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En marche : un effet de mode alimenté par l’ambition au détriment des convictions

Ces derniers jours, partout en France et particulièrement en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées quelques militants politiques, dit « jeunes avec Macron » organisaient leur « Grand Marche » pour aller à la rencontre des citoyens.
Avec la plus grande volonté de nous donner l’impression du renouveau, de la modernité, le mouvement « En Marche ! » pensait inventer ou ré-inventer le porte à porte. Malheureusement pour eux, cette soit disant innovation du porte à porte est déjà en pratique depuis des générations militantes.
Cette volonté de renouveau est profondément liée à la communication d’Emmanuel Macron. Faire croire, tenter du moins, que les idées économiques néo-libérales étaient inexistantes du champs politique français, que « désenclaver le marché » est purement novateur. Une communication qui par moment fonctionne, auprès de certains, mais je crois bien pour une seule et bonne raison, le relatif jeune âge d’Emmanuel Macron. Je suis intiment persuadé que si ces mêmes propos tenus par E. Macron sortaient de la bouche d’une femme ou d’un homme politique, élu depuis une quarantaine, habitué(e) des plateaux télés et matinales radio depuis bien longtemps, que le poids de ces idées, le bruit qu’elles peuvent faire, seraient quasi inexistants. Ce qui m’a surtout intéressé concernant cette « grande marche » ce sont les communiqués et articles de presse qui s’en sont suivis. J’ai honnêtement été interpelé par une question, qui aurait été posée lors de leur porte à porte : « Selon vous, qu’est-ce qui ne va pas en France ? ». Assez étonnant de voir l’ancien conseiller économique de François Hollande (dès 2012), désormais Ministre de l’Economie, envoyer sur le terrain ses militants pour demander aux citoyens ce qui ne va pas dans notre pays. Cette manière de se décharger de toute responsabilité politique lorsqu’on est soit même au pouvoir, que l’on appartient à une équipe gouvernementale, est dans la lignée des faits et gestes de Macron depuis plusieurs semaines. Sans loyauté aucune, sans sens des responsabilités, Emmanuel Macron et ses amis sont devenus l’opposition de droite au gouvernement tout en y prenant part et étant les principaux responsables des politiques critiquées par les électeurs de François Hollande de 2012. Ecoutons les français, regardons autour de nous, allons sur le terrain et sans même leur poser cette question, d’une démagogie sans nom, chaque militant, chaque cadre politique, sera en totale capacité de savoir ce qu’ils attendent.

Se décharger de toute responsabilité politique

Alors à tous ceux qui verront ces jeunes ou moins jeunes, « ni de gauche ni de droite », devant leur palier, n’hésitez pas à leur rappeler cela, n’hésitez pas à leur demander si la communication prévaut sur l’action. L’opportunisme, fer de lance du mouvement d’Emmanuel Macron. Celui qui disait « qu’être élu est un cursus d’un ancien temps » est pourtant en train de regrouper autour de lui quelques centaines de personnes en France qui ont la profonde volonté d’accéder aux responsabilités par voie électorale. Il serait à ce stade aujourd'hui peu étonnant de voir Monsieur Macron être candidat aux élections présidentielles, et envoyer ses troupes dans différentes circonscriptions législatives en juin 2017. Ce mouvement d’ailleurs, basé uniquement sur la personnalité d’un homme, n’a rien de durable. Aucun parti ou mouvement s’inscrit dans le temps quand il repose sur les épaules d’un seul homme, d’une seule personnalité. À ceux qui me diront que le Front National a tenu grâce aux Le Pen, n’oublions pas que le FN n’est qu’un simple héritier et s’inscrit dans la continuité de l’extrême droite française, loin d’avoir été imaginée par Jean-Marie Le Pen. 

Un sentiment de trahison

En Marche et Emmanuel Macron sont aussi les militants et responsables politiques qui réussissent le mieux à donner du crédit au Front National. Quarante années de discours sur ce qu’ils appellent aujourd'hui « l’UMPS », une quarantaine d'années à reprocher certaines porosités entre la droite et la gauche au pouvoir. Et à l’heure où il y a le besoin de re-différencier droite et gauche, sans déplacer l’ensemble des partis vers la droite de l’échiquier politique français, ces quelques personnes ont ce culot de donner des leçons et de ne plus vouloir différencier les deux camps historiques de la politique française. Quand on observe les photos des militants ayant « marché » ces derniers jours, et que l’on reconnait des militants encartés au PS, des élus de gauche et d’anciens élus de droite, qui se sont battus localement pour de profonds désaccords politiques et non pas politiciens, les voir ensemble, réunis, c’est d’une part un sentiment de trahison et d’autre part l’impression d’avoir face à soit d’ambitieux personnages qui ont fait une croix sur leurs convictions dans l’objectif d’exister et d’accéder au pouvoir.

 

Le libéralisme économique, une valeur de gauche, bien évidement que non, ni l’histoire ni le présent de la gauche s’est inscrit autour de cela. Emmanuel Macron une menace électorale, en aucun cas à mes yeux. Macron héritier des idées des années 1980, porté par un mouvement ne représentant que lui même et de futurs assoiffés de pouvoir ne sont que les destructeurs de la gauche et de la politique française en continuant à semer le trouble, jouer sur les personnalités et à détricoter chaque jour le sens même de la politique.

 

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