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Bourgs ruraux : silence, on meurt…

« Fermé, à vendre, cessation d’activité… » Partout la même litanie de panneaux, comme autant d’oraisons funèbres de ces villages de France en proie à une inexorable agonie. A mesure que les métropoles se renforcent, attirant toujours plus d’habitants, la déprise des bourgs ruraux s’intensifie dans l’indifférence générale. Un drame qui se joue sous nos yeux, pour peu qu’on concède un peu de temps à lever les yeux de Twitter et de Facebook, pour prendre son vélo ou sa voiture et atteindre ces villages qui se meurent, souvent à quelques dizaines de kilomètres seulement de Toulouse ou de Montpellier. Ici, c’est une auberge qui a éteint ses fourneaux, une menuiserie qui ne tournera plus le bois ; là un garage qui n’injectera plus quelques milliers de kilomètres supplémentaires de vie dans une voiture à bout de souffle, une boulangerie qui ne cuira plus les miches. Et toujours, cette cohorte sombre et muette d’immeubles ou de maisons de villages livrée aux ravages de la décrépitude.

« Foin des villages d’antan, du passé faisons table rase ! »

Nostalgie de la France des historiens Jules Michelet et Georges Duby, chantres de la ruralité, du cinéaste Jacques Tati ou du romancier Christian Signol et de ses compères de l’école de Brive ? Peut-être. Le sujet n’est pas très glamour, convenons-en. Et tellement anachronique ! C’est que les crânes d’œufs de l’aménagement du territoire n’ont pas manqué de nous expliquer, rapport après rapport et depuis des décennies, souvent avec des termes très compliqués compris d’eux seuls, que le salut de notre pays passait par les métropoles. « Foin des villages d’antan, du passé faisons table rase ! » Ces reliques n’étaient plus bonnes qu’à remiser sur les étagères poussiéreuses de l’armoire bancale des souvenirs, celle d’une France révolue à jamais, modernisme oblige. Au risque de paraître nostalgique, voire, disons-le, ringard, le dépérissement de cette France-là, est une tragédie. Autant pour la nation elle-même que pour les millions de citoyens qui s’accrochent à leurs vieilles pierres et à la convivialité qu’elles exhalent encore. Avec cette mort annoncée, c’est bien une part majeure de notre identité qui s’effondre. Celle d’une France rurale où l’on pratiquait sans le savoir « le vivre ensemble » et le « faire société », si chers aux « bobos » de nos grandes villes.

N’épiloguons pas sur les raisons de cette déchéance 

Quand, au XIXème siècle, nos voisins allemands ou anglais favorisaient la création de métropoles régionales dans le but de mettre la main d’œuvre à la disposition des industries qui y résidaient, la France, à l’image de l’Italie, parvenait à préserver ce maillage unique de bourgs ruraux irriguant ses terroirs. Elle parvenait même à y développer une industrie, locale souvent, mais dont on a pu mesurer la capacité à se projeter sur le territoire national puis sur le monde, comme l’ont prouvé Andros à Biars dans le Lot, Gerblé à Revel, Ratier-Figeac dans la ville éponyme et, plus récemment, Nataïs à Samatan dans le Gers.

Partout, des idées à prendre, des modèles à reproduire

N’épiloguons pas sur les raisons de cette déchéance. Elles sont connues de tous : la crise, qui emporte toujours les plus faibles, l’attrait des jeunes pour la ville, la concentration des opportunités que celle-ci offre en termes de formation, d’emploi, de vie sociale et culturelle. Et intéressons-nous aux outils à déployer pour contrebattre ce phénomène, pour autant qu’on puisse encore le faire. Inutile de mandater une commission Théodule ou de convoquer les énièmes états généraux de la ruralité. Les solutions existent. Elles sont d’ores et déjà à l’œuvre, ici et là. C’est le Gers qui invente le dispositif « Soho Solo » pour inciter les actifs urbains à s’adonner au télétravail depuis les coteaux de la Toscane française ; c’est le Volvestre qui entreprend une grande campagne de séduction à destination des petites entreprises en quête de territoire d’implantation ; c’est le Tarn qui innove avec les Portes du Tarn, la première zone d’activités hexagonale obéissant aux principes de l’économie circulaire… C’est Limoux, Espalion, Uzès, Marciac, Argelès-Gazost, Cordes ou Saint-Antonin-Noble-Val qui magnifient leur patrimoine naturel ou historique et parient sur la culture. Partout, il y a des idées à prendre, des modèles à reproduire et, bien sûr, à la mesure de l’enjeu, des moyens importants à mobiliser.

Tenez, une idée, une seule… Puisqu’avec celle de la chasse et des champignons, si chère à nos campagnes, s’ouvre la saison des primaires : si, plutôt que l’âge de Juppé, les facéties de Sarkozy, les pas de danse de Hollande, les rodomontades de Montebourg et les goualantes de Mélenchon, l’interdiction du burkini et autres billevesées, nos « primaristes » s’en venaient à se pencher sur la revitalisation des bourgs ruraux pour l’ériger en priorité nationale du mandat qu’ils rêvent d’exercer ? On peut rêver, non ?