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La télé-réalité, cet agrégat de perversités sociales

J’aurai ainsi eu la patience d’attendre mon sixième éditorial avant d’aborder un des combats que j’aimerai le plus voir mené. Elle a beau rapporté des millions d’euros, elle accompagne et diffuse ses effets au quotidien sur des millions de personnes, la télé-réalité, cet agrégat de perversités sociales.  Aborder ce vaste sujet de la télé-réalité tout en restant concis (et précis si possible) est loin d’être simple. Lorsque je parle de télé-réalité je n’englobe pas l’intégralité des émissions pouvant être considérées comme étant des «reality show » mais celles qui sont à la base de son existence et les émissions héritières. Les émissions héritières du Loft, héritières des émissions anglo-saxonnes, qui se sont avant tout basées sur un pilier, celui du voyeurisme. C’est probablement radical mais tolérer les émissions de télé-réalité (à très fortes audiences soit dit en passant) tel que les « Anges » ou « Secret Story » n’est rien d’autre que de tolérer le voyeurisme et l’inscrire comme habitude et normalité. Je souhaitais donc démarrer ici, par une définition des émissions de télé-réalités dont je fais le combat. Donc amateurs de « Top Chef » ou du « Meilleur pâtissier de France », n’ayez crainte, ces programmes ne répondent pas aux lignes qui suivent. Le voyeurisme, fer de lance de la télé-réalité, preuve en est lorsque ce principe est poussé au plus loin avec, ces dernières années, des émissions dont le précepte est de filmer des personnes lambdas, chez elles, de leur cuisine à leur chambre à coucher en passant par les sanitaires. Mais sans pourtant fixer du regard ces émissions, la large majorité des programmes de télé-réalités diffusés en France, sur les chaines de la TNT, sont eux aussi profondément inscrits autour d’un plaisir, malsain, à observer l’autre. Ce ne sont pas les téléspectateurs que je jugent malsains mais les producteurs et diffuseurs. Malsain d’avoir rendu normal le voyeurisme. J’insisterai sur ce caractère voyeur en soulignant que les spectateurs de télé-réalités ont le sentiment d’observer des femmes et hommes comme les autres et non pas d’assister à une fiction produite avec des acteurs.
 
La porte d’entrée du caractère pernicieux de la télé-réalité
 
Or le voyeurisme n’est que la porte d’entrée du caractère pernicieux de la télé-réalité. À chaque moment passé à regarder une émission de télé-réalité, j’ai toujours ressenti le poids de la moquerie et du mépris que procurent ces programmes. Les émissions comme « Pascal, le grand frère » ou celle des « Marseillais » ne montrent que des personnages et des situations propres à être moqués. De la pauvreté des dialogues à l’exposition d’individus confrontés à différents problèmes, d’ordre privés et souvent sociaux, constamment filmés et traités sous un angle bien exagéré, ces émissions ne sont composées que de cela. Considérées pourtant comme des programmes divertissants, ce divertissement ne s’appuie pourtant uniquement que sur la moquerie de plus pauvre que soit. Du plus pauvre intellectuellement, économiquement, socialement voire physiquement. 
 
La question du physique est elle aussi profondément inquiétante dans de nombreuses émissions. De « l’Amour est dans le pré » où l’on fait passer les agriculteurs pour de « pauvres bouzeux » aux « Princes de l’Amour » tout en passant, une fois de plus, par les « Anges », les « Marseillais » et compagnie, moqueries et jugements physiques sont omniprésents. Principes  malsains, encore une fois, auxquels on habitue forcément les téléspectateurs. J’ai par moment le sentiment d’être un OVNI lorsqu’il me parait choquant de voir que, par exemple, « Les Princes  de l’amour » ont pour fondement de sélectionner, de mémoire, 10 femmes et 10 hommes mais avec la particularité d’avoir 5 femmes répondant aux critères sociaux de la beauté et 5 autres étant l’inverse des top modèles de chez Victoria Secret. Même chose pour les hommes. Et bien évidement, la normalité chez ces princesses et princes de l’amour, c’est que les « beaux » restent avec les « belles » et les « moches » avec.. les « moches ». Rien de plus normal pour ces producteurs de disperser ces principes abject de l’amour basé autour du physique et rien d’autres. 
 
L’amour, le physique me font alors aborder cette présence, continue, dans les émissions de télé-réalité, du sexisme. Les inégalités de sexe, les stéréotypes sexistes ont beaux êtres d’importants fléaux de nos sociétés, encore une fois, ici, rien de plus normal que d’en faire la propagande. Le paragraphe précédent montre en partie la présence de stéréotypes sexistes, mais regarder un seul épisode d’une de ces émissions suffit à comprendre à quel point le sexisme est ambiant. 
 
Sans dire que la télé-réalité rend bête comme on peut l’entendre, je suis intimement convaincu qu’elle n’est pas sans conséquences. Combien de jeunes, ou moins jeunes, regardent quotidiennement ces émissions, « en rentrant de cours », « le dimanche pour se détendre », avec la volonté première de se divertir et qui par, ce côté vicieux des producteurs et diffuseurs, s’amusent à se moquer des personnages qu’ils ont face à eux. Au delà de cela, combien de très jeunes, pré-ados et ados, s’habituent à observer des comportements sexistes, à des normes et stéréotypes sexistes. Il serait, pour ces seules raisons, temps de mettre fin à la présence de telles émissions sur les chaines « gratuites » (de la TNT). Certes internet s’avérera incontrôlable, certes le sexisme et le mépris (social notamment) ne tiennent pas place uniquement dans ces émissions, mais il est bien triste de la voir si regarder et diffuser sur nos écrans de télés…