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France: élections à quatre tours

 

Le score est flatteur. Emmanuel Macron a bien été élu 8 ème président de la Vème République française. Par plus de 66% des exprimés, il a repoussé à 33% Marine Le Pen, que l'on donnait à plus de 40% voilà quelques jours. Pourtant mon dimanche avait mal débuté : la procuration que j'avais faite, attendant au passage plus d'une heure devant le commissariat du 8 ème arrondissement de Paris, au Grand palais, samedi 29 avril, n'est jamais arrivée à ma commune ! En recommandé, même en partant le 2 mai, elle aura mis plus de 4 jours... Bref je suis abstentionniste contre mon gré ! Et cela m'a contrarié fortement ! J'ai toujours voté depuis mes 18 ans. Je n'apprécie donc pas que les services publics ne fonctionnent qu'à moitié dans ce type de moment ! Résidant à Paris pour des semaines, j'avais pensé que ce commissariat serait idoine pour une procédure, si ce n'est accélérée, tout au moins dans les temps. Vous ne pouvez pas imaginer combien j'ai été peiné d'apprendre que je ferai parti contre ma volonté des 25% qui ont refusé de choisir. Après être allé à la salle de sports passer mes nerfs, je suis rentré à pied à travers la capitale. Je ne voulais pas aller au Louvre, donc j'ai écouté la rue peu avant 20 heures.

 

Ce qui attend Emmanuel Macron aujourd'hui est immense et simple à la fois

 

Devant un arrêt de bus, vers 19 h 30, deux mamies ont exulté: "62-64%!"; je me doutais du sujet, et devant mon (premier) sourire (de la journée), elles m'ont dit avoir lu des infos de la RTBF. Puis passant vers la place de Clichy, deux choses m'ont frappé : des clameurs à vingt heures, provenant des immeubles avoisinant, et à la fois un relatif "rien à faire" dans la rue et les cafés encore ouverts. Comme si rien de spécial n'était arrivé ce dimanche ... Pourtant à lire les premières estimations sur mon smartphone, l'écart paraissait plus important qu'annoncé par le média belge. Ça avait l'air encourageant ... surtout que passaient devant moi quelqies voitures klaxonnant avec des passagers heureux et hilares! 65%. Oui mais peut être en trompe-l'oeil ? En partie. Les nouvelles tombaient: 11 millions de bulletins ont été pour Marine Le Pen, là où 4 millions l'étaient en 2002 et 7,5 au premier tour, le 23 avril. Trompe l'oeil ? Le discours de la perdante annonçait que le FN (se "normalisant" en façade) va "changer profondément"; pour conquérir plus avec en ligne de mire 2020 puis 2022. Trompe l'oeil enfin car malgré le score d'Emmanuel Macron, cette victoire d'un centre rajeuni n'a pas encore de majorité au parlement et que la vague qui suit traditionnellement l'élection du président, lors des élections législatives, pourrait ne pas avoir lieu. Cette élection présidentielle vient de montrer que les codes des scénarios classiques n'avaient plus court, le résultat des prochaines échéances sont ainsi aléatoires. Le FN voulait-il vraiment le pouvoir cette fois ? J'en doute fort. Le "suicide médiatique" du débat d'entre deux tours et l'annonce immédiate de refonte du FN, combinés à de tristes fake-news news relayées maladroitement me laissent pensif. Tout porte à croire qu'ils preparent le coup d'après. Non pas dans un mois, dans cinq ans! Des digues ont enfin sauté pour eux. De Guaino à Wauquiez, de Morano à Boutin jusqu'au mouvement Debout la France, enfin des alliés pour la famille Le Pen ! Peu, pas suffisants, certes, mais des premiers pas vers cette normalisation tant voulue et le pouvoir tant espéré. Alors quoi retenir de cette victoire du candidat En Marche ? Le verre à 2/3 plein et 1/3 vide. Le tiers vide on vient de l'évoquer avec le FN qui concrétise son enracinement. Le tiers vide aussi avec l'émergence de forces à gauche de la gauche qui semblent dénuées d'un certain sens de la mesure. Les consultations de juin vont être au moins aussi acharnées. Les deux tiers pleins peuvent être attribués aux deux premiers changements: la jeunesse du président tant personnelle que politicienne; la mise au placard des deux principaux acteurs de la vie politique française depuis quarante ans quelque soit leurs noms. Le verre à deux tiers plein encore grâce à un futur vrai renouvellement du parlement national. Cette élection présidentielle marque un tournant dans notre vie démocratique. Son résultat est le dernier fruit très mûr du mécontentement du peuple après son cocufiage post 2005, et l'adoption au final du traité de Lisbonne en 2008. Alors ce qui attend Emmanuel Macron aujourd'hui est immense et simple à la fois. Réussir sur quatre, cinq plans en particulier sera sa feuille de route. D'une part moraliser la vie politique. Les législatives comme la constitution du gouvernement seront, à ce titre, très importantes. D'autre part, la simplification fiscale et d'entreprendre de même que l'amélioration du service public avec, à la clé, une baisse significative du chômage seront les clefs du succès de ce quinquennat. Nul doute que les FN ou Les Insoumis seront à la pointe de la contestation avant même toute décision, tel François Ruffin qui écrivait entre les deux tours, déjà, sa détestation du nouveau président, dans une chronique parue dans le Monde, ne lui laissant même pas 24h de répit. L'Europe et son moteur franco-allemand délesté de la Grande-Bretagne doit connaître un nouvel élan. Entre Trump et Poutine, le continent doit enfin agir de façon coordonnée ! Enfin, il va s'agir de mener le mouvement En Marche vers d'autres conquêtes électorales, en essayant de ne pas reproduire les erreurs des autres partis, et sur ce sujet en particulier, le dernier venu sur l'échiquier politique sera attendu, scruté, analysé. Toute avancée, toute structuration sera décortiquée par les médias et tous les partis politiques, en particulier les deux vieux qu' En Marche a remisé au musée des vieilleries après le 23 avril. Ceux-ci comptent bien faire savoir qu'à défaut d'idées nouvelles à promouvoir, ils ne sont pas morts. A l'heure du numérique, si des procurations ne parviennent pas à bon port en huit jours, il faudra surveiller les mouvements "sociaux" sur les réseaux du même nom. Après tout, la loi El Komhri a bien été combattue en premier via une pétition en ligne. Mais à l'avenir, je crains voir fleurir manipulations et fake news, pour déstabiliser et jeter l'opprobre sur quiconque ... Ce défi immense je suis heureux que ce ne soit pas une PME familiale au passé et present trouble qui le mène pour mon pays. Cela n'empêche que pour réussir, il va falloir aux marcheurs encore un mois d'endurance, et surmonter les déceptions pour certain(e)s qui ne seront pas retenu(e)s pour concourir en juin. En face, sans savoir pourquoi si ce n'est des préjugés, toute une opposition se veut contre la constitution d'une majorité de projet autour d'un président nouveau et nouvellement élu. Soyons sérieux et ne renouvelons pas les expériences de 1986 et 1993 qui ont conduit à de l'immobilisme politique durant deux fois deux ans. Dans notre actualité, cinq ans ainsi seraient assez désagréables et dérouleraient demain le tapis rouge aux perdants d'aujourd'hui ! En ce 8 mai, tout particulièrement, cela me parle !