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Le rejet du système : stratégie de campagne de Le Pen et Macron

A celles et ceux qui en doutaient encore, la réponse des acteurs politiques est claire et affirmative, tous partis et toutes tendances confondues : la campagne des élections présidentielles est ouverte. Avec ou sans primaires , avec discours ou interviews, avec des livres publiés (des hommes politiques eux-mêmes ou des journalistes se faisant concurrence dans ce qu'on appelait hier "bruits de couloir" et aujourd'hui "faire le buzz"), tout est bon pour entrer dans la course à l’Élysée ... Nous sommes donc en pleine précampagne présidentielle. Avec tout d'abord un Président sortant dont personne ne sait s'il sera candidat, mais dont plus personne ne doute de la candidature ("La peur n'est pas suffisante pour gagner une élection. Il faut aussi de l'espoir" affirme-t-il, ajoutant "être candidat, ce n'est pas vouloir figurer, témoigner, c'est vouloir gagner".) Le Président - pas encore candidat - posera le 8 septembre, dans un discours sur "La France et ses principes", un premier jalon pour 2017 . Il y sera question du rappel des principes qui ont fait la France républicaine et "sur la façon dont ces principes résistent au terrorisme" tout en faisant à nouveau remarquer qu'il ne "sera pas candidat pour perdre" (d'où l'importance des sondages qui seront d'autant plus commentés) … Et pourtant le Président sortant se trouve pris dans un étau entre son aile gauche (Montebourg, Hamon, Mélenchon) et son aile droite (irruption d'Emmanuel Macron). Pour une personnalité déjà fortement délégitimée, le temps politique est bref pour sortir dudit étau, le pari de la candidature étant pour le moins audacieux. Pour un ministre du gouvernement Valls, "la question n'est pas de choisir entre Sarko et Le Pen, mais d'éviter d'avoir à choisir entre Sarko et Le Pen".

Le Président sortant se trouvve pris dans un étau

Marine Le Pen qui a elle effectué une sorte de rentrée politique, en forme de quête de stratégie politique tournant autour des thèmes d'identité, de sécurité, de Brexit, de rupture avec l'Europe. Une lecture du politiste Georges Lavau, dans son livre publié en 1981 ("A quoi sert le Parti communiste français ?"), semble nous donner 35 ans avant une récession des caractéristiques du FN de Marine Le Pen ; découvrons la perspicacité du Professeur Lavau qui décrit une formation politique (le PC de 1981) "qui a une telle présence et qui fait tant de bruit qu'aucun parti français ne semble a priori être mieux connu, même du public le plus indifférent à la politique". Ce parti, poursuit l'universitaire, "suscite de loin les plus fortes réactions de rejet et d'hostilité de la part de la majorité de l'opinion publique" ajoutant que le PCF "légitime le système tout en créant constamment son illégitimité. Il dit qu'il veut le remplacer vraiment mais contribue à son non-remplacement. Il se laisse piéger dans la fonction tribunitienne qu'on lui concède". C'est de cette chausse-trappe que Marine Le Pen tente de sortir aujourd'hui, elle qui depuis trois ans est donnée en tête au premier tour des élections présidentielles (entre 26% et 30% des intentions de vote). Et puis, "last but not least", Emmanuel Macron, à peine 38 ans, prétend accoucher d'une "nouvelle offre politique" mais sans se déclarer encore candidat. Il met en cause "le système politique bloqué", plaide la "refondation", promet un diagnostic de la situation du pays en septembre, suivi de propositions en Octobre. Au terme de deux quinquennats qu'il juge ratés, Macron prend acte du rejet du système et de l'accélération de la décomposition politique. Il ne veut pas du duel Hollande-Sarkozy (comme 79% des français) ; il juge le clivage gauche-droite obsolète et lui préfère l'opposition conservateurs-progressistes. Reste à savoir si l'audace de ce social-libéralisme trouvera sa place. Face au désenchantement des français vis-à-vis du Politique et des hommes politiques, il faut espérer que la campagne dépasse les duels fratricides, dans et en dehors des partis, et que l'idéologie forme les poumons dont notre République a un urgent besoin.