreuve du suffrage universel direct !