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Présidentielles 2017 : la “chasse aux Pokémons” ?

L’actuel premier secrétaire du parti socialiste, l’ancien trotskiste Jean-Christophe Cambadélis, n’est jamais avare d’une petite mesquinerie à destination de ses camarades. Cherchant à « buzzer » sur Le Lab d’Europe 1 pour montrer qu’il existe encore politiquement, il a déclaré que la présidentielle n’était pas une « chasse aux pokémons », après l’annonce de la candidature d’Arnaud Montebourg aux futures primaires de la gauche (ou, pourquoi pas, en sautant cette étape). Pour cruelle que soit cette pique, elle n’en manque pas moins de saveur tant les candidatures spontanées, chez les « Républicains » et « à gauche », semblent se multiplier à une vitesse incroyable au carré des egos démesurés de la classe politique hexagonale. En même temps, il est difficile de leur en vouloir. François Hollande suscite des vocations. Tous se disent, au fond, qu’ils valent mieux que cet homme constamment dépassé par sa fonction et des évènements qu’il na pas su, ou pu, anticiper. La hausse constante de la courbe du chômage ? « Je n’ai pas eu de bol », nous répond-il. Les attaques terroristes ? L’immigration massive ? La croissance en berne ? La faillite du système éducatif ? Là aussi : « pas de bol ». On est tout de même en droit d’attendre autre chose de la part de l’homme qui préside aux destinées de la cinquième puissance mondiale, a fortiori une notion dotée de l’arme atomique et siégeant au Conseil de sécurité permanent des Nations unies. Pourtant, il faut s’en contenter comme il a fallu se faire à des petits résidents tels Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, eux-aussi incapables d’assumer pleinement les missions historiques qui leur avaient été confiées par le peuple de France. Les institutions de la Vème République, voulues et pensées par le général de Gaulle, ont instauré une primauté présidentielle solidement cadenassée, répondant à l’inconscient collectif monarchique des Français, comme le rappelait un peu maladroitement Emmanuel Macron, dans un de ses entretiens polémiques dont il a le secret. Si les institutions de la Vème République sont stables et efficaces, ceux qui les dirigent aujourd’hui ne le sont pas. Ils « jouissent du pouvoir », se servent. « Ce sont essentiellement les qualités particulières de leurs institutions qui non seulement permirent aux Romains d’établir leur domination sur les Italiens et les Siciliens, et de soumettre en outre les Ibères et les Gaulois, mais qui encore, lorsqu’ils furent sortis vainqueurs de leur guerre contre les Carthaginois, les incitèrent à étendre leurs visées au monde entier », croyait le romain Polybe. Charles de Gaulle voulait donner une continuité à la France, tout en la préservant des blocages des systèmes parlementaristes. Cependant, le général de Gaulle ne pouvait pas prévoir que le niveau général des élites politiques déclinerait aussi vite. Il lui était tout simplement impossible d’imaginer que la France ne produirait plus de grands hommes. Car, oui, la présidence de la République est faite pour des grands hommes. Sans personnalités fortes pour l’incarner, elle devient stérile, voire dangereuse. Pourtant, la logique présidentielle continue de dominer la vie publique, sans cesse renforcée depuis 1958, tant avec l’instauration de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct, transformant notre pays en un régime plébiscitaire par défaut, puisque désormais les Français éliminent un candidat bien plus qu’ils n’en choisissent un, qu’avec l’adoption du quinquennat accompagné d’un nouveau calendrier électoral rendant quasiment impossible les cohabitations. « Il ne saurait y avoir de dyarchie au somme de l’Etat », affirmait l’ancien maurrassien de Gaulle. Il est aujourd’hui exaucé, mais pour quel résultat ? En 2012, les Français ont voté contre Nicolas Sarkozy et non pour François Hollande. Il n’est d’ailleurs malheureusement pas exclu que les Français votent « contre » François Hollande en 2017, plutôt que par adhésion à un projet pour le pays.
 
 
          La logique présidentielle continue de dominer la vie publique                                           
                                                                    
 
Parlons de ces fameux « programmes ». Nous assistons actuellement au concours Lépine des « solutions » clés en main pour redresser le navire France à la dérive. À l’exception notable de Marine Le Pen (et je ne dis pas ça par partisanisme), tous les projets des candidats déclarés projets manquent de cohérence et ressemblent à des inventaires à la Prévert. Qui a une « vision » construite ? Personne. Prenons le cas des institutions : qui propose autre chose que des aménagements, des propositions démagogiques ? Au juste, que faudrait-il faire pour doter la France d’institutions rénovées à la hauteur de son histoire, lui permettant de préserver les acquis positifs ? Déjà, revenir au septennat, pourquoi pas non renouvelable. Les origines du septennat, adapté à la philosophie politique française, remontent à la loi du 20 novembre 1873, qui confia pour sept ans le pouvoir exécutif au maréchal de Mac Mahon sous le titre de président de la République. L’amendement Wallon, voté le 30 janvier 1875, consacra durablement l’institution présidentielle et le principe du septennat. Cette durée de sept ans renforce le caractère éminemment français de la fonction présidentielle, conférant au Président un rôle de monarque élu en lui accordant une durée d’exercice du pouvoir exécutif conforme à sa mission d’incarnation de la nation et d’arbitre des enjeux étatiques. En somme, le Président permet d’éviter la guerre civile permanente des partis et le risque de fractionnement de la République. Le quinquennat a mis fin au statut particulier d’arbitre institutionnel qu’était celui du président de la République et nuit à la qualité du débat politique en obligeant le titulaire de la fonction présidentielle à se placer dans la position de candidat à sa propre succession. Le quinquennat fut un projet avorté du président Pompidou, et il fallut attendre 2000, et la période de cohabitation entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, pour que cette réforme soit adoptée. L’objectif était de « moderniser » l’institution présidentielle en la calquant sur le modèle états-unien. Mais personne ne s’est alors demandé si un tel régime correspondait à l’âme française, ou à l’esprit de nos institutions. En effet, un régime présidentialiste ne peut se concevoir qu’avec un véritable bicamérisme et relègue normalement le Premier ministre au rang de simple exécutant des volontés du chef de l’État. Ces réformes n’ont pas été adoptées, et notre système actuel est donc bâtard. Le retour au septennat dans un contexte politique difficile, serait une mesure de bon sens, une mesure salutaire, car il est nécessaire de distinguer le temps long de l’exécutif et le temps législatif nécessairement plus court, afin de ne pas accentuer la confusion entre les deux enjeux électoraux et rétablir le statut du Parlement. Par ailleurs, le septennat remettra le Président à sa place naturelle de garant de la continuité de l’État. Autre chose, les pouvoirs du Parlement doivent être renforcés, tout comme les leviers d’action offerts au président : ordre du jour, droit d’interpellation, augmentation du nombre de commissions, nomination des membres des instances indépendantes confirmée à la majorité qualifiée par le parlement pour éviter qu’elles ne soient phagocytées par des proches de l’exécutif, possibilité de déclencher des référendums d’initiative populaire, et, of course, introduction de la proportionnelle comme l’avait pourtant promis le candidat Hollande. Il est impératif de donner plus d’espace à l’expression populaire dans un contexte si troublé.
 
 
 
  Les démonstrations amoureuses de Nicolas Sarkozy en 2007
                                                                   
 
L’élection présidentielle a dorénavant tout des jeux du cirque, de la foire, du théâtre de boulevard, et, peut-être même, des émissions de télé-réalité. Rappelez-vous les démonstrations amoureuses de Nicolas Sarkozy en 2007, vite contredites par son divorce, tout comme celles de Ségolène Royal, pourtant séparée de son compagnon d’alors, François Hollande. On s’exhibe, on se dévoile, on « raconte une histoire ». L’élection est personnalisée. On ne rencontre plus un chef d’Etat, mais un homme ou une femme, le plus souvent appelés par leurs prénoms respectifs. Pire, les candidatures sont devenues des outils de communication personnelle pour les candidats minoritaires, farfelus, ou vaguement dissidents. Même Cécile Duflot s’est lancée dans la campagne ! Elle sait bien qu’elle n’a aucune chance. Son seul objectif, comme celui de bien d’autres petits candidats, est de conserver une circonscription gagnable aux élections législatives à venir. N’est-ce pas minable et indigne de notre République ? Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature. Il faut dire que le suspense était insoutenable… Il s’est fait attendre, orchestrant minutieusement un retour guidé par son énorme égo. Les idées fluctuent au gré du vent, alternant entre des positions centristes et des copier coller du discours du Front National. Lors de son retour en septembre 2014, face aux caméras de France 2, l’ancien président balbutiait, presque timidement : « J’ai changé, je vous ai compris. J’ai fait des erreurs ». Un exercice de « Moi je » digne des grandes heures de Mireille Dumas. Il a "changé", mais son bilan reste intact : la dette publique a augmenté de 600 milliards d’euros, un million d’immigrés légaux sont entrés entre 2007 et 2012, et au bas mot 1 million supplémentaire d’immigrés clandestins, le traité constitutionnel européen fut passé en force sans respect pour la parole du peuple, l’armée française est allée se battre en Libye sur les conseils de Bernard-Henri Lévy… L’attitude fut à l’avenant. Nicolas Sarkozy a personnalisé le pouvoir et a « peopolisé » la fonction présidentielle. L’homme de la méritocratie affichée en étendard a même essayé de placer son fils, qui n’était alors même pas licencié en droit, à la tête de l’Établissement public pour l’aménagement de la région de la Défense (EPAD) ! Démontrant par là que sous l’enveloppe populaire se cachait un petit bourgeois post-moderne enclin au népotisme. Il faut le répéter : François Hollande et Nicolas Sarkozy sont des jumeaux politiques qui ont sali la fonction présidentielle, à un point tel que Benoit Hamon, Geoffroy Didier et Jean-François Copé peuvent s’inviter dans les débats ! Non, un président n’est pas un homme normal. Du moins, il ne devrait pas l’être. Il ne devrait pas non plus trouver des idées comme l’on chasse les « pokémons », ordiphone en main dans les jardins publics. Restaurer moralement la fonction présidentielle est le seul moyen de la maintenir durablement. Pour cela, il faudra changer de personnel politique.