Retrouvez Polic Région sur Facebook Retrouvez Polic Région sur Twitter Retrouvez Polic Région sur google + Retrouvez Polic Région sur Flickr Retrouvez Polic Région sur Youtube

Macron a terminé sa campagne à Albi et Rodez
La droite occitane commence à se diviser : Analyse
Haute-Garonne / Législatives, le grand flou
Faisons connaissance Mr Méric ! Portrait d'un "atypique libre"
Gilles Verdez publie un brûlot politique. Interview

Préservons et modernisons « Lordi »

Quelques jours après la rentrée scolaire, il est vrai que nous ne savons pas si le dispositif « Lordi » sera maintenu, et étendu sur l’ensemble de notre nouvelle grande région. « Lordi », un choix politique, lancé à l’automne 2011 par la Région Languedoc-Roussillon, présidée par Christian Bourquin. Cette volonté politique fut de donner, au nom de l’égalité, un ordinateur portable à l’ensemble des lycéens de la région, entrant en classe de seconde. Un dispositif représentant, sans aucun doute, une véritable charge économique pour la collectivité, mais loin d’être un simple coup de communication comme on peut le laisser entendre. Cet « ordi » était, et reste en phase avec la société d’aujourd’hui et de demain ou l’accès au numérique se présente comme un concret curseur d’inégalités. Permettre à tous les élèves d’avoir leur propre ordinateur personnel, quel que soit leur milieu, c’est leur donner un outil complet, non pas au seul but éducatif, mais aussi qui atténue les inégalités. Mais voir le numérique comme vecteur d’égalité, ne pouvait pas s’arrêter à ce dispositif. Et c’est là ou la logique est présente, car tout en offrant ce PC aux élèves de seconde, la Région, avec les autres collectivités territoriales, poursuit et amplifie ses investissements pour évacuer l’inégalité territoriale en terme d’accès à internet, et notamment d’accès au très haut débit. C’est donc une vraie logique qui fut donnée dans notre région, utile et visionnaire. Pour autant, même si le dispositif s’avère sur le papier cohérent, et dans la globalité utile dans son application, il n’est pas sans défauts.

L'inégalité territoriale en terme d'accès à internet

Attaqué pour son coût en étant un dispositif universel, et recevant les critiques d’être donné également à ceux qui n’en n’ont pas le besoin, car déjà en possession d’un ordinateur personnel, les réponses n’ont peut-être pas suivi. Non pas les réponses d’ordre financier, mais des explications sur la mesure en elle-même. La question de l’évolution du matériel donné. Une question qui reste sommaire, mais dont la réponse est celle de donner un support permettant à la fois un travail collectif (et là on peut aspirer à une évolution immatérielle, sur les logiciels utilisés), et permettant également une utilisation quotidienne et intuitive, là où je verrais plutôt une tablette qu’un ordinateur. Un ordinateur qui, sur différents plans techniques, demeure désormais devancer par les capacités données par les tablettes tactiles. Pour cela, c’est d’une part peut-être une évolution matérielle comme je le disais, mais aussi un important travail de concertation et d’évolution de l'enseignement en phase avec la société numérique dans laquelle nous vivons, et nous nous encrons un peu plus chaque jour. Le premier enjeu, pratique, économique, et écologique, permettant d’aller plus loin : les manuels scolaires numériques. Finis les sacs de 15 Kg, finis les oublis de manuels, place à un outil pédagogique étant plus qu’une bible de connaissance sur la matière enseignée. Le manuel numérique, qui pourrait demain remplacer les manuels papiers, ne doit être une version numérisée de ce qui existe aujourd’hui. Il doit concilier ce que représentent à l’heure actuelle les livres scolaires, et les possibilités qu’offrent les technologies nouvelles, de plus en plus accessibles et de moins en moins couteuses par ailleurs. Et ici encore, le choix d’une tablette prend tout son sens, les applications sur support tactile étant bien plus agréables d’utilisation et intuitives.

Une tablette comme un réel support pédagogique

De plus, l'emploi d’un ordinateur ou d’une tablette comme un réel support pédagogique ne peut certainement pas être restreint à la recherche documentaire, ou au remplacement des manuels scolaires papiers. Il faut aller plus loin avec les manuels numériques, au travers du champs des possibles offerts par le numérique. Aller plus loin dans l’enseignement, du croisement des matières au travail en groupe sans oublier l’essentiel travail de compréhension et d’apprentissage du numérique. Prévenir des dangers, mais aussi enseigner les possibilités infinies du numérique. Si on entend régulièrement que les jeunes générations sont « nées » avec les ordinateurs et smartphones, je reste convaincu que pour beaucoup, le numérique se limite à être un outil de consommation et non pas de création et d’émancipation comme il peut l’être. Ce que peut offrir le numérique à l’enseignement est sans doute composé d’aucune limite, si ce n’est celle de l’imagination. Mais permettre l’utilisation de cette offre, c’est, d'une part, s’en donner les moyens. « Lordi » en fait parti, l’élaboration du réseaux très haut débit sur tous les territoires également. Mais d’autre part, c’est mener une bataille. Une bataille contre les conservatismes face à l’ère du numérique. Une bataille dans l’évolution des cours du secondaire, notamment via l’usage de ces supports. Une bataille mais aussi de la concertation, des discussions, de la formation. L’outil matériel est une chose, l’acception et la pleine utilisation de celui-ci en est profondément une autre. Alors oui, continuons de distribuer « Lordi » en Occitanie, mais menons ce travail de modernisation, de concertation, et de discussion. Apportons l’offre numérique dans celle de l’enseignement, pour le mettre en phase avec notre société, et progressivement inculquer ce que peuvent procurer les outils numériques s’ils sont compris et pleinement utilisés.