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L'esprit du 8 mars perdure : Portraits de femmes

Je croise tous les jours nombre de femmes formidables. Comme tout un chacun je travaille avec des femmes aux parcours de vie qui laissent rêveur. Ce mélange savant de professionnel, de personnel, de maternel et d'amoureuse. Bien sûr, je n'écris pas ici une ode à la femme. Je n'ai ni le talent d'écriture d'un  Aragon, ni celui de Souleman Issa Garba. Je ressens simplement le besoin de chroniquer bien au-delà de la simple date du 8 mars dernier, journée internationale des droits de la femme. La semaine dernière j'ai promis de présenter sept femmes que j'ai eu la chance de croiser ( ou l'inverse ☺) qui m'inspirent beaucoup de respect dans leur approche d'une sorte de féminisme. J'écris ici "sorte de" féminisme car chacune oeuvre à son niveau, dans son contexte, suivant ses moyens pour l'émancipation de 51% de l'humanité. Elles proviennent de bien des milieux, bien des cultures, bien des classes sociales, bien des pays différents, mais la convergence de leurs choix d'engagement permet petit à petit de faire avancer la cause féminine dans le monde.

Yohana Yepes

La première personne dont je veux parler se nomme Yohana Yepes, elle est colombienne. Originaire de Barranquilla (caraïbe colombienne), dans le nord du pays, Yohanna est une jeune avocate et sociologue, de 31 ans, spécialisée dans Droit public et un droit Pénal et une Justice transactionnelle. Elle a débuté comme conseillère juridique auprès de la communauté indigène des Arhuacos pour la restitution de leurs terres dans la Sierra Nevada de Marte Sainte. En 2012, suite à des menaces de groupes paramilitaires, elle s'est exilée à Bogotá. Elle va ainsi travailler sur des sujets sur des droits fondamentaux de la population au ministère pour la protection de l'enfance et de la jeunesse. Elle poursuivra au ministère des Droits des Victimes, de la Paix et la réconciliation par défendre le droit des victimes du conflit armé. Voilà deux ans, Yohana plaidait comme un défenseur de femmes victimes de violence conjugales dans le secrétariat d’Etat de la Femme. Revenue à Barranquilla, elle est conseillère à la direction de droits fondamentaux du travail qui dépend du ministère du travail. Elle continue œuvrer pour défendre le droit des femmes à disposer d'elle-même, dans ce pays où machisme et ambiance de sortie de guerre civile sont le quotidien des citoyens et citoyennes....Un engagement plus que louable dans ces conditions de vie et de travail. Je lui ai prédit qu'un jour elle deviendrait une femme politique de son pays, tant l'humanisme et sa volonté font d'elle, à mon sens, une des atouts de la future génération du personnel politique colombien. 

 

Kimberly Adams

Bien plus au nord du continent, entre New-York et Boston se nichait une entreprise à but social: Flying Bridges, basée désormais à Santa Monica. Sa fondatrice, Kimberly  Adams est une jeune femme, diplômée de Columbia, qui a décidé de faire rimer entreprise, entertainment et droits humains, à son retour de mission de Pékin voilà bientôt dix ans. Son premier combat était celui du trafic d'êtres humains. Bientôt relayé par celui de l'émancipation féminine. Suite au forum international organisé à l'O.C.D.E., à Paris, en fin 2013, Flying Bridges crée des liens entre tous les acteurs :institutions, entreprises, associations, afin de se retrouver ensemble et amorcer une démarche commune de progression sociétale. Aujourd'hui, elle mène principalement deux actions au quotidien. Si l'une est en direction des grandes entreprises (N.T.I.C.) pour faire émerger des talents féminins à tous niveaux de responsabilités dans les entreprises, la seconde action vise à promouvoir des rôles ou des situations plus émancipatrices pour les femmes dans les programmes de divertissements, télévisuels principalement. 

 

Marion Clignet œuvre pour faire avancer la recherche sur l'épilepsie

 

 

Marion Clignet

A moitié américaine et surtout française, l'ancienne championne cycliste Marion Clignet est très active dans le domaine d'émancipation féminine. Exemple à elle seule d'une volonté farouche d'être la meilleure dans son domaine, Marion, multi médaillée olympique, mondiale, continentale, sur route et sur piste, est une femme attachante. Elle se bat dans sa vie depuis sa prime jeunesse. De son handicap, l'épilepsie...non d'être une femme !,  elle en a fait une force. Une vraie, de celles qui vous portent jusqu'aux sommets. Aujourd'hui retirée du monde sportif en tant qu'athlète de très haut niveau, Marion Clignet œuvre pour faire avancer la recherche sur l'épilepsie mais aussi pour aider les femmes à prendre confiance en elles et ainsi s'émanciper notamment dans le milieu professionnel.

 

Djemila Benhabib

 

Maintenant je veux vous présenter une auteure, essayiste et conférencière: Djemila Benhabib. Cette jeune femme a un parcours unique, la menant de l’Ukraine à l'Algérie jusqu'au Québec. Son combat s'articule autour de la laïcité et du respect des droits des femmes. Pour moi son ouvrage de référence est "ma vie à contre Coran", paru en 2009. Bien qu’écrivaine de nombreux autres ouvrages, plusieurs fois menacée, Djemila Benabib est de tous les combats. Ainsi la rencontrez-vous aussi bien au palais du Luxembourg, pour une conférence qu'au milieu des militants pour une manifestation. Elle allie parfaitement son engagement d'intellectuelle à celui de terrain. En 2016, elle est primée pour son combat humaniste et sa « contribution vitale à la protection et à la promotion de la liberté de pensée et d’expression dans une société démocratique en perpétuel changement », dans le cadre de la seconde édition du Difference Day. Elle reçut le Prix de la liberté d’expression pour l’ensemble de son œuvre. 

 

Laurence Marchand-Taillade

 

En France, voilà plus de six ans, j'ai croisé la route de Laurence Marchand-Taillade. Sur les fronts de la laïcité, de l'égalité homme-femme, plusieurs personnes se sont exprimées et agissent dans notre pays, bien sûr. Pour sa part, Laurence n'a pas hésité à mener de front engagement associatif et combat politique. Mais là où d'autres eussent tout fait pour un poste, quitte à s’asseoir sur leur conscience et leur dires antérieurs, Laurence Marchand-Taillade a assumé ses prises de positions dérangeantes pour certains, normales et en phase avec la loi, celle de 1905 notamment, pour beaucoup....heureusement. Elle a donc créé d'une part Forces Laïques qui fédère à travers tout le pays des bonnes âmes, attirées par son travail de long termes qu'elle a débuté avec l'Observatoire de la laïcité du val d'Oise: l'O.L.V.O. Mais, outre cet engagement associatif, elle livre deux ouvrages depuis l'automne. L'un sous la férule de Georges Bensoussan: en participant activement au travail collectif: "Une France soumise", préfacé par Elisabeth Badinter. Le 9 mars dernier, en tant qu'auteur chez Michalon, elle publiait: "L'urgence laïque". Son combat ne se limite pas à faire interdire tel ou tel voile, mais bien au-delà, à promouvoir l'égalité homme-femme.

 

Ne laissons pas nos filles croire dès le plus jeune âge qu’elles ne valent que par leur apparence (C.Jouanno)

 

 

Chantal Jouanno

 

Comment terminer ce tour d’horizon sans évoquer l’engagement politique ? Elles, elles ne passent certes pas souvent sur les écrans français, mais leur engagement est très louable et l’accès à elles deux est très aisé de par leur personnalité toute aussi affirmée que conviviale : bref des femmes de convictions. La première fut ministre de Nicolas Sarkozy, elle est sénatrice centriste, il s’agit de Chantal Jouanno. Je la rencontrais lors d’un forum, en 2013. Cette ancienne athlète de très bon niveau, karatéka, fut ministre de l’écologie et des sports entre 2009-2012. Elle est conseillère régionale d’ile de France et sénatrice de Paris. Ce déjà beau palmarès pourrait la rendre muette et qu’au prise avec de sombres calculs de cuisine de parti….non ! Loin de cela, Chantal Jouanno s’investit dans le champ de la défense de la femme et de la jeune fille. Signant en 2012 un rapport parlementaire explicite : « Contre l’hypersexualisation, un nouveau combat pour l’égalité », Chantal Jouanno n’hésitait pas à porter son combat dans les médias, résumé par beaucoup à l’interdiction des « mini-miss ». Ainsi elle professait aussi bien : «Ne laissons pas nos filles croire dès le plus jeune âge qu’elles ne valent que par leur apparence. Ne laissons pas l’intérêt commercial l’emporter sur l’intérêt social», qu’une sacrée punchline : «On déguise les petites filles en friandises sexuelles !». Son combat pour la pénalisation des clients de prostitués procédait de la même défense des droits par rapport aux trafics d’êtres humains. Auteure d’un autre rapport sénatorial sur le sujet, en octobre 2013, Chantal Jouanno déclarait sur une radio monégasque: «La prostitution depuis les années 2000 a radicalement changé : c'était auparavant une prostitution de femmes françaises, aujourd'hui c'est une prostitution à 90% de réseaux, avec des femmes étrangères qui ont été victimes de ces réseaux". Bravo !

 

Catherine Lemorton

 

Pour conclure, je veux évoquer une grande dame de la politiqueLa taille importe peu, mais celle du cœur et du cerveau sont inversement proportionnelles à celle écrite sur sa carte d’identité. Catherine Lemorton, pharmacienne toulousaine, est arrivée dans le paysage politique en 2007. Le PS local lui avait permis d’affronter le maire sur la circonscription du centre-ville….qui n’échappait pas au maire depuis 25 à 30 ans. Et là….Catherine Lemorton gagne à la grande surprise…de tous. Bourreau de travail à l’assemblée, elle publie son premier rapport parlementaire qui fera date dans l’année qui suit son élection « la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments », bien vite oublié par la majorité du moment… mais qui refera surface lors du scandale du « Médiator ». Elle fit le choix, dès son entrée à l’assemblée nationale, du mandat unique… alors même qu’une place de choix l’attendait sur la liste du futur maire de Toulouse Pierre Cohen en mars 2008. Son combat n’est pas tant féministe que celui d’une femme exemplaire. Même durant la tempête du quinquennat où, malgré des convictions quelquefois différentes, à la tête de la commission des affaires sociales (deuxième femme à siéger à ce poste), elle ne céda pas à l’appel des frondeurs, par exemple. Ce qu’elle résume par cette phrase : «Je ne lie pas mon engagement au fait d’être une femme mais je le lie à des valeurs comme le féminisme.»

Voilà ces portraits que j’ai souhaité partager avec vous cette semaine. Point de Fillon et ses casseroles, point de Hamon et sa porte-parole L.Slimani aux tweets tristes teintés de rac(ial)isme, point de Le Pen et son refus de se soumettre à la justice de son pays. Juste présenter des femmes courageuses, intelligentes, persévérantes qui permettent de faire durer l’esprit du 8 mars bien au-delà de la seule date !

 

 

 

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