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Etre anti-système, ok ! Mais comment donc changer ce fameux système ?

 

Chaque campagne électorale à ses modes, sa sémantique, ses petites phrases, ses caricatures, ses prêts-à-penser ou même son prêt-à-porter (achat de costumes, ou vestes à retourner !). Chaque campagne électorale a son rythme, ses attentats (Orly), ses sondages, ses héros, ses surprises, ses blessés voire ses disparitions. Celle que nous connaissons propose une nouvelle mode, comme le fait justement remarquer Christophe Barbier, il faut aujourd'hui "S'afficher dans la campagne présidentielle comme un candidat "anti système", sorte de "sésame" qui ouvrirait les portes au suffrage universel et qui sert, pour l'instant (parce qu'une mode peu très vite en chasser une autre) de "fourre-tout" à ceux qui veulent détruire l'Europe, les grandes écoles, les médias, la haute administration et les principales entreprises de ce pays. Plus que la nouvelle différentiation entre conservateurs et progressistes (qui semble remplacer la traditionnelle coupure gauche–droite scandant l'alternance) la dénonciation du système, plutôt populiste, semble faire oublier ce qu'ont apporté à la France, à l'Europe, les acteurs de ce fameux "système". Faut-il donc les écouter et déconstruire, dans un populisme de mauvais aloi, les "produits", hautes figures de l'élitisme républicain (dans tous les domaines). Ce que les démagogues appellent "système" selon Christophe Barbier est en fait la "charpente de la France" qui tient le pays même si les rouages sont "rouillés".

 

Vouloir une authentique autogestion avec un communalisme libertaire à la base (M.Onfray)

 

Dans le "circus politicus" qui est le nôtre, les Français commencent à être fatigués des à-côté anecdotiques (mais le diable est toujours dans le détail) de la campagne et réclameraient le programme : qui leur est délivré par bribes et fragments ; ils attendent donc un débat. Ils l'auront par deux fois, mais la brièveté du temps de parole semble déjà montrer les limites de l'épreuve et la frustration d'un électorat qui, pour une bonne moitié, n'a pas encore fait son choix. Le tout sous le regard très critique de notre "monarque républicain" dénonçant la faiblesse de la campagne et de ses acteurs sans un mot pour le système ! C'est dans ce climat et l'originalité désolante d'un moment républicain qu'on est sur le point de confisquer à l'électorat, que Michel Onfray pousse un cri d'alarme, en se dressant, vent debout, contre la centralisation en hurlant, à sa manière, pédagogue de la métamorphose (d'une certaine forme de "révolution") : "décoloniser les provinces". Cet ouvrage mérite lecture. Il décrit, il propose, il constate ainsi, parlant de sa commune dans l'Orne : "j'ai vu les commerces fermer les uns après les autres. Le médecin ? Parti. Le dentiste ? Parti. Le coiffeur ? Parti. Le plombier ? Parti. Les deux garagistes ? Partis. Les deux merceries ? Parties. Le charcutier ? Parti. Le curé ? Parti lui aussi". Que nous propose donc Michel Onfray ? : "il faut réhabiliter une politique des provinces construite sur un communalisme qui permet des fédérations jusqu'au degré des régions". Et de dire dans ce moment républicain que constitue la parution de ce livre important, la nécessité de la proportionnelle intégrale, la fin du cumul des mandats, l'imposition d'un mandat non renouvelable, redonner pleine vigueur à la cellule communale, activer les communautés de communes avec mandats impératifs ; constituer un parlement national avec des élus des parlements régionaux qui décident des affaires qui les concernent ; autrement dit et synthétisé par Onfray : "Vouloir une authentique autogestion avec un communalisme libertaire à la base ; multiplier les parlements d'idées". Voilà l'un des souffles républicains dont notre démocratie a un urgent besoin. Reste la question qui sous-tend toute campagne électorale en France, ainsi exprimée par le philosophe Jean-Fabien Spitz : "L'ordre politique des sociétés libérales est-il obligatoire parce qu'il est consentie ou parce qu'il est juste ?".