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Attention danger ! Les PRAFistes vont faire l'élection

 

Au moment même où il devient de plus en plus difficile de donner une cohérence et une analyse logique à la campagne présidentielle, au moment où le brouillard rend illisible le paysage politique proposé, on peut toujours offrir le classique du constat : un Front National conquérant, une droite qui se voyait victorieuse et qui se trouve dûment déstabilisée par la lancinante affaire Fillon, deux gauches antagonistes au bord de la conversation - mais l'alliance se fera-t-elle ? - plus de candidat écologiste - pour la première fois depuis 1974 - un objet politique en cours d'identification - avec le ralliement de Bayrou - le mouvement "En marche" d'Emmanuel Macron. On peut aussi tirer d'utiles leçons de la lecture de l'ouvrage du politologue Brice Teinturier, intitulé tout simplement mais explicitement "Plus rien à faire, plus rien à foutre", soit en résumé une nouvelle typologie de la classe politique et du paysage électoral désormais dénommé "PRAF". Mais "plus rien à faire ou à foutre" de quoi ? D'une parole et d'un discours publics démonétisés, de jeux politiques artificiels et surannés, d'un système démocratique privé de sens et d'efficience. Ainsi après un quart de siècle, de 1982 à 2007, la déception s'est durablement installée avec la non-réalisation de la promesse mitterrandienne de "changer la vie" et du fameux engagement chiraquien de réduction de la "fracture sociale". Et le Front National d'asseoir sa propagande, son prosélytisme et ses succès électoraux sur les désillusions nées de l'absence de tenue de ces promesses au point de dénoncer "l'UMPS" et le "système" (comme le montre d'ailleurs un excellent film politique, "Chez nous", qui analyse le phénomène FN et sa résistible ascension).

 

C'est une réaction contre la marchandidation accélérée de la société, l'érosion des valeurs communes capables de transcender l'individualisme triomphant

 

Faute de résultats dans la guerre contre le chômage et la résolution des problèmes lancinants qui minent le pays, la violence, les territoires de non-droit, l'insécurité ont conduit à deux phénomènes selon Brice Teinturier : 1/ La progression fulgurante du FN donné à 30% des intentions de vote (certains craignent que Marine Le Pen ne soit notre Trump national) ; 2/ "Une autre secousse souterraine mais tout aussi importante, la naissance dans l'opinion du plus rien à faire (PRAF) vis-à-vis de la politique". B. Teinturier ajoute : "Le PRAF ne se réduit pas à la défiance et ne se manifeste pas toujours par la colère. Il est même souvent silencieux et presque invisible ... Dans la déception, il y a encore de la relation. Dans le détachement c'est la relation même qui se décompose. Le divorce est alors consommé et la rupture définitive". Les enquêtes d'IPSOS sont, par leurs chiffres, malheureusement très éclairantes. Interrogés sur leur attitude envers la politique, 18% des français expriment un sentiment positif (passion, intérêt, espoir) mais sur les 82% restants, 40% parlent de déception, 13% de colère, 20% de dégout et 9% d'indifférence. Les "PRAFistes" se trouvent parmi les 29% de dégoutés et d'indifférents. Par ailleurs, 27% des français déclarent qu'ils étaient intéressés, par le passé, par la politique, 32% répondent aujourd'hui (en hausse de 8 points en trois ans !) que d'autres systèmes politiques peuvent être aussi bons que la démocratie. Ainsi entre le quart et le tiers des français ont ainsi basculé dans le "PRAFisme" : c'est une réaction contre la marchandisation accélérée de la société, l'érosion des valeurs communes capables de transcender l'individualisme triomphant, la crise de la vertu publique et l'exemplarité des dirigeants ; il y a aussi les mutations de l'information qui fragmentent l'audience incitant à "l'indécence, l'insignifiance, au racolage informationnel". A quoi s'ajoutent : la crise de l'efficience politique, la vacuité du contenu, la crise de la représentation, le sentiment pour le citoyen de n'être pas et plus écouté, l'illisibilité de la scène politique brouillée par la superposition de trois clivages (gauche-droite, peuple-élites, ouvert-fermé). La "PRAF" attitude est au cœur des prochaines présidentielles, de la campagne comme di résultat. Reste dès maintenant à combattre ce mouvement de déréliction politique et démocratique en prenant garde à ce que le "PRAFisme" ne dégénère au point de mettre en péril la République.