Retrouvez Polic Région sur Facebook Retrouvez Polic Région sur Twitter Retrouvez Polic Région sur google + Retrouvez Polic Région sur Flickr Retrouvez Polic Région sur Youtube

La droite occitane commence à se diviser : Analyse
Haute-Garonne / Législatives, le grand flou
Faisons connaissance Mr Méric ! Portrait d'un "atypique libre"
Gilles Verdez publie un brûlot politique. Interview
L'Occitanie ... En marche ? Enquête de PR

Qu’est-ce que la démocratie ?

La question « qu’est-ce que la démocratie ? » se limitera ici à la démocratie indirecte, représentative, dans laquelle le « peuple » (dêmos) est supposé exercer la puissance (kratos) politique de manière indirecte, par le biais de ses représentants. C’est notamment cette notion de représentation politique, pierre angulaire des démocraties modernes, qui sera ici interrogée. Un constat : les députés français élus en 2012 sont à 81,5 % des cadres ou des personnes exerçant des professions intellectuelles dites supérieures, catégorie qui ne constitue que 16,7 % de la population active. Inversement les employés, qui forment 28,9 % de cette population, ne sont que 2,6 % parmi les députés. Or une véritable représentation du peuple ne devrait-elle pas impliquer des députés représentatifs du peuple, donc majoritairement issus des classes justement nommées « populaires » ? La surreprésentation des classes sociales favorisées ne suffit-elle pas à délégitimer cette « représentation » ? L’intérêt général peut-il être la préoccupation de tels représentants ? Quant aux députéEs, elles ne sont que 26,9 %. Là aussi, on peut douter de la représentativité de nos représentants…

La complexité de nos sociétés

Le 25 mars 1871, la veille des élections municipales organisées au début de la Commune de Paris, le Comité central de la garde nationale publia un appel adressé aux « citoyens » qui va dans ce sens : « Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne considèrent que leurs propres intérêts […]. Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. […] Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; […] c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. » Dans le Contrat social, Rousseau va beaucoup plus loin : il estime qu’« à l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre ; il n’est plus ». Selon lui, la représentation politique est le signe que le peuple a renoncé à se préoccuper lui-même de l’intérêt général. Les défenseurs de la démocratie représentative lui répondent généralement que la politique doit être un métier, car la complexité de nos sociétés, de l’économie, de la géopolitique, et donc des décisions politiques, exigent des compétences qui ne peuvent pas être celles du boulanger ou du chimiste. C’est pourquoi il est légitime, selon certains, que le Traité constitutionnel européen, rejeté en 2005 par référendum, ait été, après quelques modifications mineures, adopté par les représentants du peuple trois ans plus tard sous le nom de Traité de Lisbonne…

Il faut alors poser sans détour la question : le peuple a-t-il la capacité de se gouverner lui-même ? Si oui, ses représentants doivent être eux-mêmes issus du peuple, et en être représentatifs. Sinon, qu’on cesse de parler de démocratie et qu’on reconnaisse que nos soi-disant démocraties sont en fait des oligarchies électives.