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José Manuel Barroso illustre la collusion entre les banques d’affaires et les instances européennes

Le 29 juin 2004, le centriste portugais était nommé président désigné de la Commission européenne, choisi à l’unanimité par les exécutifs des 25 membres de l’Union européenne, lors d’un Conseil européen extraordinaire, parvenant à dépasser sur le fil le Premier Ministre belge Guy Verhofstadt, ou le Commissaire européen sortant, le britannique Chris Patten. Fin octobre 2014,  après dix ans de bons et loyaux service rendus à ses maîtres, José Manuel Barroso passait la main au spationaute Jean-Claude Juncker (souvenez-vous, après le Brexit, ce dernier déclarait devant le Parlement européen avoir rencontré des dirigeants « d’autres planètes »). Quentin Dickinson, journaliste britannique et maître de conférences à l’Ecole nationale de l’administration, s’est amusé à décompter les distinctions que s’est vu décerner ce dirigeant non élu, inconnu du plus grand nombre des Européens, et surnommé « mon gros mérou » par son épouse : trente-et-une distinctions honorifiques, trente-deux doctorats honoris causa, cinquante-deux prix et médailles, la citoyenneté d’honneur de 6 villes. Le prix de la médiocrité ? José Manuel Barroso n’a que peu suscité la sympathie de ses contemporains, tentant péniblement de ménager le Parlement européen et les parlements nationaux des Etats membres de l’Union, durant deux présidences marquées par des crises majeures. Le Portugais a déçu les fédéralistes qui attendaient plus encore de lui ( !), et, bien évidemment, les eurosceptiques attachés au cadre national. Soupçonné dans divers scandales financiers, le « gros mérou » ne sembla jamais vraiment inquiété au cours de sa présidence. En 2006, une motion de censure avait été déposée par 77 députés européens, interrogeant les liens entre José Manuel Barroso et le groupe Latsis (banque, pétrole, immobilier, construction navale), appartenant au milliardaire grec Spiros Latsis. Dusan Sidjanski, président du Centre européen de la culture (ayant pour mission la promotion du fédéralisme européen) financé par le groupe Latsis, avait été nommé « conseiller spécial à Commission » par José Manuel Barroso pour promouvoir l’ « Europe des régions ». Oui, vous savez, ce machin qui pousse les Catalans à demander leur indépendance de l’Espagne. En août 2004, le « gros mérou » prenait le soleil sur le yacht de Spiros Latsis. Comme par hasard, peu de temps après la Commission autorisait la Grèce à accorder une subvention de 10,3 millions d’euros aux activités bancaires de Spiros Latsis, sur lesquelles nous reviendrons plus tard.
 
Ce machin qui pousse les Catalans à demander leur indépendance de l’Espagne
 
Notons que le manque de transparence du groupe Latsis a été dénoncé à plusieurs reprises, ainsi que les comptes de ses filiales situées dans des paradis fiscaux continentaux comme Jersey, le Luxembourg ou Monaco. Autre chose, l’ultra mondialiste Barroso attaquait la France en 2013, courroucé par l’exclusion du secteur de l’audiovisuel de la négociation du traité de libre échange transatlantique, affirmant que cela faisait « partie de ce programme anti-mondialisation » qu’il considérait comme totalement « réactionnaire ». Est-il possible d’imaginer que ces riches amis grecs du « Centre européen de la culture » étaient défavorables à la position française ? D’autres amis encore plus puissants ?
 
Plus récemment, nous apprenions que le montant total des « frais de représentation » et « missions » du président Barroso s’élevait à 730.230 euros pour la seule année 2009, quand les frais de représentation des 26 autres membres étaient compris entre 5.000 euros et 16.000 euros. Lady Gaga en tournée dépense probablement moins que le Cephalopholis argus lusitanien ne le faisait en « représentation », aux frais des impôts des contribuables européens. Le mépris des peuples d’Europe est ce qui caractérise ces élites déconnectées, promptes à se servir plutôt qu’à servir. Le 1er janvier 2001, la Grèce entrait dans la zone euro, félicitée par les instances européennes pour ses efforts « admirables et remarquables » dans la tenue de ses comptes publics. Miraculeusement, le déficit public grec avait chuté de 10 % à 1,6 %, pour la période comprise entre l’année 1995 et l’année 1999. Incroyable, magique, surréaliste. Oui, la dette publique grecque dépassait alors les 100 % du PIB (aujourd’hui la dette publique française s’apprête aussi à franchir cette barre symbolique), mais il fallait absolument élargir l’Eurozone, cette utopie. Pour aider la Grèce à atteindre les conditions nécessaires à son entrée dans la monnaie unique, les eurocrates pouvaient compter sur l’aide de leurs alliés de la finance, à commencer par la banque américaine Goldman Sachs, coupable d’escroquerie à grande échelle. De 2000 à 2004, la Grèce a présenté des déficits exemplaires, de moins de 2 %. Tout cela n’était qu’un mensonge, car les déficits grecs pour ces années équivalaient au moins au double des chiffres officiels, chose que personne ne pouvait alors ignorer. L’Union avait besoin de la Grèce pour des raisons géopolitiques. Incapables de rétablir la situation, la Grèce a fini par afficher un déficit public de 12,7 % et une dette de 112 %, en fin d’année 2009. Immédiatement, une guerre économique fut déclarée aux Hellènes, les taux d’intérêts grecs explosant à mesure que la dette était vendue dans la précipitation. Dans la foulée, l’euro a chuté face au dollar. Cette attaque ne pouvait qu’être concertée. La vérité finissant toujours par éclater, nous finîmes par savoir que Goldman Sachs avait aidé la Grèce à truquer ses comptes depuis 2001, avec la complicité, passive ou active, des élites bruxelloises. « La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit » disait Bonaparte. Démonstration en a été faite au plus fort de la crise grecque, quand Goldman Sachs, et d’autres grandes banques spéculatives, à l’image de JP Morgan, ou des hedge funds comme celui de John Paulson, devenu milliardaire durant la crise des subprimes, ont dépouillé la Grèce à la manière de vautours attirés par l’odeur de la décomposition des chairs d’une nation millénaire. Ces ennemis du peuple grec ont profité du défaut de paiement grec qu’ils ont rendu possible. José Manuel Barroso travaillera désormais directement pour eux.
 
Avec la complicité, passive ou active, des élites bruxelloises
 
Au plus fort de la crise grecque, la Banque nationale suisse découvrait que la Confédération était « exposée » à la hauteur de 64 milliards de dollars. En l’espace d’à peine quelques mois, ce chiffre tomba 3,6 milliards d’euros. Comment l’expliquer ? Eurobank, troisième banque grecque, était installée à Genève jusqu’en 2009, avant de déplacer son siège social au Luxembourg, dans la zone euro. Eurobank n’est autre que la banque de Spiros Latsis, le grand ami de José Manuel Barroso ! Ce simple déménagement a largement bénéficié à Eurobank, et son propriétaire, car il a ainsi pu profiter du plan de sauvetage et des aides conséquentes de la BCE et de l’UE, beaucoup plus utiles à ces escrocs qu’aux Grecs.  Vous l’ignorez certainement mais Spiros Latsis est aussi l’administrateur du groupe « Friends of Europe », qui fut chargé par José Manuel Barroso de repenser le projet de Constitution européenne, rejeté par la France et les Pays-Bas. Cette Constitution européenne bis, imposée sans référendum par Nicolas Sarkozy, avec le soutien du Parti socialiste, porte un nom : Traité de Lisbonne. Ce n’est là qu’un scandale imbriqué au cœur d’autres scandales, tous plus révoltant et majeurs les uns que les autres. José Manuel Barroso est symptomatique des excès manifestes des hiérarques de l’Union européenne. L’ancien président des étudiants maoïste du Portugal, passé au centre droit à 24 ans, est aussi attiré par l’argent qu’atlantiste revendiqué, et même militant. José Manuel Barroso, admirateur de George W. Bush fut en effet l’organisateur, aux côtés des Etats-Unis, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne, du « sommet des Açores » de 2003, qui a entraîné la funeste deuxième guerre d’Irak. Exemplaire du néo-conservatisme, José Manuel Barroso a troqué l’internationalisme marxiste pour l’internationalisme libéral, celui de l’Empire du bien universel propagateur de « démocratie » et destructeur des identités.
 
Goldman Sachs a colonisé les institutions dites « européennes ». Mario Draghi, actuel président de la Banque centrale européenne, fut vice-président pour l’Europe de la firme. Mario Monti, ancien président du conseil des ministres de l’Italie, a été aussi consultant pour Goldman Sachs en 2005. Otmar Issing, ancien président de la Bundesbank, a travaillé pour Goldman Sachs. Lars Rasmussen, ancien ministre des Finances et premier ministre du Danemark, a été employé par Goldman Sachs. Que José Manuel Barroso soit aujourd’hui président non exécutif du groupe, missionné pour conseiller la banque afin qu’elle puisse « limiter les effets négatifs du Brexit », est au fond parfaitement logique. Il y rejoindra d’anciens collaborateurs.  Cette Union européenne est un désastre politique, économique et moral. Au fond, José Manuel Barroso retourne enfin à la maison mère après de longues années de travail auprès de la succursale Europe.