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Ça y est, on y est enfin !

 

D'habitude le dimanche soir du second tour des élections, nous avons droit aux traditionnels "nous avons gagné", en clair personne n'a perdu. Pourtant cette fois-ci ce fut plus difficile pour les uns et les autres de tenir ces discours. Avons-nous eu, pour autant, plus de lucidité ? D'honnêteté intellectuelle ? Non ! De Cambadelis à Mélenchon, jusqu'au Front National, le même discours faux et fallacieux. Pour les uns, dans l'eternel crépuscule de leur lente agonie, un manque évident de mémoire. En 2012 François Hollande avait plus de pouvoir : majorité à l'assemblée nationale, au sénat, vingt sur vingt deux régions et beaucoup de départements et communes. Mais c'est déjà bien loin ... cinq ans. Mélenchon enfin élu sur le sol français au scrutin uninominal en quarante ans de carrière et autant de tâtonnements territoriaux, s'est cru autorisé à remettre en cause la majorité parlementaire compte tenu de la faible participation. Même type de raisonnement chez les nationalistes. Pour autant aucun des populistes n'a remis en cause l'élection de leur dix-sept et huit députés. Bizarre: la légitimité issue même faiblement des urnes est la même pour tous, non ? Bref, la remise en cause c'est pour plus tard. Surtout ne changeons rien... on ne sait jamais les électeurs apprécieraient. Certes la majorité, Emmanuel Macron l'a à l'assemblée nationale. Si la vague est conséquente, l'analyse des chiffres est un chouia plus cruelle. Avec 43% de participation, être élu avec 51% des suffrages exprimés ne donne au final qu'un vote d'adhésion d'un peu plus de deux électeurs sur dix...Oui, le dégagisme a été le moteur des votants. Oui, les vieux partis, leurs modes de fonctionnement, si ce n'est les manigances, ont reçu un "non negatif!". Mais il n'est pas prouvé que "En Marche" soit durablement le mouvement de recours politique. Il est à l'essai.

Mélenchon va s'opposer à tout. Etonnant, non ?

Les premières décisions politiques issues de cette assemblée et gouvernement hétéroclites vont vite éclairer. Pour moi, la moralisation de la vie politique française va être le fer de lance. Les décisions économiques le second pilier. Louper, même de peu ces deux étapes, signera très vite, même avant les municipales, l'arrêt de mort de ce mouvement enclenché. L'assemblée nationale a beau être renouvelée à 75% , féminisée comme jamais aucun parti n'a su le faire, les citoyens attendent de l'intransigeance face à quelque débordement que ce soit de tout élu. Et à ce niveau, "En Marche" a déjà du pain sur la planche. De Ferrand à Bayrou ou Vignon, déjà des dossiers sur l'honnêteté des députés ou ministres sont à l'ordre du jour. Et on ne pourra nous jouer du pipeau sur d'éventuels problèmes pour exclure, tant la majorité est large, et se passer de dix ou quinze indélicats ne porterait préjudice. Ce jeune mouvement va muer en parti cet l'été. Comment vont être désignés les cadres du néo parti ? Pendant ce temps le néo marseillais est allé droit au but. Il va s'opposer à tout. Étonnant, non ? Suppléé en cela par François Ruffin, journaliste-réalisateur, nouveau député aussi. Des tribuns pour la tribune. Au Front national, Marion est partie, Marine et Louis arrivent. La PME familiale continue de prospérer. Entourés de Gilbert Collard et cinq autres, ils ne pourront créer un groupe parlementaire, mais quadruple leur score de 2012. Pour une assemblée si monobloc, on repassera. Au final, toutes les sensibilités sont représentées. Ceux qui prennent "cher" ce sont les socialistes. Vingt-neuf sièges...quasi dix fois moins qu'en 2012. Pourtant ils étaient rompus aux joutes communicationnelles les poupons ou ex poupons de la FIDEL, l'UNEF voire la MNEF, et du MJS évidemment. Malgré cette période d'incubation, ils n'ont eu de cesse que de brouiller image, discours et engagement. Là où la droite avait réussi ses primaires, le PS les a enterré. Soit par un décompte approximatif au premier tour, soit par un non respect des résultats. Cet exercice raté a fini de rendre la gauche de gouvernement inaudible et sans saveur. Le PS est mort. Il l'était au nord il l'est presque dans le sud ouest. Il était vérolé dans le sud-est...le dégagisme a agi. Donc cinq ans pour agir. Cinq ans pour redonner un certain goût de s'aimer à la France. Voilà ce que veulent les marcheurs. "Un hôpital, une école, un stade ce n'est nI de gauche ni de droite" disent-ils. Et ils ont raison. Dans les intercommunalités, c'est bien cet esprit qui domine. Et qui à mon sens permet aujourd'hui l'émergence d'un mouvement politique transversal. Attention pas monolithique ! Transversal ai-je écrit ! Bayrou l'avait rêvé, Macron le réalise. Dix ans après. Une crise économique et sociale en cours. Cinq ans pour redonner confiance non dans la politique mais dans les politiques élu(e)s. Ambitieux...très ambitieux. Trop ? A la différence des déclinistes et autres populistes qui flattent soit les bas instincts soit abêtissent la foule grâce à des effets oratoires creux et utopiques, faire aimer notre pays n'a rien de nationaliste. Être constructif n'a rien de régressif. Par contre, ce vautrer dans une posture "d'opposition systématique" pour faire tourner sa boutique, attirera certes toujours un public en rupture, mais ne sera jamais assez efficient pour un pays de soixante millions de citoyens. Le palais Bourbon a bien connu des joutes oratoires entre tribuns de renom, cependant les actes seront plus scrutés désormais. A moins que la communication virale si bien employée par les populistes de tous bords ne servent de chambre d'écho très forte. Les politiques ne sont pas aimés. Les journalistes non plus. Tous les codes électoraux ont été cassé. Le journalisme risque tout autant durant ce mandat. Le pragmatisme et la probité pour les uns, le virage numérique et être innovant pour les autres sont des aspects du changement dont ce quinquennat sera comptable. Pour autant, si la politique est partout même jusqu'au choix du prix de la baguette de pain, elle passe aussi par l'engagement associatif. Et pour finir cet éditorial, je veux rendre hommage à un de ces acteurs, comme il en existe tant en France. Il était humain, honnête, fort et tendre à la fois. Il ne faisait pas de politique partisane. Mais sa vie était politique. Il a amené bon nombre de gens à se motiver, découvrir le rugby, s'entraîner, jouer et se dépasser. Des petits aux seniors il a encadré quasi toutes les catégories dans un club. Il était rugby. Il vivait rugby. Il est parti trop tôt..dimanche, fête des pères. JP, son surnom, était citoyen. Il éduquait à son sport, ses valeurs et sa joie de vivre. La vie est bien cruelle. Cet humble humaniste, immensément talentueux, à été rappelé... Ce dimanche soir, me livrer à l'analyse des résultats me paraissait dérisoire. Show must go on, c'est vrai. Justement, c'est en pensant aux nombreux JP que je me suis dit qu'il ne fallait pas manquer la transparence promise en mai, sans quoi, plus que nous tromper, ce serait manquer de respect à toutes celles et ceux qui œuvrent dans l'ombre pour que la vie commune sociale dans ce pays se déroule parfaitement...et qui parfois, comme JP, n'ont pas même la chance d'en profiter. Il avait 49 ans seulement ! Au revoir grand homme.