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La Présidentielle de tous les dangers

Il n'y a plus d'adjectifs pour qualifier cette campagne à laquelle il manque une semaine pour que se décantent les pronostics des sondages, la réduction des marges d'erreur, les commentaires désormais mesurés des chroniqueurs ou des spécialistes de la "chose" politique électorale. Cette campagne aura tout chamboulé : les lois de la Vème République (avec un Président qui abdique en ne se défendant que par voyages et médias interposés), les schémas connus depuis 1965 sauf le second tour de 2002, et des électeurs indécis, hésitants, déboussolés, allant émettre un vote utile ou un vote d'émotion sur fond de débat très erratique où le "zapping" des propositions (en meeting et en hologramme) conduit à un défaut de cohérence, un thème chassant l'autre. La majorité des observateurs et des spécialistes, sondages à l'appui (mais la prudence a gagné, comme jamais depuis 1965, le monde clos et puissant de la sondocratie), considèrent avec l'excellent analyste Gérard Courtois, que "les plaques tectoniques du paysage politique sont en train de bouger en profondeur sans que l'on puisse prévoir la violence des séismes à venir" (populisme d'extrême gauche ou droite). Pour tout électeur et pour tout observateur, nous sommes depuis 1965 dans une configuration jamais vue : elle ne connait pas de précédent. En effet quatre candidats peuvent encore se présenter "sondagiquement" au second tour. En dehors de B. Hamon entraînant dans sa dérive mortifère et sa désastreuse campagne (peu aidé par les siens), le PS dont il ne reste que quelques lambeaux, et peut-être demain F. Hollande (qui trouve que "cette campagne sent mauvais"), les quatre autres postulants au second tour sont crédités (en moyenne des différents sondages) de 18% à 19% pour Fillon et Mélenchon à 23%-25% pour Le Pen et Macron.

 

Le Pen : elle n'est pas qualifiée d'office comme Barre en 1988, Balladur en 1995, Jospin en 2002

 

Les quatre pourraient se retrouver dans un mouchoir de poche autour de 21%, confirmant ainsi la mobilisation sur le terrain, le militantisme sur les réseaux sociaux, les débats audiovisuels. Le constat est désormais clair : les deux favoris du premier tour Le Pen et Macron se sont lentement mais sûrement dégradés au point d'apparaître désormais sous la menace des deux challengers Fillon (qui semble remonter la pente malgré les affaires) et J.L. Mélenchon bénéficiant de ses talents de grand acteur au service de la pièce du populisme et de l'effondrement de B. Hamon incapable de mener une vraie et bonne campagne (l'apparatchik n'est pas automatiquement homme politique flamboyant !). Bref, rien ne va plus parce que les jeux ne sont pas faits ! M. Le Pen n'a pas su consolider sa première place (et certains s'interrogent sur sa présence au second tour). Jusqu'à preuve du contraire, elle n'est pas qualifiée d'office comme Barre en 1988, Balladur en 1995, Jospin en 2002. Oui il ne faut jamais faire l'impasse sur le premier tour même si les sondages (roboratifs) y incitent. Quant à E. Macron auquel tout paraissait sourire (portes du centre droit et du centre gauche ouvertes, renoncement de F. Hollande, ralliement de F. Bayrou), le voilà aujourd'hui contraint (et il l'avait imaginé) à donner du poids, de la stabilité et de la cohérence à son échafaudage politique inédit sauf dans l'imaginaire des "gouvernements d'union nationale". Pour ce qui est des deux "miraculés", Mélenchon et Fillon, pour le premier, une qualification au second tour ferait oublier l'irréalisme de son programme économique et l'extrême faiblesse de la gauche, mais, "coqueluche du moment", il pourrait incarner le "populisme d'extrême gauche" en étant le "prince du star-système". Quant à Fillon, revenu de très loin, comptant sur sa hargne, sa volonté, l'intelligence de ses communiquant, il s'imagine refaisant le coup des primaires. Reste la tristesse d'une telle campagne. Remet-elle en cause la Vème République au point de tisser déjà la toile de la VIème République ? Conduit-elle à la remise en cause des Primaires ? Peut-elle conduire à imaginer un système où l'émotion publique cède à la "Raison publique" de l'électeur ? Une certitude malheureusement : cette Présidentielle risque de se jouer à quitte ou double !