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Liberté, libertés

La faculté d’oubli ou de déni des sociétés, et donc aussi de la nôtre, est immense. Entre la mémoire et l’Histoire, elles choisissent la mémoire, sans doute plus valorisante car sélective. Sous la Troisième République, les manuels d’Histoire, en particulier « le petit Lavisse » et ses héritiers, acclimatèrent l’idée que nos ancêtres communs étaient les Gaulois au moment où la France devenait un pays d’immigration. Elle accueillit, pour trouver la main-d’œuvre nécessaire à son industrialisation, travailleurs allemands, italiens, espagnols puis, dans l’entre-deux-guerres, et conformément à la mission qu’elle s’était elle-même confiée, des vagues de réfugiés persécutés dans leurs pays  : Arméniens, Juifs d’Allemagne et d’Europe centrale, républicains espagnols… Elle a oublié la violence des débats – le massacre d’ouvriers italiens sur les salins d’Aigues-Mortes en 1893 en fait foi - et les lenteurs de l’intégration pour ne retenir que l’idée de « patrie des Droits de l’Homme », aujourd’hui mise à mal. Notre société a aussi oublié qu’elle pratiqua l’unité de croyance et que la liberté de conscience est un des acquis de 1789. Avant que le peuple n’accède au statut de souverain – « le peuple souverain » – et ne prenne ainsi la place du monarque, celui-ci, « lieutenant de Dieu sur terre », du moins si l’on en croit Bossuet, s’institua garant de l’unité de croyance… et le protestant Calas fut roué à Toulouse en 1762 ! Mais la monarchie dût finalement en rabattre et, en 1787, l’édit dit « de tolérance » accorda aux religionnaires un espace juridique a minima. Aussi suis-je toujours réticent lorsque cette idée de tolérance, pourtant si magnifiquement défendue par Voltaire, est mise en avant à mauvais escient. Il ne s’agit que d’un acte monarchique, concédé par la volonté d’un seul, tellement différent de la liberté, qu’elle soit de conscience ou d’expression.

La liberté de conscience est un des acquis de 1789

Bien entendu, je conçois que des tensions puissent exister entre des valeurs qui sont devenues, par une lente et difficile conquête, celles de la République. La liberté de conscience concerne aussi bien la liberté des croyants que celle des athées. Mais cette liberté qui suppose l’adhésion des individus, ne saurait déterminer un mode de vie fixé par des « vérités » révélées ou des traditions imposées. Dans une société du « vouloir vivre ensemble », puisqu’il s’agit d’un objectif, une Eglise - le terme suppose une organisation - ou une religion, ne saurait prescrire des règles qui, « justifiées » par une transcendance en fait non partagée, influeraient sur le mode de vie de la société tout entière. Liberté de croyance et liberté d’expression, parfois perçues comme antinomiques, constituent de fait les deux aspects de la même réalité.