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Dans la tête du fameux Trump

 

Rien ne vaut quelques extraits d'un discours de prise de fonctions pour tenter de retirer la substantifique moelle d'une pensée présidentielle, en l'occurrence celle de Donald Trump. Ces quelques extraits permettent de mieux caractériser le programme, la nouveauté, les caractéristiques du "Trumpisme" : "Le carnage américain s'arrête ici et maintenant ... A partir de ce jour c'est une nouvelle vision qui gouvernera notre pays ... A partir de ce jour l'Amérique passera avant tout, l'Amérique avant tout ... Nous appliquerons deux règles simples : acheter américain et embaucher américain". Comme on le constate et comme l'image le donnait à voir c'est "l'Amérique d'abord" pour seul programme, pour un homme qui a changé de rôle mais qui reste décidemment bel et bien en campagne. On espérait secrètement que le poids de l'Histoire et de ses grandes figures, ainsi que le théâtre de sa prestation de serment, au pied du Capitole l'y encourageraient. Le nouveau Président n'a pas voulu s'adresser à tous les électeurs mais au 48% qui ont assuré sa victoire. Seule main tendue dont il faudra suivre la direction, cette petite phrase concise mais importante : "Que nous soyons noirs, bruns ou blancs, nous saignons du même rouge des patriotes". Esquisse d'une politique de la main tendue ? Trump a aussi voulu frapper les esprits en dénonçant un "carnage américain" fait de pauvreté, de chômage, de crimes et d'addictions", en prononçant un discours de campagne, typiquement populiste c'est-à-dire s'adressant directement au peuple auquel sera remis le pouvoir que "l'establishment" a "volé en plongeant le peuple dans la misère".

 

Il faut qu'il apprenne à habiter sa fonction

 

Curieusement, contrairement aux discours d'investiture en France ou en Europe - référentiel aux grandes figures de la Nation et de l'Histoire ; parenthèse consensuelle pour faire oublier la dureté de la campagne - le Président Trump n'a pas craint d'humilier en direct son prédécesseur, alors qu'Obama a quitté la Maison Blanche avec de très bons sondages de popularité. Il s'est bien gardé de s'inscrire dans la continuité républicaine des responsables politiques des Etats-Unis, il a donné l'image d'une Amérique repliée sur elle-même, tournant le dos au monde alors que les historiens verront peut-être dans cette période le moment où un ordre ancien se morcelle, ordre marqué dans les années 2016-2017 par l'installation à la Maison Blanche d'un milliardaire nationaliste et protectionniste dont cette élection est le premier grand succès politique, l'annonce du plan de retrait de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne et par l'audacieux plaidoyer à Davos (la montagne décidemment magique !) d'un Président chinois en faveur de la mondialisation : ordre ancien remplacé par un ordre nouveau où l'Amérique ("America first") doit partager ses frontières, ses usines, ses emplois, où le multilatéralisme régresserait, où la fameuse "Pax Americana" disparaîtrait, où le protectionnisme s'imposerait malgré un monde interconnecté et les pays émergents dépendants. Le nouveau Président pourra-t-il œuvrer politiquement en refusant obstinément de reconnaître la complexité du monde ? Pourra-t-il continuer sur la voie morbide d'un automne continental dangereux dans l'équilibre du monde et engageant les Etats-Unis dans une politique de "tabula rasa" qui veut, dans un geste trop absolutiste, rayer, effacer le passé du tableau de l'histoire ? Mais l'imprécation et les réquisitoires, les discours électoraux et la dénonciation des boucs émissaires n'ont qu'un temps, la "Real-politik" reprendra sa juste place pour un juste pouvoir. Gageons avec l'ancien conseiller de G. W. Bush "qu'il ne faut pas prendre Trump littéralement" et que, pour le moment de l'apprentissage du pouvoir politique " il ne mesure pas le pouvoir qu'ont les mots d'un Président américain". Il faut qu'il apprenne à habiter sa fonction.