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La laïcité est aussi la création de la sphère privée

Bien que ce n’est pas là où a démarré la laïcisation de la France, la loi de 1095, séparant l’Etat et l’Eglise, est l’image même de ce qu’est, en partie et initialement, la laïcité : le passage du religieux de la sphère publique vers la sphère privée. Cette sphère privée, c’est justement le principe même de laïcité qui en a permis la création. Prôner l’interventionnisme de l’Etat pour l’ensemble des cultes (et les lieux de cultes par exemple), parler de « l’appartenance  catholique » de la France, c’est en quelques sortes oublier les préceptes laïcs pour laisser place à ceux des régimes de tolérance voire de franchir le pas de  l’intolérance. La laïcité ce n’est justement pas uniquement tolérer l’ensemble des religions et respecter celles-ci de manière égales, c’est bien plus que cela. La place donnée dans la sphère publique à la question religieuse peut amener à nous questionner. La place publique, ce n’est pas uniquement la sphère législative. La place médiatique doit elle aussi être pleinement prise en compte comme appartenant à la sphère publique. Continuer à laisser autant de place à la parole et aux responsables religieux ne revient qu’à faire marche arrière dans ce processus de « privatisation du religieux ». L’Etat laïc a ce rôle de n’en jouer aucun dans ce domaine, celui du religieux, mis à part celui de mettre chaque chose à sa place, à sa juste place. La juste place du religieux n’est ni législative, ni médiatique, ni même sociétale, elle est et doit être avant tout privée, particulièrement individuelle.
 
Assurer la liberté de conscience pour chacun
 
La laïcité n’est ni idéologique, ni une valeur, ni même une pensée, elle prend pleinement part à ce qu’est notre société dans ses propres fondations. Nous avons plus que jamais besoin de renforcer les principes laïcs de notre pays c'est-à-dire d’assurer la liberté de conscience pour chacun, tout en continuant de considérer la religion comme une question d’ordre privée. Affirmer cela ce n’est pas faire de la laïcité le combat de la religion. Il faut stopper cette vision « anti-cléricale » de la laïcité. Elle est au contraire présente pour permettre à toutes et tous de croire ou ne pas croire, elle s’affirme comme une liberté. Elle doit permettre de ne pas juger l’individu par sa croyance, mais par ce qu’il est socialement. L’Etat laïc ne s’attaque pas aux religions mais ne se contente pas pour autant de simplement les tolérer. Alors, pourquoi dire cela? Tout simplement pour exprimer un « ras le bol » d’une certaine omniprésence de la religion dans le débat et la sphère public. Dire cela pour espérer enfin considérer la religion comme particulière, individuelle et du ressort privé. Espérer obtenir un Etat laïc, ne prenant pas en compte, comme je le disais plus haut, l’individu par sa croyance mais par ce qu’il est dans notre société. Et à travers cela, ne pas franchir le pas des régimes non pas laïcs mais tolérants, communautariens menant aux politiques communautaristes si regrettables.