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L’extrême n’a effectivement pas oublié ses racines

Durant des années nous nous sommes habitués à un terme : dédiabolisation. Ce mot, lorsque nous l’entendons, beaucoup l’associent au Front National. Il est clair que depuis que Marine Le Pen possède des responsabilités au sein de son parti politique, notamment à l’issue des présidentielles de 2002, qu’une profonde stratégie de communication a été mise en place. Changer l’image, la redorer, rendre acceptable le Front National et avant tout le faire apparaitre comme un parti prêt à prendre le pouvoir, un parti comme les autres. Derrière la question de la dédiabolisation gravite alors forcément la question des idées racistes et xénophobes qui ont toujours accompagné l’extrême droite. À en croire certains, le Front National, se serait adouci sur cette thématique et aurait pris du recul avec les mouvances fascistes françaises. Tout type d’explications, de la stratégie électoraliste à la profonde et honnête volonté de changer le premier parti d’extrême droite français, sont données afin d’expliquer les raisons de cette soit disante évolution. On pourrait croire que j’ai le viseur constamment braqué sur le Front National, mais à la lecture de Gabriel Robin et son édito sur Politic Région, intitulé « Euro 2016 : les Français aiment-ils l’équipe de France de football ? », je me faisais cette réflexion : « rien n’a changé, rien ne changera ». « Rien n’a changé », je m’y attarderais pas plus que cela, mais par là, j’entends que malgré plus de 10 années passées à brandir le spectre de la dédiabolisation, le Front National est resté le même. 
 
La jeune génération militante du Front National restera héritière et porteuse des mêmes valeurs et bases idéologiques
 
Rien ne changera, ce parti n’évoluera pas. Sans pourtant connaitre Gabriel Robin, ce militant et cadre de son parti/mouvement politique, il est simple à voir que celui-ci ne fait pas partie d’une génération politique en place depuis 40 ans et qui a conduit, notamment son parti, là où il est aujourd’hui. Et pourtant c’est bien les mêmes idées qui ont été transportées au travers des décennies. Derrière cet édito, derrière tout cela, j’ai cette profonde impression que la jeune génération militante du Front National reste et restera héritière et porteuse des mêmes valeurs et bases idéologiques.

 Venons-en alors au concret, à la raison qui m’a poussé à écrire sur ce sujet cette semaine, c'est-à-dire l’éditorial concernant l’euro de football. Sur fond de nostalgie, d’une certaine époque inconnue pour beaucoup, on fait la lecture d’un texte qui composé autour de cet événement sportif et qui exprime toute la fermeture d’esprit et le rejet de toute diversité. On y retrouve le regret de ne pas voir les français être patriotes comme voudrait l’entendre l’extrême droite française. Et au rayon des phrases nauséabondes, j’ai préféré n’en retenir qu’une seule pour ne pas transformer cet édito en une critique de texte que l’on déroulerait sur de multiples pages. Ce passage est sans doute l’un qui m’a amené à la réflexion donnée précédemment : « rien n’a changé, rien ne changera » : « Mais comprenons que les peuples européens sont présentement dépossédés de leurs identités, forcés à s’abandonner à l’uniformisation, à accepter l’immigration de masse, à renier ce qu’ils furent ». Inimaginable d’aborder la question de l’Euro de Football, moment fort pour tous les européens, comme l’occasion de faire partager son banal racisme au travers de quelques lignes. Pourtant, en 2016, on considère encore au Front National la mixité, l’échange, le partage, la diversité, l’ouverture, comme dévastateurs de nos civilisations. Au XXIème siècle, des jeunes pensent que l’Europe et son immigration, l’échange et le mélange culturel ont nuit à nos sociétés. À la lecture de cet extrait, certains y verront de banals propos réactionnaires, pourtant à ces mots j’associe le danger. Le danger de voir perdurer, voire progresser, ces courants idéologiques plus que réactionnaires qui sont porteurs et créateurs de discriminations. Le rejet nait dans les idées, dans les mots, de ces mêmes courants de pensées. Le danger de voir une génération exprimer sa voix dans les urnes en approuvant (implicitement ou explicitement) ces mouvances. 
Le danger mais aussi la stupéfaction. Stupéfait en effet de voir comment l’extrême droite arrive à déverser ses pensées les plus radicales dans un événement populaire comme l’euro de football. Car au delà de cet extrait, certes détaché de la question footbalistique, l’équipe de France et la diversité dont elle fait preuve devient un outil pour eux. Si les Français ne sont pas autant joyeux que les irlandais pour cet événement, l’explication se trouverait dans l’impossibilité pour nos compatriotes de se reconnaitre dans l’équipe de France, trop colorée certainement. Sans caricaturer leurs propos, le FN nous apprends que l’équipe de France n’inspire pas les français qui  considèreraient « les joueurs (…) (à raison) comme étant de tristes racailles devenues multi-millionnaires en tapant dans un ballon ». 
 
La volonté d’être rassemblés
 
Alors si « Ces pays démontrent que les compétitions internationales de football sont l’un des derniers endroits où la ferveur patriotique peut s’exprimer sans risquer la réprobation de la bien-pensance » n’ayez crainte Gabriel, l’amour de la patrie s’exprime, sans même avoir besoin d’une compétition internationale, mais surtout avec la volonté d’être rassemblés, sans regarder les origines et les couleurs de nos compatriotes. 
 
Ayons un peu de bon sens, si la large majorité de nos concitoyens ne se balade pas avec le maillot de l’équipe de France, à l’image des autres supporters européens, lorsque les Français se déplacent à l’étranger pour soutenir leur équipe, c’est avec fierté qu’ils arborent leur maillot. Je suis intiment persuadé que les Français soutiennent et soutiendront leur équipe jusqu’au bout. D’autant plus si celle-ci décide d’hausser son niveau de jeu, je suis persuadé qu’elle nous fera toutes et tous sortir dans les rues de nos villes pour la supporter jusqu’au bout de la compétition !