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Identité, quelle identité ?

Je suis las du discours idéologique sur l’identité, sans connexion avec le réel, ou avec un réel fantasmé. En 1882, pardonnez ce retour en arrière, Renan, dans une conférence célèbre, « Qu’est-ce qu’une nation », apporta la seule réponse possible. La nation est un vouloir-vivre ensemble, un plébiscite de tous les jours. Il parlait dans un contexte aujourd’hui dépassé : une décennie auparavant, l’Allemagne avait annexé l ‘Alsace et le nord de la Lorraine en vertu du traité de Francfort de 1871. Renan avait auparavant argumenté en expliquant que l’Alsace, indépendamment de la langue – les parlers alémaniques – ou des pseudos origines ethniques des habitants était française par le sentiment national. Non depuis l’annexion de Strasbourg par Louis XIV, mais depuis la Révolution. C’est à Strasbourg que pour la première fois on chanta La Marseillaise. C’était aussi le moment où la loi de 1889 forgeait le droit du sol. La France qui se concevait comme un vieux pays gaulois devenait en fait un pays d’immigration. Face à une industrialisation progressive par diffusion lente, et à une paysannerie nombreuse protégée des blés étrangers par des mesures protectionnistes, la démographie française connaissait des années de « dépopulation ».

 

La nation est un vouloir-vivre ensemble 

 

Pourtant, une classe ouvrière émergeait par l’arrivée de Belges, d’Allemands puis surtout d’Italiens. Par le travail, par le mariage et par l’école, des processus mesurables à l’aune du temps des sociétés plus que des individus, l’intégration était en marche au-delà des débats, des conflits, des affrontements, des drames. Les nationalistes s’en inquiétaient, autour surtout de Maurice Barrès qui publia une série d’articles intitulés « Contre les étrangers. » Il faisait référence à la voix du sang et à l’instinct du terroir. Puis, dans d’autres écrits, il poursuivait : « Le nom de la France pourrait bien survivre et même garder une certaine importance dans le monde ; le caractère spécial de notre pays serait cependant détruit …» Des arguments repris aujourd’hui à l’identique par les promoteurs et défenseurs de la thèse du grand remplacement. Étonnante analogie. Les ratés de l’intégration, les difficultés des quartiers dits sensibles, les discriminations suscitées par les origines visibles ou les patronymes ont pu troubler le modèle républicain d’intégration. Il n’en demeure pas moins que Renan, dans un autre contexte, a apporté à Barrès et à ses héritiers modernes la réponse aux questions sur l’identité. La nation française, n’est pas, n’a jamais été une sorte d’être immuable, une donnée de toute éternité. Elle est sortie de « la grande chaudière de l’histoire ». Ce qui ne nie pas une culture et un passé communs, fussent-il conflictuels, ni une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections et de projets.