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Surprise surprise? Pour moi non

Ha oui au lendemain du premier tour des primaires de la droite et du centre les commentaires vont bons train pour expliquer la surprise trumpesque que nous avons découvert au fur et à mesure de la soirée. Tout d'abord il s'agit d'un bel exercice démocratique, le premier du genre pour la droite, en cette fin novembre. Ensuite, il faut noter les quatre millions ou presque de votants, dont un quart seraient de gauche et d'extrême droite d'après les fameux sondages de sortie des bureaux de votes...ouaip... Quels critères de vote ont été réellement retenus par toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs républicaines de la droite et du centre ? Doit-on penser comme on a pu l'écouter dès la nuit même ou le lire lundi matin à une franche adhésion aux idées de François Fillon ? Voici ma lecture des résultats du scrutin.

Je vais distinguer deux groupes de trois; Jean-Frédéric Poisson étant bien à part. Le groupe maillot jaune: Fillon, Juppé, Sarkozy et le groupetto: Copé,  Kosciusko-Morizet, Lemaire (par ordre alphabétique).

Dans le groupe de tète Alain Juppé a peu à peu payé: sa stature toute en retenue qui passait un temps pour de la prise de hauteur, mais qui s'avérait être son caractère profond... qui ne sied plus à l'époque, et son trop grand centrisme, confère le temps passé sur Bayrou lors du deuxième débat en témoigne. L'autre grand perdant, Nicolas Sarkozy, a politiquement été très/trop clivant durant ces primaires avec surtout la même matrice qu'en 2012, très buissonnière. Enfin le vainqueur de ce premier tour, François Fillon, a lui su élever son niveau de jeu d'acteur sans commettre de fautes de goût, ni d'attaques clivantes. Il a même obtenu le respect de chacun ou presque avec une action "à la Bayrou": quand il a repris David Pujadas et l'a laissé sans voix, lors du dernier débat. Mais en outre le podium de ce premier tour est marqué du sceau du besoin de probité de nos élus. Pour l'avoir martelé à force d'écrits hebdomadaires, je ne suis pas étonné de ce classement, ni même des scores respectifs des trois premiers. Les électeurs ont voulu d'un homme sans tache ou casserole accrochées à ses chaussettes, fussent-elles rouges. Un homme qui paraît fidèle : sous la présidence de l'ex il n'a pas trahi...lui le collaborateur. Alain Juppé fut en son temps un rouage de la galaxie Chirac-Pasqua.... il a payé, oui certes, un petit an d'exil au Canada, puis est revenu... Nicolas Sarkozy, lui traîne tellement d'affaires:de son financement illicite de campagne de 2012 maintenant identifié à son soutien inconditionnel à Patrick Balkany qu'il souhaitait investir pour les législatives de juin 2017, voilà peu encore.

 

Les électeurs ont voulu d'un homme sans tache ou casserole accrochées à ses chaussettes


Bref François Fillon apparaît alors comme intègre face à ce duo. Les Français ne se sont pas tant intéressés aux programmes qu'aux humains qu'ils ont eu à départager dimanche dernier.
Preuve en est que l'image renvoyée par le candidat fut primordiale: la lecture du classement du trio du groupetto: le plus englué dans des affaires ou pseudos affaires: de l'élection à la présidence de l'UMP à l'affaire Bygmalion, Jean-François Copé arrive bon dernier avec moins de cent fois moins de bulletins que celui qu'il "battait" voilà quatre ans. Bruno Le Maire, un grand temps troisième homme, puis quatrième, puis finalement cinquième, malgré son âge, parle au peuple comme Juppé à soixante dix ans: entre envolées lyriques et technocratiques ...Résultat il est devancé par Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette pourtant ingénieure centralienne avec son parler peut être plus sincère et son regard tourné sans cesse vers l'avenir: numérique et développement durable a su conquérir un plus grand nombre de suffrages que le longtemps chouchou des sondages.

L'exercice démocratique qui masque la crise des partis

Bref après les États Unis, voici la France touchée par la sondagite aiguë. Cette maladie qui marque la défiance du peuple face à ses "elites". Un dérèglement hormonal du corps sondé qui rend toute prédiction incertaine. Déjà en 2005 lors du référendum au sujet de la constitution européenne, les prédictions avaient été bousculées. La propagande...pardon le pouvoir médiatique ne fait pas tout ! Par ailleurs, on peut lire ainsi le résultat de ces primaires comme celles des verts ou demain celles de la gauche: l'exercice démocratique qui masque la crise des partis. Le manque de vraies idées, de leadership politique et la défiance issue de la non volonté de nettoyer les écuries d'Augias de notre monde politique font de ces primaires ouvertes le seul lieu d'expression pour les citoyens. Est-ce alors le must ? Est-ce vraiment l'exercice politique ultime que beaucoup de médias et politiciens veulent nous vendre ? A cela trois réponses. Premièrement, le candidat Juppé veut défendre son programme contre celui de Fillon. Enfin de la Politique ! On va voir l'attrait des citoyens. De sacrées différences existent entre les deux candidats. Quelle facette convaincra: la probité ? La politique ? Deuxièmement, les médias se délectent de ces exercices car ils sont les premiers à en percevoir les dividendes soit en part de marché soit en espèces sonnantes en vendant journaux et espaces publicitaires. Si cet exercice venait à être moins regardé..moins rentable qu'en serait-il ? Les partis retrouveront-ils leur souveraineté ? Troisiemement l'aventure Macron a-t-elle de l'avenir ? De l'ambition certainement. La vie sans parti est-elle possible ? Donc hors primaires ?  Jean-Luc Mélenchon s'est auto-déclenché mais est-ce suffisant pour générer une dynamique victorieuse ? L'espace politique existe pour ceux qui refusent la bipolarisation de la vie politique française. Enfin, compte tenu du trésor de guerre que cela constitue 8 millions d'euros pour le seul premier tour ( 15 millions envisagés), et du Sarkothon de sept millions d'euros de 2012 payé à 66% par tous, est-il envisagé de rembourser les deux tiers à l'Etat Français, maintenant que l'on sait que les comptes de campagne étaient faux, truqués ? Amis avocats: quatre millions et demi d'euros de perçu indûment iraient bien dans les caisses des Restos du Coeur en ce début de campagne, ou toute autre association qui oeuvre dans ce registre. Non?