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2017, le scrutin définitivement hors-norme

L'intérêt d'une fin de campagne de premier tour est d'analyser les grands traits qui marquent le champ politique français et d'en tirer les conclusions qui viendront, ou non, confirmer le deuxième tour et les élections législatives. En un mot, le prochain Président aura-t-il par son aura ou la force de sa dynamique, les moyens politiques de se donner une nouvelle (et inédite) majorité parlementaire, ou sera-t-il forcé de cohabiter avec la majorité du camp opposé ? Nous proposant ainsi une cohabitation quinquennale et une dyarchie institutionnalisée, quatrième cohabitation de la Vème République, en accord avec la lettre de 1958, mais en rupture avec la lecture gaullienne du "Général". En attendant ce moment de juin 2017, la fin de campagne a confirmé la défiance des électeurs avec les candidats, exprimant un désenchantement croissant, confortant un fossé qui se creuse de plus en plus avec le Pays. Cela met en cause les rouages de notre démocratie (77% des sondés trouvent que le système démocratique fonctionne moins bien) mais aussi sur fond de populisme (à peine rampant) et de règlements de comptes, profitant de cette "élection reine", clé de voute de nos institutions, pour "sortir les sortants" (Hollande, Sarkozy, Juppé, Duflot, Valls, Fillon, Hamon) au nom des obligations "naturelles" bercées par le refrain constant de l'antisystème, antienne de l'extrême-droite reprise en cœur par tous les candidats en lice (!) ; au nom aussi d'une volonté d'abord sourde puis explicite de condamner ceux qui, par les affaires, entretenaient une mauvaise image du Politique. De quoi en tirer les raisons de lectures bien ciblées grâce à la réédition opportune de plusieurs classiques et brefs textes politiques comme "De l'art de dire des conneries" de H.G. Frankfurt, "Note sur la suppression générale des partis politiques" de Simone Weil, "Réquisitoire sans appel possible contre le crime de démission de l'esprit" selon André Breton, "L'art du mensonge politique" de J. Swift, l'auteur des "Voyages de Gulliver", "La grève des électeurs" d'Octave Mirbeau qui, tranchant, écrit notamment : "Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois". Il y a aussi à lire utilement "Contre le totalitarisme. Textes politiques" (1920-1948) d'André Suares.

 

Avec Macron et Le Pen en vainqueurs du premier tour, ce scrutin de 2017 est un scrutin "hors-norme"

 

Autant de lectures qui permettront de prendre du recul au cœur de cet entre-deux tours de quinze jours qui contribuera à mieux comprendre peut-être sur quoi vont déboucher les caractéristiques de la campagne de premier tour : une indétermination inédite (quant à la participation au scrutin, quant à la sûreté du choix du candidat), une "érosion des favoris" qui finiront par gagner (Le Pen et Macron), une progression des challengers (Mélenchon : +7,5 points, pratiquement à égalité avec Fillon, dont les observateurs ont tous noté la percée spectaculaire due notamment à sa "côte d'amour".) Toujours est-il que, qu'avec Macron et Le Pen en vainqueurs du premier tour, ce scrutin de 2017 est un scrutin "hors-norme". En effet, comme le démontre Brice Teinturier, le scrutin présidentiel affiche généralement trois caractéristiques qui cette fois sont absents : 1/ "La première c'est la présence du Président sortant qui permet d'organiser la campagne autour de son bilan et de structurer le débat. Cette fois, pas de Président sortant". 2/ "L'organisation de la campagne autour d'un thème dominant comme la fracture sociale (en 1995), l'insécurité (en 2002), le travail (en 2007), la finance (en 2012)... Cette fois aucun candidat n'a réussi à imposer le thème". 3/ "Le clivage droite-gauche n'a pas disparu mais s'est affaibli, Le Pen et Macron cherchant à le dépasser". Et le sondeur d'ajouter que "pour accéder à l'Elysée, le FN devrait obtenir entre 14 et 16 millions de voix". Un objectif impossible aux yeux de B. Teinturier. Reste maintenant à savoir si, comme l'écrit C. Barbier, "la révolution de 17 mettra à bas la démocratie représentative au profit d'une démocratie, où le chef désigné peut s'affranchir de tous les contrôles". Une funeste "tabula rasa" en guise de fin de deuxième tour ? 2017, la présidentielle qui ressemble de plus en plus à une révolution.