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Pourquoi je ne crois pas à une sélection « éthique » en mai 2017 !

À lire et écouter certains commentateurs, je me demande si l’on vit dans le même monde. Ils semblent en effet découvrir que la violence et les affaires « pourrissent » la vie politique, délégitiment leurs acteurs et, conséquemment, mettent en danger la République et ses institutions. Comme si les cinq qui ont précédé celle ouverte par l’actuelle Constitution n’avaient jamais été souillés par des conflits d’intérêts, des emplois fictifs familiaux, des financements occultes, des cadeaux d’amis, des costumes, des « voyages culturels », etc.Il suffit de lire nos grands classiques : Maupassant et son « Bel Ami », par exemple, pour en comprendre, mieux que dans des essais politiques contemporains, – mal écrits souvent –, les ressorts psychologiques, sociaux et politiques. Ces liaisons dangereuses où se croisent financiers, politiques et journalistes, ont toujours existé, en effet. Ce petit rappel, non pour minorer la gravité des affaires en cours, en pleine campagne présidentielle, ni pour contester le rôle des médias dans leur exploitation quotidienne, ou pour négliger leur impact sur l’opinion que se font les Français de leur classe politique, mais pour signaler un phénomène malheureusement constant dans la longue histoire de notre pays. Sans remonter très loin dans le passé, curieusement tout le monde semble déjà avoir oublié qu’elles « tombaient » quasiment tous les jours sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy , – et après jusqu’à son élimination lors des primaires de cette année. Depuis sa défaite, d’ailleurs, il n’intéresse médiatiquement et judiciairement plus personne !

 

Les personnalités en compétition dans cette présidentielle, prises la main dans le sac des affaires, ne semblent pas trop souffrir de leur mise en cause permanente

 

Quant au quinquennat de François Hollande, qu’il voulait exemplaire, qui se souvient encore qu’il a commencé par un ministre du Budget détenteur de comptes en Suisse, pour se terminer – je m’avance peut-être un peu ! – par un Ministre de l’Intérieur épinglé pour avoir salarié ses filles adolescentes afin d’assister, en CDD, leur parlementaire de père… J’observe au passage qu’il reçoit les félicitations de « tous », ou presque pour avoir illico démissionné ! Tout juste même s’il n’est pas présenté comme un modèle de probité républicaine. Un comble ! Contrairement à un Fillon qui, lui, persévérerait toujours dans son être, immoral… Là encore, rien de nouveau ! Je constate enfin que , paradoxalement, et contrairement à ce qui est rabâché quotidiennement, les personnalités en compétition dans cette présidentielle, prises la main dans le sac des affaires, ne semblent pas trop souffrir de leur mise en cause permanente, et publique. La candidate du Front National la première qui, dans les sondages, est assurée d’être au second tour, tandis que le coeur de l’électorat de François Fillon lui fait toujours, sans être dupe pour autant, confiance. Tout se passe donc comme si l’opinion était partagée entre un désir de transparence et de moralisation de notre vie politique et la certitude cependant qu’elle ne pourra jamais être faite par des "saints"… Je ne crois donc pas à une sélection « éthique »¹ en mai 2017 ! Si, aujourd’hui, Le Pen et Macron, sont les plus probables candidats capables de figurer au second tour, c’est pour des raisons de fond, et politiques : le rejet des deux grands partis dits de gouvernement, autour desquels se sont constitués jusqu’ici des majorités parlementaires (et la fin du bipartisme !). À tort ou à raison, les Français veulent voir une nouvelle offre politique se structurer autour de nouveaux dirigeants. L’explosion de la Droite républicaine et du Ps est donc programmée après les législatives … Qu’en sortira-t-il, dans un contexte marqué par un bilan économique et financier difficile et une situation politique des plus instables ? Là est la question ! On comprend que cet horizon rende les électeurs fébriles, hésitant… et anxieux !