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L'astre mort et le blanchi

La campagne bat son plein. Les protagonistes au nombre de onze sont lancés à fond à moins de trois semaines du premier tour. Mardi 4 avait lieu le blockbuster de ces présidentielles: le grand débat des chaînes d'informations en continue. Aux commandes deux femmes illustrant parfaitement la France dans sa diversité: Ruth Elkrief et Laurence Ferrari. Prouesse technique s'il en est: 17 minutes par participant et des gros prétendants éteints ou presque, et des petits en verve. Ainsi François Asselineau fut tenace et précis en ce qui concerne l'ADN de sa candidature: la sortie de l'Europe. Philippe Poutou fut très bon dans son style: tout en instinct et une réflexion limitée. Son clash avec les prétendants conservateur et fasciste, et sa punchline sur la non "immunité ouvrière" resteront parmi les grands moments de ce grand raout cathodique. Nathalie Arthaud a beau avoir la coupe et la rhétorique de son aînée, elle n'a décidément pas le charisme d'Arlette ! A propos de manque de charisme Benoît Hamon est à sa plénitude. On se moquait voilà dix ans du manque de présence scénique de Ségolène Royal, Benoît Hamon lui excelle même derrière un pupitre ... Bonjour tristesse! Nicolas Dupont-Aignan le nanti des candidats a fait son show pour apparaître crédible dans cette masse informe de petits candidats. Il y a quelque chose de terrible avec cethomme: il se veut homme politique de premier plan comme des acteurs de sitcoms s'imaginent en nouveau Robert de Niro. Bref il y a bien des films de série B, et avec cet homme, on tient un excellent second rôle.
Les frères ennemis de la politique française ont connu diverses fortunes mardi soir. Le calme et la retenue de Jean-Luc Mélenchon lui ont apporté une stature de patriarche, alors que Marine Le Pen semblait perdue ... Elle, si "anti tout", s'est faite manger la laine sur dos durant le débat... jusqu'à se faire claquer le bec par le représentant du NPA. Emmanuel Macron incarne la jeunesse, la bienveillance, et une certaine idée de l'unité nationale. Ainsi cet exercice ne pouvait parfaitement lui convenir. Car de débat il n'y en eut point. Seulement quelques passes d'armes, quelques punchlines. Le dé(com)bat fut tout de même très suivi: entre 6 millions et demi et huit millions de téléspectateurs.

 

Monsieur Ferry, rien ne vous empêchait d'offrir un costume à ce cher Philippe !


Pourtant comme souvent dans cette campagne folle, c'est sur les réseaux sociaux qu'il fallait être avant tout. Car outre les messages de soutiens des supporters, les clashs y sont souvent révélateurs. A noter en particulier le tweet "con-descendant" de Luc Ferry, bien peu philosophe. Il s'en est pris au look très décontracté, certes, de Philippe Poutou. Monsieur Ferry, rien ne vous empêchait d'offrir un costume à ce cher Philippe ! Même un modèle de Kiabi ou de C&A eut suffi. En effet dans votre famille, non de pensée, mais politique le look importe plus que la probité. La philosophie n'est plus ce qu'elle était à droite ... Comme dans tout bon casting on a eu droit aux sentences très "Cantonesques" d'un candidat. A la fois celui qui apporte le plus d'air frais et à la fois celui qui semble parfois avoir abusé du manque d'oxygène de cet air des montagnes. Jean Lassalle, le pyrénéen, est de l'avis même de beaucoup de candidats le plus humaniste. Seul souci, il n'est pas toujours totalement compréhensible. Les Guignols de canal + le présentent avec un encephalogramme plat ...Grave erreur de Parisiens pour qui le béarnais n'est qu'un campagnard égaré. Sacré snobisme jacobin... relayé sur Twitter d'ailleurs.

 



Alors je vous recommande la lecture de la "Divine comédie" de Gael Tchakaloff. Pour toutes celles et tous ceux qui ont loupé les premiers actes de cette tragi-comédie, et malgré tout qui veulent voter les 23 avril et 7 mai prochains, les dernières matinales et émissions médias couplées à la lecture de cet écrit particulier de l'infiltrée de la campagne peuvent être décisifs.

 

PS et Républicains à l'agonie

 
Entre le satellisé Hamon dont l'orbite centrifuge du soleil ( le 7 mai 20h) en fait un astre mort, et Fillon le candidat, enfin blanchi, à la farine (dont il a espéré qu'elle soit française), les deux grandes familles politiques nationales sont en pleine agonie. Faute de carrure, de gueules, de programmes crédiles ou de probité intellectuelle ou financière, ces deux écuries politiciennes sont rejetées par un public citoyen en demande de renouveau. De #NuitDebout à #EnMarche ces deux dernières années ont montré cette volonté de nouveaux échanges plus transversaux, à l'inverse du fonctionnement très hiérarchisé des partis des candidats en perdition précités. Le cas Marine Le Pen étant pour moi à la croisée de ces volontés: entre vieux et neuf. Un chef, une hiérarchie mais des moyens de communications très digitaux ; la fachosphère est très active sur le web. Bref l'avenir politique du monde a beau s'écrire devant nos yeux, avec la décision unilatérale des Etats-Unis de frapper un pays....Quelles seront les répercussions hors mandat international ? De nouveaux attentats ? L'avenir politique franco-français devra passer un vrai examen de conscience: un vrai débat d'idées, et non des motions A B ou C pour les uns et une opération "mains propres" pour les autres. Sinon l'abstentionnisme sera le premier parti de France pour longtemps. Et je ne me résouds pas à imaginer l'avenir de notre beau pays décidé comme un vulgaire casting de télé-réalité. Alors, Emmanuel Macron peut-il incarner cette nouvelle version de la vie politique française ? Je ne me fie jamais aux étoiles mais j'en ai ras le bol de voir des candidats élus depuis 25, 33, 36 ans, ou des apparatchiks nous expliquer qu'ils sont "La" solution ! Un an que certains marchent. Je leur rends hommage. Peu nombreux étaient celles et ceux qui y croyaient. Aujourd'hui, c'est à qui ne se rangera pas derrière le jeune candidat. Les ralliés de dernières minutes  me font sourire.... Les obstinés de la trahison tout autant. Bref le spectacle n'est pas près de stopper. Tant mieux, mes carnets de campagne ont encore de beaux jours !