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Évaluer par des notes, une méthode inefficace ?

Le mois de la rentrée scolaire n’a pas encore pris fin, alors continuons à parler d’éducation. Début septembre j’abordais la question de « Lordi » en Occitanie, comme un choix égalitaire devant être poursuivi et accentué dans son rôle d’outil éducatif. Aujourd'hui, c’est une question qui me parait fondamentale que je souhaite aborder, celle de la notation à l’école. Simple et simpliste, tel me parait le mécanisme d’évaluation utilisé aujourd’hui. Simple, car permettant facilement de valoriser ou sanctionner le travail, d’exposer la distance entre le rendu de l'élève et les attentes initiales. Simpliste car ne permettant pas de faire comprendre les acquis ou les lacunes. Les notes, dès 6 ans, les élèves y sont habitués et intériorisent ce principe qu'ils retrouveront, finalement, jusqu’à la fin de leur cursus scolaire. Mais cette façon d’évaluer à l’école n’a t-elle pas pris les devant sur le rôle même d’apprentissage et d’émancipation de l’Éducation Nationale ? L’école dont l'aspiration est celle d'apporter le savoir, d’enseigner les fondamentaux et d’apporter le plus large panel de connaissances à toutes et à tous. Cette tâche de donner aux enfants de la République leur émancipation par le savoir, d’en faire des citoyens uniques, à part entière et éclairés. Cette responsabilité de venir effacer les inégalités de naissance. Ces fondements, demandons nous s’ils sont les fer de lance de l’école aujourd'hui ? Donnons-nous les moyens aux écoliers, collégiens, lycéens et étudiants de prendre conscience de l'utilité même d'apprendre, de suivre différents enseignements ? Utilisons nous les bonnes méthodes ? L’école est-elle efficace pour lutter contre les inégalités ? A ces questions, ce sont différentes problématiques qui sont soulevées. Mais les notes jouent sans aucun doute un rôle important dans chacune de ces problématiques. Les notes représentent, selon moi, un frein aux aspirations émancipatrices de l'école. Premier volet, l’idée même que l’on se fait des notes. Apprendre pour avoir une bonne note. Cette  conception est de loin la plus répandue. Mais cette conception est également bien lointaine d’autres, celles d’apprendre pour comprendre, d’apprendre pour s’émanciper, d’apprendre pour savoir. Dès le plus jeune âge, on inscrit dans la tête des enfants que s’ils ne travaillent pas, et les notes seraient le reflet de leur travail, ils n’auront pas la jouissance d’accéder aux métiers les plus socialement valorisés. Apprendre pour simplement avoir plus tard un emploi, si possible reconnu et prestigieux, est de très loin insuffisant pour répondre à l'idéal républicain de l’école. Parents, frères et soeurs, professionnels de l’enseignement et tous ceux qui « ont une parole publique » oublions trop souvent de rappeler que l’école n'a pas comme premier et seul objectif de préparer les nouvelles générations au marché du travail.
 
Les notes isolent les volontés initiales de l'Éducation Nationale
 
Second point, la représentation du travail scolaire. Ce ne sont pas des notes qui sont acquises par l’activité des élèves, mais des connaissances, et c’est avant tout cela qu’il faut mettre en avant. Montrer, dès le plus jeune âge, que ce qui leur est enseigné et progressivement acquis, sont des connaissances. Des connaissances profitables à maitriser et à connaitre, non pas pour la simple réussite scolaire, mais profitables parce qu’elles sont justement des connaissances. Promouvoir ce simple principe, d’apprendre pour apprendre. Et forcément, difficile de ne pas douter des facultés que pourraient offrir un système simpliste, basé sur la recherche de la réussite et non pas de l’apprentissage, tel que celui de notation actuel, à permettre l’intériorisation de ce principe pourtant très simple. Les notes isolent les volontés initiales de l'Éducation Nationale en étant la principale raison et motivation du travail à l’école. Mais elles ne sont pas seulement en contradiction avec les principes émancipateurs de l’Éducation Nationale, elles peuvent aussi faire preuve d'une réelle inefficacité. En se documentant sur les collèges qui ont testé d'autres approches pour évaluer leurs élèves, on aperçoit que les notes sont ressenties principalement comme des récompenses, ou des sanctions. Lorsqu'elles sont perçues comme des récompenses, au delà de ne pas servir les principes de l'enseignement cités précédemment, dans ce cas de figure les notes restent la principale raison du travail de l’élève, voire l'unique objectif. Et quoi qu’il en soit, elles peinent à permettre la compréhension de ses propres acquis ou lacunes. Dans le cas des notes considérées comme sanctions, l’impact peut-être bien plus grave. Elles deviennent un blâme supplémentaire   pour des élèves en difficultés, accélérant le décrochage scolaire de ceux-ci. Des méthodes alternatives efficaces existent et ont été expérimentées. Celle qui me semble la plus intéressante revient à l’utilisation de barèmes d'acquis. Je ne crois pas que remplacer les notes, comme certains le proposent, par des lettres ou des couleurs soit une réponse utile en phase à répondre aux problématiques posées précédemment. Par contre, la mise en place, de manière réfléchie, matière par matière, d’une feuille récapitulative et détaillée revenant sur les compétences acquises, en cours d'acquisition ou non-acquises, peut assurément être une alternative concrète. Car d’une part, on remet au centre des préoccupations le besoin d'acquérir des compétences, des connaissances pour soit, pour son émancipation et non pas uniquement pour atterrir le plus aisément possible sur le marché du travail. D'autre part, on recherche à permettre la compréhension du travail rendu plutôt que de simplement indiquer la distance entre l’attente de l’enseignement et ce même travail effectué par l’élève. 
 
L'image que l'on a de nous, que l'on donne à l'autre, ce moteur de motivation, ou de démotivation, se retrouve dans le système d’évaluation actuel. Avoir une bonne ou une mauvaise note est une récompense ou une punition, qui alimente ou détériore l'image que l'on se fait, et que l'on donne de soit, dans ce but de répondre au besoin social de réussir.
Pourtant, l'idéal républicain de l'Éducation Nationale n'est pas celui-ci. Il est, redisons-le, de donner aux enfants de la République les clés de leur émancipation, personnelle, sociale, intellectuelle. Seulement, les notes sont une entrave à cet idéal. Elles profitent à un dogme basé sur la réussite économique et sociale, prestigieuse. Ajoutons à ce constat leur inefficacité dans la réussite scolaire, ou tout du moins le ralentissement qu’elles peuvent entrainer, notamment des élèves en difficultés, en leur sanctionnant doublement les difficultés qu’ils rencontrent. En regardant cela ainsi, difficile, voire même impossible, de ne pas ressentir la volonté de remplacer ce système archaïque par des moyens et des méthodes efficaces ...