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Qu’est-ce que la politique ?

Pour ce premier édito, une question s’impose : Qu’est-ce que la politique ? Mais déjà, une difficulté apparaît, car cette question en cache deux. La première relève de l’actualité et de l’histoire : en quoi consiste réellement l’activité politique, que ce soit aujourd’hui ou dans le passé ? La deuxième est philosophique : en quoi devrait consister l’activité politique ? Les réponses à ces deux questions pourraient bien ne pas être les mêmes… La première semble admettre des réponses variées selon le lieu et l’époque : qu’ont en commun la politique au sein d’une tribu d’Amazonie et celle de l’empire napoléonien ? Si l’on cherche leur plus grand dénominateur commun, on peut dire que la politique est l’ensemble des décisions et des actions par lesquelles des êtres humains prennent en charge l’organisation de la vie collective, notamment par la mise en place de lois instituant des droits, des obligations et des interdictions. Cette définition s’applique aussi bien à la politique de Périclès qu’à celles de Staline ou de François Hollande ; elle vaut aussi pour les sociétés tribales. Car s’il existe des sociétés sans pouvoir politique (par exemple celle des Bushmen du Kalahari), nous ne connaissons en revanche aucune société humaine sans règles collectives censées garantir un certain ordre social. Il importe alors de déterminer si cet ordre social est favorable à tous les membres de la société ou seulement à certains. Pour Marx, la réponse ne fait aucun doute, notamment au sein des sociétés industrielles : « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière », écrit-il dans le Manifeste du Parti communiste. 

Un instrument d'exploitation

Pour lui, la politique telle qu’elle existe est avant tout un instrument de domination et d’exploitation. Quoi qu’on en pense, Marx a au moins le mérite de poser clairement la question de la légitimité de l’action politique. Cela nous amène naturellement à la deuxième question : en quoi devrait consister l’activité politique ? La conception dite « républicaine » soutient que c’est l’intérêt général qui doit être la finalité : ainsi Rousseau écrit-il dans le Contrat social  que « c’est uniquement sur cet intérêt commun que la société doit être gouvernée ». Le problème est alors non seulement de savoir en quoi consiste l’intérêt général - que nous avons souvent du mal à distinguer de nos intérêts particuliers - mais aussi de garantir que c’est bien lui qui est la seule préoccupation de ceux qui font la politique (ce que contestent aujourd’hui, après Marx hier, des mouvements comme Nuit debout ou les Indignés). Se posent alors de nouvelles questions : la politique doit-elle être un métier réservé à quelques-uns ou devrait-elle être l’affaire de tous ? Autrement dit, qui sont les plus à même de définir et de satisfaire l’intérêt général ? C’est la légitimité de nos régimes politiques qu’il faut interroger, notamment en période électorale : nous admettons peut-être trop rapidement le principe selon lequel les formes contemporaines de la démocratie garantissent à nos sociétés d’être gouvernées selon l’intérêt général.