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C’est quoi un « néo réac » ?

Gisèle Sapiro est sociologue, directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Elle a notamment participé à la rédaction de l’ouvrage « Le discours néo-réactionnaire », publié aux éditions du CNRS. Au mois de janvier dernier, la sociologue prenait sa plume pour écrire une tribune dans Le Monde, qui m’était, pour partie, directement adressée. N’ayant pris connaissance de ce pensum que récemment, je n’ai pas répondu sur le moment aux conclusions qui y étaient énoncées. Je vais m’y employer pour Politic Région, avec un peu de retard. Dans « L’inquiétante dérive des intellectuels médiatiques », Gisèle Sapiro n’écrit pas que des sottises. Loin de là. Au risque de surprendre, je suis même en totale adéquation avec la première partie de la tribune de madame Sapiro. Quand elle écrit que « les intellectuels envahissent plus que jamais l’espace public » et que ce que qui caractériserait les « intellectuels médiatiques » serait précisément qu’ils seraient « capables de parler de tout sans être spécialistes de rien », elle vise juste. En filigrane, une dénonciation de la société du spectacle, devrait-on dire, du spectaculaire. Les pièces de théâtres politico-médiatiques ont besoin de personnages, de rebondissements, de polémiques. En ce sens, les figures du « notable » et du « polémiste », justement décrites par Gisèle Sapiro, se révèlent fort utiles pour tenir en haleine le public. L’excitation fait vendre. Une excitation à laquelle la sociologue participe malgré elle, pourtant drapée derrière le costume de l’expert et une parole qui ne saurait, ou ne devrait, être contestée.
 
La deuxième partie du texte de Gisèle Sapiro manque, en effet, cruellement de rigueur. Certes, elle concède que les intellectuels médiatiques se recrutent dans toutes les « tendances politiques ». Mais c’est pour mieux avancer l’idée d’une « droitisation » supposée, trompeusement qualifiée de « néo-réactionnaire ». Et, plus problématique encore, digresser autour de sujets majeurs de notre temps, comme l’immigration massive. D’abord docte universitaire, Gisèle Sapiro se dévoile rapidement militante. Ainsi, elle cite nommément le Collectif Culture, dont j’assure les fonctions de secrétaire général, estimant que notre travail aurait été entrepris pour séduire « les intellectuels et les artistes », participant probablement au zeitgeist« néo-réactionnaire ». Un peu peste, elle rajoute ensuite que le Collectif ne compte pour l’instant que d’« illustres inconnus » dans ses rangs. N’étant pas porté sur la gloriole, je ne m’en offusquerais pas.
 
Gisèle Sapiro se dévoile rapidement militante
 
Evitant de se confronter à son sujet d’étude, madame Sapiro n’a pas pris la peine de me contacter, tant avant la publication de l’article qu’après. Une méthode qui interpellera certainement tous les chercheurs sérieux. Enfin, passons. Plus essentiel à mes yeux est son assertion visant à faire croire à ses lecteurs que le Collectif Culture chercherait à draguer une clientèle potentielle de célébrités ou de personnalités peopolitiquesinfluentes.  Notre démarche est très exactement opposée. Nous refusons de nous livrer à la société de l’instant, où la réflexion se réduit au buzzmédiatique le plus creux. Ceux qui me lisent régulièrement le savent. Le discours de Gisèle Sapiro participe du phénomène de la starification d’une vie médiatico-politique française de plus en plus réduite aux slogans et aux anathèmes, qu’elle dénonce pourtant en introduction de son petit pamphlet. Faudrait-il obligatoirement s’entourer de personnalités déjà connues (ou reconnues, ce qui n’est pas la même chose) pour porter un projet politique crédible et cohérent ? Ne pourrait-on pas imaginer que de nouvelles personnalités puissent s’extraire de la mêlée par leurs engagements intellectuels et artistiques ? Je le crois. Je nourris même l’espoir de faire émerger, grâce au travail du Collectif Culture, des talents qui ne seront pas forcément issus des mêmes cercles parisiano-mondains où l’on pense en rond entre amis expatriés du réel. Reconnaissance ne rime pas toujours avec compétence. Si nous devons avoir des têtes d’affiches, telles que celles que l’on voit régulièrement écumer les plateaux de télévision pour ne rien dire d’autre que du vent, ou se tromper constamment : non merci. Notre démarche est celle du développement politique durable. Le public est profondément lassé par les fameuses « têtes d’affiches »« polémistes » et « notables » officiels. Nous n’avons donc dragué personne (nous n’en avons pas besoin pour penser ou produire convenablement, au contraire), pas même les intellectuels dits « néo-réactionnaires ». Mais, au juste, c’est quoi un « néo-réactionnaire » ?
 
Reconnaissance ne rime pas toujours avec compétence
 
                                                                      
En premier lieu, un « réactionnaire » s’oppose à un « progressiste ». Encore faut-il savoir quels progrès suscitent une « réaction », et qui « réagit » à ces dits progrès. Gisèle Sapiro semble avoir son idée là-dessus. De son point de vue, serait un « néo-réactionnaire » quiconque défendrait une identité collective, « française ou européenne » pour reprendre ses termes exacts. C’est à ce moment précis que la parole de la sociologue, supposément scientifique, se mue en plaidoyer pseudo-scientifique sous l’influence d’une idéologie marxiste appliquée au champ culturel, contredisant, en outre, des intuitions préliminaires plutôt justes. Gisèle Sapiro enfile les « bourdieuseries » comme d’autres des perles, dans un texte constituant un mètre étalon de la pensée dominante des quarante dernières années. C’est pour cette raison précise que j’ai pris la peine de longuement lui répondre : faire un exemple. Au cœur de son erreur, une vision biaisée de l’opinion publique nourrie par une méconnaissance des motivations du peuple français, et plus largement des peuples européens, allant jusqu’à la rendre irresponsable. Ainsi, elle se permet d’avancer que les discours protectionnistes, qui essentialiseraient « les identités et les cultures » (grande marotte des gauchistes (dé)-constructivistes qui nient les essences, et fondent leurs idées sur cette négation première), contribueraient à des « réactions de haine ». Elle n’est d’ailleurs pas trop loin de faire porter la responsabilité des actes terroristes à ceux qui les dénoncent plutôt qu’à ceux qui les commettent. Comprenez bien que pour les élèves de Bourdieu, les coupables d’aujourd’hui sont les victimes d’hier, les victimes éternelles du monde occidental. Le ressentiment de madame Sapiro s’exerce principalement contre « des hommes, blancs, qui ont dépassé la cinquantaine, et qui prétendent parler au nom de la collectivité, la « nation », le « peuple », l’Europe ». Les terroristes islamistes, ne rentrant pas dans cette case, seraient-ils donc les victimes d’un ordre ancien à détruire ? On pourrait presque le déduire de cette prose, qui, pour dénoncer l’essentialisme des uns, s’empresse dans le même temps de les essentialiser. Comble du comble de la malhonnêteté intellectuelle.
 
Bien évidemment, je ne saurais être pleinement un « néo-réactionnaire », posture stérile. Défendre notre identité, nos identités, n’est pas un projet négatif. C’est un projet politique positif qui transcende largement un dandysme décadentiste 2.0 en vogue. Le positionnement du Collectif Culture est en avance sur les problématiques actuelles, et la formation politique à laquelle il contribue n’a pas attendu la crise des « migrants » (le plus souvent clandestins, et trompeusement présentés comme des « réfugiés), pour dénoncer les dangers que l’ouverture en grand des frontières pose à nos sociétés. C’est précisément là où le bas blesse pour madame Sapiro et ses semblables. Refusant de comprendre que les peuples ont des instincts, elle croit que les intellectuels médiatiques dits « néo-réactionnaires », peu nombreux en comparaison des tenants du multiculturalisme, dictent à l’opinion ce qu’elle devrait penser, quand ils ne font que la suivre. Le plus souvent péniblement. Il suffit de lire Ivan Rioufol ou Natacha Polony pour comprendre, qu’en dépit de lourds efforts de compréhension, ils sont bien en deçà des attentes des Français sur les sujets qu’ils instrumentaliseraient, consciemment ou inconsciemment.
 
La sociologie est une pseudo-science à ranger aux cotés du freudisme et de l'astrologie
 
Par ailleurs, en quoi la sociologie peut-elle expliquer les mouvements historiques ? On aimerait que les « spécialistes » nous l’expliquent. Gisèle Sapiro affirme que l’afflux de « migrants » a entrainé la « mobilisation de larges fractions des populations européennes pour leur venir en aide ». Sur quelle base statistique s’appuie-t-elle pour dire cela ? Comment le prouve-t-elle ? Non pas que je lui reproche de ne pas utiliser de chiffres, on sait ce qu’ils valent ; vous admettrez néanmoins qu’il est cocasse que madame Sapiro fasse très exactement ce qu’elle reproche à ses ennemis. En lisant les élèves de Bourdieu, on serait tentés de croire que la sociologie est une pseudo-science à ranger aux cotés du freudisme et de l’astrologie. Une pseudo-science dont l’enseignement universitaire est entièrement placé sous la coupe de coteries gauchistes qui se cooptent et jouent aux experts sur les plateaux de télévision. Après chaque attentat, psychologues et sociologues se succèdent pour nous dire ce qu’il faut penser, curés laïques de temps troublés. « Pas d’amalgame, sauf contre les méchants, hommes blancs de plus de 50 ans qui parlent d’identité nationale ». Pas de bol, les « méchants » se rebiffent et font des petits.