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Hollande : Wagram, sinon rien !

Voilà le Président Hollande presque dans la situation du candidat-président, ou plutôt du président-candidat, comme le furent avant lui (est-ce décidemment une tradition ou une coutume républicaine ?) le Général de Gaulle en 1965, Giscard d'Estaing en 1981, Mitterrand en 1988, Chirac en 2002, Sarkozy en 2012. Voilà l'homme politique , au plus haut niveau de représentation en perte presque absolue de légitimité (88% des français ne le veulent plus comme Président et 74% pensent qu'il sera candidat) en situation de laisser à penser qu'il sera candidat à nouveau à la Présidence de la République. Comment dès-lors va-t-il répondre à la batterie de questions suivantes : 1/ Quand et comment quitter le costume présidentiel pour endosser la tenue de combat de candidat ? 2/ Quelle raison positive (économique comme politique) inscrire dans son argumentaire alors que les chiffres du bilan plaident contre lui ? 3/ Comment convaincre, au-delà des effets de manche de la salle Wagram (on a retrouvé chez Hollande le mimétisme mitterrandien dans la période oratoire comme dans la gestuelle), qu'on fera demain ce qui n'a pas été réalisé dans le quinquennat ? 4/ Comment échapper à cette bonne vieille tradition française à "blackbouler" ses dirigeants dans une sorte de règlement de compte dès que les résultats ne sont pas à la mesure des promesses, et la Réforme à la hauteur de la Révolution qu'on attendait ? Quatre questions auxquelles le candidat devra répondre en débutant cette nouvelle campagne présidentielle dans les pires conditions : légitimité contestée, toutes les élections intermédiaires perdues, discrédit abyssal, sondages catastrophiques, incapacité à bien communiquer et à trouver la clé d'une communication idéale. Autant d'éléments le mettant presque hors-jeu (seule la légitimité républicaine permet le maintien à son poste et dans ses fonctions) vis-à-vis d'une bonne partie des gauches, vis-à-vis de son électorat qui a cru en lui, et d'un nombre de députés plus que jamais "frondeurs" heureux de voir Hamon, Montebourg ou Mélenchon prendre le chemin des primaires ou celui de l'électron libre.

Autant d'éléments le mettant presque hors-jeu

Qu'apporte le discours de Wagram dans ce contexte particulièrement lourd et annonciateur de défaites ? Tout d'abord démontrer son caractère réactif et sa capacité de rebond annonçant ainsi que, loin de l'accabler et de le faire renoncer, la situation très difficile dans laquelle il se trouve est le moteur de sa volonté d'être candidat. (Cette volonté là ne l'empêchera pas de rester "droit dans ses bottes" avec son domaine réservé (affaires étrangères, défense). Il restera donc là face à la menace du terrorisme djihadiste (l'actualité semble d'ailleurs le conforter dans ce combat) faisant de lui un "Président protecteur", défenseur de la démocratie, des valeurs républicaines, de l'Etat de droit contre "l'Etat d'exception", réclamant donc, pour l'efficacité de la lutte, la cohésion des Français. Occasion permanente pour le Président de donner de belles couleurs tricolores au candidat qui reste, par sa fonction, "l'arbitre au-dessus des partis politiques" dénonçant notamment le discours et les projets de Nicolas Sarkozy accusé de "convoquer les peurs", de "flatter les mauvais sentiments", d'engager la France sur une mauvaise pente qui "remettrait en cause l'essentiel". Dos au mur mais face à son destin qui a le visage de l'opinion publique, dos au mur mais face aux gauches et aux droites qui font (ou défont) la France, dos au mur en cherchant une nouvelle respiration républicaine. Sur le plan formel la réunion de la salle Wagram a rappelé que piètre Président (pourquoi n'a t-il pas su rentrer dans la fonction et la sacraliser au lieu de faire l'inverse ?) il n'avait pas oublié les qualités du militant qui sommeillaient en lui. Mais au-delà de la forme, il y a le fond. "La France est bien plus qu'une identité, c'est une idée, c'est un projet, c'est une ambition" a lancé le Chef de l'Etat. Reste au candidat Hollande à définir ce projet capable de redonner crédibilité aux politiques publiques proposées et de donner à ses concitoyens le désir de se projeter dans l'avenir avec confiance. Chacun peut, en faisant un petit effort, imaginer F. Hollande candidat de cette épreuve. Mais le fameux "rêve français" qu'il nous avait fait miroiter pendant la dernière campagne est toujours enfermé dans les belles caves de l'histoire et de l'imaginaire politique des droites et des gauches françaises !