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Salles de shoot : un dispositif utile et efficace

 
« Majoritairement opposés à la légalisation ou à la dépénalisation du cannabis, les Français sont également opposés aux "salles de shoot" dans lesquelles les toxicomanes peuvent se droguer. » (europe1.fr, 16/10/2016). Et si on commençait par informer les Français avant de leur demander leur opinion sur des sujets où l'information est constamment inexistante ? Des sujets qui portent pourtant des questions bien plus importantes que celles soulevées par ces polémiques médiatiques. Je crois qu'il aurait été possible d'écrire uniquement sur cette problématique de l'opinion publique mobilisée pour des sujets trop peu connus et uniquement abordés en surface. Mais il m'est tout autant, voire davantage, insupportable, de lire et entendre les arguments lancés contre les salles de shoot. Tout d'abord, non, légalisation ou dépénalisation des drogues n'ont rien à voir avec la mise en place des salles d'injections. Salles qui n'ont en aucun cas l'ambition de changer les mœurs autour des drogues dures en les rendant demain acceptables, comme on peut trop l'entendre à ce sujet. Rendre possible l'injection de ces drogues dans des conditions sanitaires correctes n'est ni une atteinte à l'interdiction de celle-ci ni à celle de l'autorité de l'État. La persistance des consommateurs s'explique tout de même par l'existence même de revendeurs. 
 
Rendre possible l'injection de ces drogues dans des conditions sanitaires correctes
 
 
Les salles de shoots sont destinées à des personnes usant de drogues injectables. Ce ne sont pas des drogues dites douces, telles que le cannabis, mais des drogues dures. D'ailleurs, rappelons la distinction entre les deux, avant tout d'un point de vue légal : à ma connaissance, aucun pays européen ne légalise des drogues dures, contrairement aux drogues douces. Cette distinction faite, passons au sujet en lui-même. Chaque salle d'injection est une réponse sanitaire et sociale. Rappelons-le, car nous l'entendons bien trop rarement, la toxicomanie est un problème social mais aussi sanitaire. L'usage des drogues est bien évidemment illicite et condamnable, mais notons tout de même, que des traitements, pris en charge par la Sécurité Sociale, de substitution aux drogues, existent. Nous devons reconnaître la toxicomanie comme une maladie. Les salles de shoot sont un premier pas de lutte contre ce fléau social, qui touche d'ailleurs bien plus de milieux sociaux qu'on ne croit.  Car oui, permettre à des toxicomanes d'effectuer leurs injections dans des conditions hygiéniques normales est bien plus judicieux que de laisser ces personnes être, en supplément de leur addiction, confrontées aux problèmes sanitaires posés par les injections : les maladies transmissibles par le sang. En 2012, en France, 6 % des personnes infectées par le SIDA l'ont été par l'usage de drogues par voie injectable. Nous parlons du SIDA, tout comme nous pourrions parler de l'hépatite C. 
 

Un premier pas vers les soins

 
Lorsqu'une personne toxicomane fait le pas d'effectuer ses injections dans ce type d'établissement, c'est d’ores et déjà une étape franchie pour se soigner. Car, lorsque l'on se renseigne sur celles-ci, les salles de shoot ne sont pas juste des "box" pour que les toxicomanes prennent leur drogue. Ce sont aussi des centres où se trouvent du personnel médical, prêt à orienter et à aider les personnes toxicomanes. Ce sont donc aussi des lieux permettant la mise en relation en professionnels de santé et personnes ayant une addiction aux drogues. Mais les salles de shoot ne sont pas des outils sanitaires et sociaux utiles uniquement aux toxicomanes. Effectivement, il est ironique d'entendre les riverains de certains quartiers parisiens s'outrer de l'ouverture, le lundi 17 octobre 2016, d'une première salle de shoot à Paris. Préfèrent-ils que cela se déroule dans les rues de Paris, sous les yeux de leurs enfants ? Préfèrent-ils, retrouver dans les cages d'escaliers des seringues usagées ? À les entendre, c’est bien cela qu'ils préfèrent... Et pourtant, encore une fois, ces salles s'avèrent être une solution concrète à ces problèmes. Alors oui, du courage politique il en faut face, d'une part, aux incassables conservateurs populistes et, d'autre part, au royaume de la désinformation. Expliquer, convaincre, pour réussir. Réussir à mener en France, à l'image de nos voisins européens, des politiques sociales, sanitaires, utiles et efficaces. Politiques parmi lesquelles les salles de shoot prennent pleinement leur place.