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Juppé élu au "sondage universel direct"

Il est rare et peut-être même unique dans l'histoire de la Vème République, en pleine campagne des présidentielles, que plusieurs livres bouleversent l'actualité - au sens du verbe latin "commovere" - au point de la déstructurer, de la "déconstruire" momentanément en faisant passer le "machiavélique" du Pouvoir pour un écrivain à cœur ouvert avec deux livres "Lettres à Anne 1962-1995" et "Journal pour Anne 1964-1970" de F. Mitterrand. Comme l'écrit Régis Debray : "La défense du programme commun du moins pour la galerie n'était pas incompatible avec une ode au coquillage façon Francis Ponge". Voilà que nous est proposé, par un ancien Président, 20 ans après sa mort "un roman d'amour vrai, exact et murmuré", le Président s'effaçant devant l'écrivain, le politique ne "sera plus jamais le même, notre manœuvrier cynique, notre froid calculateur". Comme si Rimbaud avait raison quand il écrivit : "A chaque être, plusieurs vies me semblaient dues", comme si, par "la grâce et l'amour d'Anne Pingeot, s'imposait aussi comme épistolier époustouflant". Deux livres qui éloignent des Primaires de la droite, premier round d'observation n'empêchant pas les médias de faire de Juppé un vainqueur au "sondage universel direct", oubliant de nous rappeler comme le fait Marcel Gauchet (Figaro du 13 Octobre) que ces primaires ne sont rien d'autre qu'une "compétition donnant le sentiment d'un jeu de rôles, d'une concurrence des ambitions plus que d'une confrontation de programmes où les raisons de fond qui ont inhibé la droite en 2007 ne sont jamais réellement explorées". Dans un tel contexte, souligne le philosophe du Politique "il n'est pas surprenant que la modération affichée de Juppé paraisse plus crédible que l'ultra-volontarisme de Sarkozy". D'où l'intérêt des sympathisants de gauche mais aussi du FN pour ces primaires à droite ; on peut d'ailleurs regretter que ces primaires ne soient pas constitutionnalisées et proposées à l'électorat le même jour !

Les primaires : une concurrence des ambitions plus que d'une confrontation de programmes

Parmi les autres livres, car nous avons un Président qui "aime les journalistes" écrivant par conséquent des ouvrages faisant la "une", et notamment le dernier intitulé "Un Président ne devrait pas dire ça" où il est question de la "lâcheté des juges et de l'institution judiciaire", dilapidant ainsi son crédit auprès des magistrats, et offrant lui-même "l'épitaphe" scellant ses chances de réélection. Les critiques accompagnant les sondages le condamnant sont sévères : "coup d'éclat calamiteux", "sabordage", "suicide politique". En douze heures, trois principaux chefs socialistes (Bartolone, Cambadélis, Valls) condamnent une posture et des déclarations qui désacralisent et abaissent la fonction présidentielle au moment même où Macron la veut "jupitérienne". D'où la vraie question : Hollande est-il anéanti par ces années d'exercice du pouvoir au point d'avoir perdu toute faculté de jugement ? Le pouvoir au plus haut niveau isole-t-il à ce point qu'il fait perdre ses meilleurs réflexes ? F. Hollande a-t-il joué volontairement la transparence ? Ou, persuadé d'être plus malin et plus intelligent que tout le monde, il tirerait profit à l'arrivée de tout cela ? Les réponses sont ambigües ou inexistantes parce que le Président Hollande hésite encore sur son destin de futur présidentiable. Alors à défaut de décider, il sème le doute dans tout le paysage politique réservant son choix pour le dernier moment et poursuivant sa route comme dans toute sa vie politique alors que nombreux sont ceux qui l'enterrent déjà ... trop tôt. Mais d'ores et déjà la Présidence n'est plus ce qu'elle était. Ni d'ailleurs le Prix Nobel de littérature décerné à Bob Dylan à la surprise de nombre de littérateurs considérant comme Anne Ernaux que "la littérature se dissout", alors que nombreux le considèrent comme un "immense poète" ... Il restera toujours comme un murmure éternel "Mr TAMBOURINE MAN" ou "SHELTER FROM THE STORM".