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Inéligibilité de Dominique Reynié : un système en accusation

 
Souvenez-vous, en octobre 2015, Dominique Reynié diffusait, via les réseaux sociaux, une photographie sur laquelle il apparaissait en train de sauter en parachute pour répondre aux « rumeurs calomnieuses » lancées par ses adversaires à propos de son inéligibilité.  Peu conscient de la gravité des faits, ou bien carrément manipulateur, le candidat des Républicains à la présidence de la nouvelle région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées préférait ironiser plutôt que de s’expliquer sur les soupçons sérieux qui pesaient alors sur la légalité de sa candidature. Avec le recul, cette photographie restera comme le symbole d’un système politique en pleine déconfiture. Dominique Reynié a été désigné candidat des Républicains avec l’aval de Nicolas Sarkozy, à la suite de chaudes recommandations formulées par le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. L’homme présentait un profil idoine dans l’optique du changement de cap stratégique voulu par l’ancien président : centriste, chroniqueur labellisé « vu à la télé », intello, lisse, et, surtout, novice. La « nouveauté » plait aux décisionnaires politiques. Peu importe, au fond, que cette nouveauté soit purement factice. Seul le coup de « comm » compte. Dominique Reynié devait incarner un vent de fraicheur, une politique moderne désidéologisée sous l’influence de la « société civile ». Avec le recul, le novice aura cumulé le meilleur du pire de la politique politicienne qui dégoûte les Français. Passons rapidement sur l’expression « société civile » qui ne veut strictement rien dire, car tous les Français, y compris les professionnels de la politique, y appartiennent. C’était un premier mensonge des Républicains, rapidement dévoilé par la campagne calamiteuse, émaillée de scandales, qu’a menée le Rouergat exilé dans le 7ème arrondissement parisien.
 
L’expression « société civile » qui ne veut strictement rien dire
 
Ne nous attardons pas non plus sur sa vision pour notre région, supposément pragmatique, voire détachée des grandes questions métaphysiques qui secouent la vie politique nationale. Il s’agissait, là encore, d’un mensonge caractérisé, tant Dominique Reynié fut l’inlassable promoteur d’une région désincarnée, plongée dans le grand tout uniformisant de l’Union européenne. Et même pire. En effet, Dominique Reynié a longtemps soutenu l’adhésion de la Turquie du Sultan Erdogan à l’Union européenne, conformément aux orientations politiques données par Fondapol, son « think tank » qui s’est fait connaître comme sponsor du site crypto-islamiste Saphir News et pour avoir distribué des ouvrages de théologie islamique aux députés français à l’Assemblée nationale. Dominique Reynié a eu beau s’en défendre par pur opportunisme électoral, une partie des électeurs de droite n’ont pas été dupes. Mais enfin, tout cela restait encore de l’ordre du débat d’idées… La suite est grotesque. Je dirais même plus, indécente. Jean-Pierre Grand, sénateur de l’Hérault opposé à Dominique Reynié, comme tant d’autres cadres et militants de la région le furent, a fait exploser l’ « affaire » en révélant publiquement que le candidat n’était pas domicilié en Aveyron, ni même dans la région. Il s’avérera par ailleurs que Dominique Reynié n’avait pas même effectuées les démarches d’inscription sur les listes électorales à la date du 1er janvier 2015, comme l’exige pourtant le Code Electoral en son article L-339. Deux mois avant le vote, tout était su. Tout et plus encore. Ainsi, le blog politique de Laurent Dubois de France 3 citait un responsable des Républicains, qui avait tenu à conserver l’anonymat, lequel indiquait que prononcer l’inéligibilité avant les élections « reviendrait à offrir la région au Front National, les socialistes (ayant) besoin de Dominique Reynié ». Le préfet a donc validé la candidature en connaissance de cause, peut-être sous la pression de Manuel Valls, comme le croient certains observateurs de la vie politique, pour faire barrage au Front National.
 
Ce braquage électoral 
 
Au total 520.028 habitants de notre région ont voté pour Dominique Reynié, un candidat dont l’élection a été depuis logiquement annulée par le Conseil d’Etat. Ces 520.028 électeurs ont été doublement trompés. D’abord, en pensant voter pour un candidat de « droite » qui ne l’était pas ; ensuite, en donnant leurs suffrages à un Aveyronnais de Paris, au propre comme au figuré. Les sociétalistes de Carole Delga, et leurs sbires, ont joué avec l’argent public en pariant que Dominique Reynié terminerait troisième. Car, si Dominique Reynié avait été élu président de région, il aurait fallu, selon une juurisprudence constante, annuler l’élection toute entière et ramener aux urnes 4.000.000 d’électeurs  ! Comme l’a rapporté Laurent Dubois, un ancien président de région, lui aussi cité anonymement (quel courage !), exprimait avec un cynisme incroyable sa confiance en le bon déroulement de ce braquage électoral : «Bien-sûr il n’est pas éligible. Mais il sautera seul après les élections. On a consulté un avocat et la seule inconnue c’est de savoir si c’est la liste de l’Aveyron qui saute ou uniquement Reynié».
 
Tous ces gens nous renvoient à longueur de journée à d’abstraites « valeurs de la République », prétendent défendre la démocratie contre le « danger populiste », tout en méprisant souverainement le peuple. Nous avons été volés. Le cas de Dominique Reynié doit devenir exemplaire. Dans une démocratie saine, cette affaire susciterait la démission de Carole Delga et les mises en cause immédiates de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve. Je ne crois pas que la « catastrophe industrielle » ait été évitée. Au contraire. Ils vont essayer de minimiser, de truquer une nouvelle fois. Il appartient maintenant aux habitants de la région de donner une ampleur nationale à ce scandale qui dévoile les relations incestueuses entretenues entre le Parti socialiste, les Républicains et le corps préfectoral.