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Quelques remarques sur le marché des « valeurs » politiques

 

«Il n'y aura pas de victoire sans que les millions d'électeurs qui se sentent proches du centre, sans que les idées, les valeurs qu'il porte et que nous pouvons représenter, soient prises en compte», cette phrase est du patron de l'UDI. Il l'a prononcée ce matin, et aurait pu l'être par un autre dirigeant d'un autre parti persuadé de porter, d'incarner, comme lui, des valeurs, au demeurant jamais clairement définies. « Défendons nos valeurs ! », « Revenons à nos valeurs ! », « Les valeurs de la démocratie, celles de l'école, de l'Europe...», de la "République" etc. fleurissent, en effet, dans les discours et les professions de foi qui envahissent la scène politique, surtout à la veille d'importantes échéances électorales. Un recours d’autant plus commun que les crises de toute nature qui affectent notre société ne peuvent plus être contestées. Ainsi la valeur prend le rang de règle fondamentale, de loi morale a-historique  à laquelle on peut toujours avoir recours. Un contresens, comme le fait remarquer J.L Marion, car une valeur dépend toujours d’une évaluation, et donc d’un évaluateur.

Les crises de toute nature qui affectent notre société ne peuvent plus être contestées

 Je le cite! "Dans la plupart de ses emplois modernes, la valeur tire son sens d’une valorisation, d’une appréciation : la valeur d’une action en Bourse dépend du nombre d’acheteurs réels ou potentiels rapporté au nombre de vendeurs potentiels ou réels – ce qui reproduit le mécanisme de la valeur des produits sur tout marché. Ce modèle économique, en fait financier, de la valeur ne se développe dans de nouveaux domaines (l’art, les œuvres de l’esprit, mais aussi le travail salarié, les systèmes de protection, la santé, l’éducation, l’image de marque dans l’opinion publique, etc.) qu’à la mesure de l’interprétation de ces domaines selon le système du marché, selon les lois de l’offre et de la demande, selon le qu'en-dira-t-on électronique. Notre époque tend à généraliser cette interprétation et l’extension du marché, même aux domaines jusqu’alors non inclus dans l’économie et dans l’échange (le travail non salarié, les relations familiales, etc.), en recule les limites." Dès lors, les croyances, les opinions et même les idéologies peuvent, par analogie, devenir des valeurs. Qui nierait le fait, qu'il y a bien un marché des croyances et des opinions que soutient la demande de certains groupes. Chacun vantant ses valeurs, son combat, pour tenter de les imposer comme valeurs dominantes. La victoire d’une valeur apparaît donc comme celle des croyances et des opinions d’une force politique et idéologique, qu’elle n’a aucune validité en elle-même. La liberté, la fraternité, l'égalité , voire la démocratie ne peuvent donc être ravalées au rang de sous-produit de "la volonté de puissance". Elles s'imposent par leur seule force interne. Et c'est parce qu'elles nous soutiennent que nous les honorons...


 

*Billet inspiré par la récente lecture de J.L Marion