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Nom de code : ESS 2017

L’économie sociale et solidaire n’est pas une simple réponse à la montée en puissance d’une société de pauvreté généralisée et de violence omniprésente avec d’un côté des faibles et de l’autre une élite. C’est une nouvelle économie qui cherche à concilier solidarité, performance économique et utilité sociale, une véritable alternative au néolibéralisme qui a limité l’économie à une performance économique gérée par des lois soi-disant intangibles qui ont fait disparaitre l’éthique. Les spéculateurs adorent l’idée de transformer les rapports entre êtres humains en rapports entre marchandises et exhorter les citoyens à penser qu’ils doivent abandonner l’idée de maîtriser leur destin. Certains voudraient même faire croire que l’économie est une fatalité, comme la météo. Je délocalise, j’optimise, je spécule, parce que c’est comme ça, il n’y a pas d’autres choix. C’est faux, l’économie est un choix, notamment du citoyen à reprendre sa vie en main pour construire une économie du futur qui engendrera une société plus équitable, un management plus responsable et une gouvernance plus démocratique. Cette démocratisation de l’économie fait de plus en plus consensus pour faire face aux effets dévastateurs d’une mondialisation prédatrice en termes sociaux, humains et écologiques. C’est un enjeu fondamental présent sur les cinq continents, du Canada au Cameroun en passant par Séoul ou une zone d’économie sociale réunira une centaine d’entrepreneurs d’ici 2020. Du côté des institutions, la Banque mondiale s’y intéresse, l’ONU élabore un guide international de la législation de l’ESS et des dirigeants de l’économie sociale du monde entier préfigure l’avenir aux rencontres internationales du Mont Blanc, pendant que d’autres se réunissent au Forum mondial de l’économie sociale à Montréal.

Transformer les rapports entre êtres humains en rapports entre marchandises

C’est un réseau mondial qui est en train de s’ancrer solidement sur le territoire national, régional et local. L’on assiste aujourd’hui dans la région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées à l’émergence d’une nouvelle dynamique de l’économie sociale issue d’initiatives de citoyens, d’actions d’associations, de projets d’entreprises, d’innovations de start-up, du soutien de collectivités territoriales, de banques ou encore de mutuelles. Une évolution du nombre des acteurs que l’on doit en partie à la loi relative à l’ESS du 31 juillet 2014 qui a été pour beaucoup une avancée significative. Au vu de l’engagement de ses acteurs, des valeurs qu’elle porte et surtout des réussites qui sont les siennes, l’économie sociale est moins légitime par ses statuts que par sa capacité à innover. Ce n’est pas une économie assistée, c’est un monde créatif en train d’inventer des réponses à des problématiques économiques et sociales auxquels ne répondent plus les marchés et les états. Nous rentrons dans une période de transition et vivons une rupture dans notre façon de faire les choses, une discontinuité par rapport aux solutions généralement proposées. C’est un univers en ébullition qui pour réussir doit accepter de se tromper, de faire des erreurs, de considérer l’illusion comme un moteur de l’action. Pour cela nous allons devoir réfléchir et travailler ensemble, sans exclure personne pour apprendre à en saisir toute la diversité et les potentialités et éviter d’enfermer l’économie sociale dans une sorte de ghetto qui la limiterait dans ses champs d’actions. L’économie sociale et solidaire que les initiés appellent ESS est malheureusement méconnue du grand public même si certains la pratiquent sans le savoir. Pour passer d’une économie financière à une économie sociale et solidaire il va falloir être performant sur tous les fronts. Sensibiliser tout le monde, les jeunes, les retraités, les chefs d’entreprises…et les politiques à l’image d’élus de plus en plus nombreux qui décrivent l’ESS comme un élément indispensable à la réussite de l’implication des citoyens dans les affaires.

Le moment est venu de communiquer plus largement via des portails d’informations ou des médias pour que l’économie sociale et solidaire soit mieux connue et comprise du grand public. C’est en la médiatisant et en mettant en avant ce qu’elle réalise que nous pourrons concevoir ensemble un modèle de développement pour les décennies à venir.

Pour cela, il va quand même falloir faire avec tous les cyniques engoncés dans leurs certitudes, et prêts à tout pour profiter jusqu’au bout d’un système finissant. À tous ceux-là, je leur dédie, ces quelques phrases.

« Le feu prit un jour dans les coulisses d’un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On crût à un mot plaisant et l’on applaudit. Il répéta, les applaudissements redoublèrent. C’est ainsi je pense que le monde périra dans l’allégresse générale des gens spirituels. Persuadés qu’il s’agit d’une plaisanterie »

S.KIERKEGAARD