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Je n'aime pas le concept des Primaires, et vous ?

Décidément les Primaires laissent les Français perplexes. A gauche comme à droite. Elles sèment le trouble dans les esprits (peu habitués, même pas du tout à droite notamment) et ne clarifie pas les choix politiques qui s'offrent au pays, et contribuent à en sélectionner les porte-parole. Cette procédure - curieusement importée des Etats-Unis - était censée remplir une fonction : remédier à la crise de leadership et désigner par un premier vote (dans un scrutin à trois tours et plus à deux) un chef de file (pas automatiquement le chef de parti) légitimé par le vote des adhérents comme des non-adhérents au Parti. Avant, du temps du Général de Gaulle, c'était l'Histoire et le charisme qui légitimaient, aujourd'hui ce sont la médiacratie et la "sondocratie" qui sont les piliers d'un nouvel ordre ou ordonnancement politique qui laisse les Français perplexes. Pour preuve, l'étonnant sondage de la Fondapol qui nous apprend que parmi les électeurs certains d'aller voter, ils ne sont ainsi que 47% à connaître la date précise du premier tour, le 20 novembre 2016, et 32% à citer le bon mois. Comme le souligne D. Reynié, directeur de la Fondapol, "le niveau d'ignorance de la date du scrutin nous amène à douter de la stabilité des indicateurs d'opinion aujourd'hui". Ce qui veut clairement dire que les marges d'évolution potentielle sont très importantes et viennent en quelque sorte percuter ce qui est installé dans les enquêtes d'opinion, d'autant plus que personne ne peut dire avec certitude quelle sera la composition finale du corps électoral d'une part, et d'autre part que les électeurs de droite n'auront par forcément tous envie de s'afficher en tant que tel dans les bureaux de vote. A noter, par ailleurs, que 75% des sympathisants de droite craignent que la primaire favorise les affrontements et les divisions. Du coup la compétition, par médias et meetings interposés, par joutes radiotélévisées, donne le sentiment d'un jeu de rôles, d'une concurrence des ambitions plus que d'une confrontation de programmes.

Pas de réelles nouvelles figures face au désenchantement des Français

C'est l'absence d'un chef de file incontesté et incontestable qui était la raison des primaires qui mettent en lice quatre candidats (Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire) qui ont exercé des fonctions de premier plan. Difficile à comprendre pour l'électorat qu'il faille passer par le combat, pas toujours de bon aloi, pour tirer son épingle du jeu, d'autant plus que la droite n'a pas su offrir un horizon positif et des perspectives collectives au pays. Dans ce contexte, comme le souligne Marcel Gauchet "il n'est pas surprenant que la modération affichée de Juppé paraisse plus crédible que l'ultra-conservatisme de Sarkozy". Pas de discours transgressif à la Royal (2006), pas de véritable nouveau style, pas de réelles nouvelles figures face au désenchantement des Français pour la politique et ses acteurs. De plus comme le choix du prochain Président semble se jouer dès maintenant (lors de la primaire à droite), il n'est pas étonnant (même si rien n'est impossible avec le redoutable manœuvrier qu'est F. Hollande) que des sympathisants de gauche ou du FN s'intéressent à la primaire à droite pour peser, influer sur le duel Juppé-Sarkozy. Quant à F. Hollande, il continue à y croire dur comme fer au point d'être surnommé par le journal Le Point "le forcené de l'Elysée" (A ce propos le livre des deux journalistes du Monde, Davet et Lhomme, "Un Président ne devrait pas dire ça" montre à quel point la volonté minérale d'un acteur politique, peut en l'occurrence réserver autant de surprises qu'aux Primaires d'il y a 5 ans ...). Même si pour ses détracteurs comme pour les sondages "le Président est plutôt fait comme un rat ..." !