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La stratégie de Dr Manuel & Mr Valls

 

Au moment même où les débats éclairent de leurs feux la primaire de la gauche, il est tentant de cerner la pensée - autant que la stratégie et la tactique - politique de l'ancien Premier ministre, ayant eu l'obligation de changer de peau pour devenir candidat. Le tout sans faire oublier l'autorité dont il a hérité rn tant qu'ex-locataire de Matignon. Dans un entretien qu'il a donné le 16 janvier au journal "Le Monde", il n'hésite pas à affirmer - contre le "hollandisme" ambiant - qu'il veut "casser l'esprit de défaite et créer l'espoir". Le voilà redevenant le "Clémenceau" qui rêve de rester loin des tranchées boueuses des primaires meurtrières. Observateur autant qu'acteur il souligne "que les français forment un peuple très politique qui considère que la Présidentielle est le moment-clé qui engage le destin du pays". Encore faut-il, a-t-on envie de lui rétorquer, que ce nouveau Président puisse disposer d'une majorité parlementaire, la droite comme la gauche ne connaissant pas les conséquences de triangulaires (aux législatives) pouvant conduire en ces temps de recomposition politique, soit à une nouvelle cohabitation style 1997-2002, permettant une nouvelle déclinaison de la Vème République avec une lecture parlementaire (Michel Debré plus que Charles de Gaulle), ou une remise en cause de la Vème passant ainsi à une VIème République, faisant "turbuler" le système face au populisme menaçant d'une Marine Le Pen. Pour réussir la primaire - dont on peut légitimement se demander si c'est la meilleure procédure possible de désignation -, il y a, selon Valls, "au moins trois conditions : une belle participation, des débats de qualité et un choix clair".

 

Une belle participation, des débats de qualité et un choix clair

 

La belle participation c'est d'abord celle non pas d'une partie du corps électoral mais bien du corps électoral tout entier ; les débats de qualité sont bienvenus quand le nombre restreint de candidats le permet (que dire de 17 minutes pour parler du destin de la France autrement que par des slogans ou des petites phrases finement ajustées pour les médias ?). Quant au choix clair il est plus dans le rejet de l'autre que dans l'adhésion à l'adversaire : tel est le grand mal dont souffre la Vème République depuis 1965. Quant à la gauche, Valls, en fin observateur mais aussi en acteur du quinquennat Hollandais, affirme "qu'elle gouverne dans des moments difficiles puis engage elle-même des procès en trahison ; ce n'est pas nouveau, il y a toujours eu cette idée du long remords du pouvoir". Echappe-t-on à ses travers, mieux à son histoire, en rappelant comme Valls plusieurs des marqueurs de son action comme de sa philosophie politique ? Son bon positionnement dans les primaires (comme dans le 3ème tour s'il est désigné par les siens) dépend en partie de sa capacité de décliner avec force les dits-marqueurs : 1/ "La France a toujours eu besoin de la gauche et je veux l'incarner", 2/ "La politique, ce n'est pas une addition, c'est une dynamique", 3/ "L'élection présidentielle ce n'est pas une négociation, ce ne sont pas des petits arrangements, c'est un dialogue avec les français", 4/ "Ma marque c'est l'alliance entre la République forte et la France juste", 5/ "Le grand débat de l'élection présidentielle avec la droite portera sur le rôle de l'Etat, les services publics, notre modèle social", 6/ "J'assume l'idée d'un Etat fort pour protéger nos concitoyens et préparer l'avenir", 7/ "Le libéralisme économique n'est pas la réponse à la situation de la France". Ces sept marqueurs de ce qu'il est tentant d'appeler le "Vallsisme" s'inscrivent dans un cadre "progressiste" ("ma spécificité, affirme Valls, est d'être au cœur des progressistes"), comme s'il était déjà question de ramener l'électorat Macron ou Mélenchon au bercail d'une union de la gauche (des gauches) qui ne dit pas son nom mais qui rêve d'une renaissance qui rassemblerait, après l'abdication de Hollande, autour d'un homme providentiel "ressuscité" !